Casapiano, une question d’identité

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– traduction de courtoisie –

La semaine de la lecture au Portugal m’a fait parcourir mes étagères les plus reculées. Là où je garde « mes livres ». Ceux dont seulement quelques-uns peuvent comprendre les mots. Ceux dont seulement quelques-uns peuvent rire des mots. Ceux dont seulement quelques-uns connaissent l’histoire et le sens des mots. Parce que, comme l’a écrit Maria Helena Coelho, être Casapiano (élève de la Casa Pia de Lisboa), est une question d’identité.

Et je vous avoue que c’est avec une émotion toute particulière que j’ai caressé trois de ces livres. Os Gansíadas de Sequeira e Silva, le dictionnaire du parler casapiano, une compilation de Eduarto dos Santos, Manuel Passetti et Fernando Cardote, 1976 [D’ailleurs, il m’a déjà traversé l’esprit de le publier par ordre alphabétique. Il serait dommage que tel richesse se perdre dans l’abime du temps], et puis le chansonnier des ‘ganseas gentes’ de Maria da Conceição B. Reis Tavares, ex-élève des Collèges 28 de Maio et Notre-Dame de la Conception, et actuellement professeure à la retraite, à qui j’ai eu la courtoisie de téléphoner, pour qu’elle m’autorise la publication du texte « Provinces du Portugal »

Provinces du Portugal
(traduction littérale)

Je suis la province du Minho
le jardin du Portugal
Nature, l’affection
M’a faite jolie sans égal
e

Moi de Trás-os-Montes je suis
La Nature sauvage
M’a placée dans une branche
de montagnes et de falaises
 

Je suis le Douro dont la renommée
Est son vignoble fécond
Et son nom est proclamé
Sans rival dans le monde entier
Ça a été d’une de mes villes
Dont la patrie a hérité le nom
Et le soleil de la liberté
A été là aussi à rayonner

La Beira-Alta c’est moi
Mes bons saucissons et jambons
Seulement qui n’a pas encore goûté
Ne peut pas se faire une idée

La Beira-Baixa simple
Je suis dans la carte cachée
la haute montagne de l’Étoile
C’est ma guirlande chérie

Je suis l’Alentejo la plus grande
des provinces portugaises
Aucune autre ne m’est supérieure
Dans les plaines et forêts

Je suis l’Algarve la dernière
Ma feuille fraternise
Avec la feuille du figuier
Et le cristal du Guadiana

Vous êtes toutes mes filles
Et soeurs vous l’êtes aussi
Dans l’amour y pas de partage
Soyons toujous très unis
[Le Portugal]

Tes filles nous te saluons
Avec un amour vivant et loyal
Et fières nous crions
Vive, vive le Portugal
[Provinces]

A Estremadura la Reine
des provinces je suis heureuse!
Et dans une de mes villes
La capitale du pays.
Ma gloire est faite
Par Sintra, Bataille et Belém
Qui sont la synthèse
De notre belle histoire.

 

À propos de dubleudansmesnuages

Je laisserai vagabonder mon esprit nomade, sur le fil d'or de mes silences, pour vous parler des ces choses qui me maintiennent en équilibre. Je vous parlerai aussi des musiques que j'aime. Elles se promènent du Fado d'Amália, de Dulce Pontes, de Cristina Branco, de Mariza, jusqu'aux voix frissonantes de Diana Krall, de Stacey Kent, de Chiara Civello, de Karrin Allyson, de Stina Nordenstam, de Robin McKelle, de Sophie Milman, d'Emilie-Claire Barlow, et d'encore plein d'autres … Aznavour, Brel, Duteil, Art Mengo, Berliner, Cabrel, Balavoine, Julien Clerc, Fugain, Le Forestier, Goldman, Lama, Rapsat, Vassiliu, Daniel Seff, Peyrac et tous ceux que m’on fait aimer la chanson française. Je me perdrai certains soirs dans le paradis de la musique brésilienne : Eliane Elias, Astrud Gilbert, Gal Costa, Elis Regina, Bia, Bebel Gilberto, Maria Creuza, Nara Leão, Jobim, Vinicius, Buarque, Toquinho, Djavan … Il y aura des moments où je vous parlerai d'une des chansons de ceux que j'affectionne. Donovan, Leonard Cohen, The Doors, Tracy Chapman, The Scorpions, Dylan, Lennon ou McCartney (avec ou sans les Beatles), ou de voix d'or comme Sarah Brightman, Ana Torroja, ou Teresa Salgueiro. Puis, parfois, je me promènerai sans but précis entre Piazzolla et Lluis Llach, de Mayte Martin à Gigliolla Cinquetti ou Paolo Conte, de Chavella Vargas à Souad Massi en passant par Gabriel Yacoub. Parce que la musique n’a aucune frontière. La musique ne connait que des sensibilités. Des sonorités. Des larmes ou des sourires. Je vous déposerai ici l'une ou l'autre de mes photos. Les moins ratées. Je vous laisserai un peu de poésie. Des poètes portugais. Que j'aime. Infiniment. Et puis tous les autres dont les textes me touchent. Je ne vous parlerai que des gens que j’aime. Et puis un peu de moi. Si peu. Et puis, si j'ai le temps. Seulement si j'ai le temps, je vous parlerai d'autres choses. Plus intimes.
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3 réponses à Casapiano, une question d’identité

  1. isa dit :

    A Estremadura la Reine
    des provinces je suis heureuse!
    Et dans une de mes villes
    La capitale du pays.
    Ma gloire est faite
    Par Sintra, Bataille et Belém
    Qui sont la synthèse
    De notre belle histoire.

    C’est ma préfère, car moi aussi je suis de ESTREMADURA
    Très émouvant, j’ai bien aime
    Merci Mandocas

  2. saab dit :

    toujours de belles découvertes sur ton blog !

  3. Denise dit :

    Les magnifiques mots du texte « Provinces du Portugal » chantent à mes oreilles. C’est très beau.

    Merci Armando de nous faire découvrir tes richesses !

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