Les azulejos des rues de Córdoba II

3 septembre 2010


[Photos: Armando Ribeiro]

Guapa

3 septembre 2010

Je vous invite à voir
la photo du jour de
nuages de photos

Sur une toile de Jean-Jacques Dubosc

2 septembre 2010

Ce texte a été écrit par Armando Ribeiro, et a été publié, une première fois, dans le jardin de Lali, dans “En vos mots”, le 9 octobre 2009, où vous pouvez trouver d’autres textes qui vous donneront chacun leur regard sur des toiles.

C’est avec la lectrice peinte par l’artiste Jean-Jacques Dubosc que nous avons rendez-vous ce dimanche. Un rendez-vous que vous pouvez prolonger, interrompre, reprendre, puisqu’elle attendra toute la semaine que vous racontiez en vos mots ce qu’elle évoque pour vous.

En effet, aucun commentaire ne sera validé avant dimanche. Le temps pour vous de faire connaissance. De l’apprivoiser. De la laisser se raconter. De l’écouter. D’écrire.

Que cette rencontre vous inspire!

Seuls quelques spasmes de l’aube illuminaient la grande table en désordre qui lui servait de bureau quand Sébastian est entré dans la pièce.

Il est resté debout, quelques instants, méprisant l’interrupteur, à attendre que se yeux apprivoisent ces ombres difformes et inertes que la lumière du jour allait finir par éteindre. Ça y est. Son regard semblait distinguer les choses, et même s’il n’identifiait pas encore les détails, cela était tout de même suffisant pour qu’il commence à tâter dans la pile de papiers désordonnées qui se trouvaient à gauche de sa table de travail. Sa recherche s’est poursuivie, sans mouvements exaspérés, sur toute la table de travail. Il a écarté un bloc de post-it, puis une clef usb, puis sa montre, un trousseau de clefs, un mince livre, qu’il a ouvert au hasard et mis devant ses yeux, tourné délicatement vers la fenêtre, s’efforçant de lire quelques lignes : « des papillons de nuit se collaient aux lampes, et des pommiers fleurissaient sur la crête des vagues, lorsque tu dors tu te tiens si loin, du déversement de ma contemplation ». Puis il le déposa délicatement, sur la pile de papiers à gauche, et le voilà de nouveau dans son recherche minutieuse, semblant ne pas se rendre compte que l’aube a éclairé davantage la pièce.

Maintenant il pourrait arrêter de passer ses mains sur sa table, comme un aveugle.

Il peut distinguer chaque élément qui s’y trouve et pourtant, il continue de promener sa main sur la table de travail. Il écarte son petit appareil photo, puis le paquet de chewing-gum sweet mint white, puis attrape et s’attarde à observer une vieille carte postale de Lisbonne, sans la retourner, comme s’il savait par cœur ce qui est écrit, avant de poursuivre son voyage à travers sa table de travail.

Sa main s’arrête et reste immobile quelques instants. Seul un sourire, que le frais soleil du matin caresse tendrement, indique qu’il est arrivé au bout de sa recherche.

Le regard émerveillé comme un enfant, il admire son stylo-plume, observant admiratif l’élégance du corps noir et de son bouchon argenté, qu’il retient jusqu’à l’odeur. Un regard furtif à travers la fenêtre en direction du ciel bleu et puis délicatement et lentement il enlève le bouchon, comme s’il craignait de déshabiller trop vite son stylo, comme le fait bien trop souvent un amant maladroit avec une femme qu’il désire depuis longtemps.

Il s’arrête, caresse longuement du regard la plume, avant de fermer les yeux comme s’il cherchait ce mot juste capable de ne pas nuire au silence dans lequel il est plongé.

Le ciel est bleu. Peuplé de quelques rares nuages fins. On se croirait encore en été si, de sa fenêtre, on ne distinguait pendues aux arbres quelques feuilles rouges et or annonçant l’arrivée de l’automne.

Paisible, Sébastian a pris une feuille blanche, une feuille qu’il aime appeler vierge.

De sa main gauche, il a caressé la feuille vierge. Comme pour l’initier et la préparer tendrement aux mots qu’il s’apprête à écrire. Puis il a regardé une fois encore sa plume, a souri, puis promené sa langue autour de sa bouche et, d’une écriture irrégulière et sans ratures il a écrit à l’encre bleue “Je t’aime”.

Il a replacé le bouchon et posé doucement la plume sur la table.

Il a tendu la main vers la pile de papiers à sa droite et a repris le mince livre, qu’il a ouvert. Au hasard. Comme il aime tant le faire. Et son regard doucement nostalgique s’est noyé dans les mots de Marie Uguay : « Chaque chose a sa place et chaque heure dans son bâtiment secret. Les ombres s’accumulent autour de nous, les jours nous distancient… », avant qu’une larme incolore ne vienne s’écraser sur la feuille blanche. À coté de son “Je t’aime”. Bleu. Comme un ciel d’automne.

La cure gourmande

2 septembre 2010

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nuages de photos