
[Logo sur une image de Pierre Zanzucchi]

De mon banc on voit la mer…
Je sais que tu ne viendras jamais t’asseoir sur mon banc, avec moi, pour regarder ma mer, mais je m’en fous.
Cela ne m’empêche pas de nous imaginer, assis, à nous raconter des bêtises qui nous font rire comme des gamins. Des bêtises que les grandes personnes ne peuvent pas comprendre. Ne peuvent plus comprendre. Elles ont trop grandi et sont restées des grandes personnes. Elles n’ont plus que leur âge.
De mon banc on entend frapper les vagues…
Je sais que tu ne viendras jamais écouter le murmure des vagues avec moi et pourtant…
Pourtant, j’aimerais profiter de la musique des vagues pour te dire merci de m’avoir tendu la main quand on me traitait de fou. Quand les amis qu’on disait fidèles font naître d’étranges blessures. Je sais, c’est idiot. Mais j’aimerais te dire merci en te regardant dans les yeux. Et puis je sais que la musique des vagues quand elles s’allongent sur le sable, adoucit la gravité des nos mots…
De mon banc on voit les bateaux. Au loin… Comme s’ils s’en allaient, nonchalants et fatigués, pour ne plus revenir. Tu vas encore te moquer de moi, mais je déteste voir partir les bateaux.
Tu sais, tous ces vieux bateaux qui ont croisé tant de mers en furie et qui sont toujours là. Fiers et solitaires. Avec tant de blessures et tant de choses à raconter alors que personne ne les écoute plus vraiment. Puis, un jour, quand on s’y attend le moins, ils disparaissent à l’horizon et on ne les voit plus revenir.
Je m’invente alors des pays où nos rêves sommeillent et où l’éternité prend le temps d’apaiser nos âmes.
De mon banc on voit la mer, tu sais… et quelquefois je lui parle de toi. Et je l’entends sourire…