Sur une illustration d’Anastasia Arkhipova

août 9th, 2015

C’est une scène imaginée par l’artiste russe Anastasia Arkhipova que je vous propose en ce dimanche, laquelle est extraite de son album La reine des neiges.

Comme le veut ce presque rituel qui dure depuis maintenant sept ans, aucun commentaire déposé sur l’illustration d’aujourd’hui ne sera validé avant dimanche prochain, question de laisser à chacun de ceux qui auront envie de se prêter au jeu de déposer ses mots sans connaître ceux des autres.

D’ici là, bon dimanche et bonne semaine à tous!

ARKHIPOVA-Anastasia

On avait dit, c’est pour toujours
On s’aime jusqu’au delà de tout
On avait dit que ce bel amour
Était beaucoup plus fort que nous

On avait dit que sans nos baisers
Nos corps n’auraient plus d’envie
Qu’il n’y avait que l’autre pour apaiser
Le feu brulant de nos folles envies

Et puis l’eau court sans s’arrêter
Vers l’inconnu de son destin
Mais le temps ne sait que réveiller
Tout ce qu’on croyait éteint…

On avait dit des mots du cœur
L’âge tendre brule de tendresse
On avait dit que le bonheur
C’est d’être l’amant de sa maitresse

On avait dit tant de belles choses
En se touchant du bout des yeux
On avait dit que c’était l’osmose
Qu’on ne serait jamais vieux

Et puis le soleil s’en va un beau jour
Plus de mots tendres pour nous retenir
On se dit que ce n’était pas de l’amour
Mais on ne fait que se mentir…

Ce texte a été publié une première fois dans le jardin de Lali le 27 avril 2014.

Bon anniversaire Michelle

août 2nd, 2015

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Sur une toile d’Alexander Yanin

août 2nd, 2015

Alors que je validais les commentaires déposés sur la toile de dimanche dernier, la lectrice peinte par Alexander Yanin s’est endormie. Trouverez-vous les mots pour la réveiller? Lui raconterez-vous une histoire ou choisirez-vous de relater celle que vous imaginez être la sienne?

Libre à vous de choisir l’angle et la forme, tant que vous le faites en vos mots. Un exercice dominical auquel ont été nombreux à participer fidèles et auteurs de passage depuis près de sept ans, et qui aura sa place tant qu’il y aura au moins un participant à cette aventure.

Puisse la toile de la semaine inspirer de nouveaux envosmotistes tout autant que ceux qui, chaque semaine ou à l’occasion, se laissent porter par une image. Suite dimanche prochain.

YANIN-Alexander

Dix heures au café des amours oubliées,
Je serai là.
Elle m’a promis,
Rien que pour toi
Pour le restant de nos vies…

Et moi j’ai rêvé
Toute la journée
De caresser sa bouche
D’embrasser son corps
L’amour sous la douche
Et l’entendre dire : encore

Et moi j’ai eu vingt ans
Oubliés les cinquante printemps
Rêveries d’adolescence
Baisers longs et savoureux
A nous la nuit, l’insouciance
Des jeunes fous amoureux

Dix heures au café des amours oubliées,
Surtout sois bien à l’heure trésor,
Nous n’avons qu’un seul destin
Et moi qui l’entends encore
Et moi qui l’attends en vain…

Ce texte a été publié une première fois dans le jardin de Lali le 19 avril 2014.

Sur une illustration de Simon Cooper

juillet 26th, 2015

Parce que nous avons parfois besoin d’un peu de fantaisie, j’ai invité la lectrice imaginée par l’illustrateur jeunesse Simon Cooper à prendre la pose pour une semaine. Le temps pour vous de l’examiner sous toutes les coutures afin de nous raconter en vos mots une histoire, d’écrire un poème, de déposer une phrase. Ce que vous faites depuis bientôt sept ans dimanche après dimanche.

Puisse cette petite scène égayer votre dimanche et susciter de nombreux textes que nous lirons dans une semaine et pas avant, comme le veut l’habitude.

COOPER-Simon-1

Bonjour. Je m’appelle Sarah. Sara Lidicka. Et je suis lectrice. Je veux dire que c’est métier. J’ai tout de même fait mes études de médecine, que j’ai interrompues, en quatrième année, pour devenir lectrice.

Je me déplace aux quatre coins de la ville. Je vais dans les maisons les plus bourgeoises aussi bien que dans les endroits les plus modestes de la ville. Il m’arrive d’exercer mon métier dans un recoin de jardin, une clinique ou au bord de la rivière. Cela dépend du gout et de l’envie de ceux qui font appel à mes services.

Je mène une vie passionnante. Je me laisse emporter par le vent des rencontres et celui des voyages littéraires multiples, diverses et inattendus.

Demain, vers huit heures trente, je commencerai ma journée chez Mme Dupont. Quatre-vingt-huit ans de joie de vivre. Je lui lirai Hemingway. La neige sur les champs. Mme Dupont elle-même choisira la page où elle souhaite que je démarre la lecture de cette nouvelle qu’elle connaît par cœur.

Deux heures plus tard, aàquelques rues de là, ce sera le tour de Miss Sylvie Power qie ne jure que par les romantiques anglais, comme Lord Byron ou Thomas More, dont elle ne se lasse pas de savourer les mots. Après, je me rendrai chez la pétillante et coquine Madame Dorothée poursuivre la lecture du Jardin des roses et des soupirs. Puis, ma journée de travail se terminera dans le merveilleux monde de Mia Couto chez mon tendre Monsieur Sommers, aveugle de naissance, et qui ne peut plus lire depuis que ses doigts ont été brulés dans l’incendie de sa maison, et pour qui, comme il dit, ma voix est devenue ses doigts.

Puis, la nuit venant, il me vient de savourer, tous ces moments intimes, en regardant les étoiles s’allumer, une après l’autre, dans le doux ciel de ma solitude, bercée par la musique ineffaçable de mes souvenirs…

Ce texte a été publié une première fois dans le jardin de Lali le 12 avril 2014.

Sur un collage de Lilianna Pereira

juillet 19th, 2015

Alors que je viens tout juste de valider les commentaires sur la toile de dimanche dernier, j’ai accroché pour vous un collage de Lilianna Pereira qui m’a beaucoup plu au hasard de mes promenades et que j’ai eu envie de voir prendre son envol grâce à vos mots. Le voici donc entre vos mains pour la semaine.

C’est en effet dimanche prochain que nous lirons les textes que vous aurez déposés et pas avant.

Sur ce, bonne semaine à tous!

PEREIRA-Lilianna

Elle faisait le ménage chez mes grands-parents. Quelques heures par semaine. Au noir. Cela laissait libre cours à l’imagination de ma grand-mère pour lui imposer toutes sortes de tâches domestiques. Y compris veiller sur moi.

Elle aimait les livres. Et raconter des histoires. Et j’aimais l’écouter. Il y avait une triste douceur et une nostalgie dans sa voix, qui faisaient de moi un enfant apaisé. Sage et curieux. J’ai longtemps cru qu’elle puisait dans les livres toutes ces belles histoires qui ont bercé mes après-midi d’enfance. Puis. un jour, lorsque j’ai appris à lire, je me suis aperçu que ses histoires n’étaient écrites nulle part ailleurs que dans le livre secret de son cœur.

Un jour, elle n’est plus revenue. Personne n’a semblé s’inquiéter. Au fond, on ne savait pas grand-chose d’elle. Juste qu’elle venait d’ailleurs. Pour fuir la misère. Travailler au noir en attendant des meilleurs jours. Et c’était bien suffisant pour tout le monde. Faut croire. Et pourtant, l’enfance nous laisse des vides qu’on ne comblera jamais.

Regard fragile et accent d’ailleurs. Elle se faisait appeler Marie. Je n’ai jamais su si c’était son vrai nom. Un jour je le lui ai demandé. Elle m’a répondu par un sourire triste, mélangé d’un « Bien évidemment. Comment voudrais-tu que je m’appelle, sinon? »

Ce texte a été publié une première fois dans le jardin de Lali le 4 avril 2014.