Archive pour la catégorie ‘PORTUGAL’
A travers siècles et regards…
Mercredi 28 janvier 2009Ce qu’ils ont dit de Lisbonne…
Mercredi 31 décembre 2008Pour commencer, tu m’apparais posée sur le Tage comme une ville qui navigue. Cela ne m’étonne pas: chaque fois que je me sens sur le point d’étreindre le monde, que ce soit à la pointe d’un belvédère ou assis sur un nuage, je te vois ville-nef, vaisseau fait de rues et de jardins, et la brise elle-même a pour moi un goût de sel.
Sur sept collines qui sont autant de points d’observation d’où l’on peut contempler de magnifiques panoramas, s’éparpille, vaste, irrégulière et multicolore la masse de maisons qui constituent Lisbonne.
…et les fillettes en jupe à volants et bottes blanches qui, au jardin zoologique, dessinent à reculons des ellipses sur la piste de patinage, et il se sentait déçu, comme trahi, par leur étrange intérêt pour les dames équivoques, aux cheveux blonds à racines grises, qui dressaient des chiens mélancoliquement obéissants et uniformément hideux, ou par le petit garçon de six ans qui déchirait des annuaires téléphoniques avec le rire facile des gorilles en bouton, futur Mozart du casse-tête.
Lisbonne est un songe, “une sorte de ville en creux où toute absence peut prendre corps”, un lieu “où vie rêvée et rêve vécu se rejoignent dans la lumière du songe.
La plus belle partie du monde, c’est l’Europe; la plus belle partie de l’Europe, l’Espagne; la plus belle partie de l’Espagne, le Portugal; la plus belle partie du Portugal, Lisbonne; la plus belle partie de Lisbonne, le Rossio; la plus belle partie du Rossio, les maisons de mon père, côté ombre, qui sont au milieu et regardent les taureaux.
Du Rossio montait le bruit des voitures, les cris des marchands ambulants, le roulement des tramways, et tout cela vibrait avec netteté dans l’air léger de novembre… Le lent bourdonnement de cette ville paresseuse, l’atmosphère veloutée de ce riche climat semblaient s’insinuer peu à peu…
Certains pays ont besoin du mythe de l’absence du héros, forcément provisoire. Ils vivent sur l’espoir que l’homme qui a la force va rentrer incessamment. C’est ce mythe que Lisbonne perpétue en se disant fondée par Ulysse, le héros qui revient par excellence.
Lisbonne n’est qu’un grand silence qui murmure.
Une traduction de Renê DOS SANTOS FILHO
Vendredi 19 décembre 2008
Au détour d’une lecture d’un message matinal, on est toujours agréablement surpris de trouver dans sa boîte à messages des traces des promeneurs d’un instant. Je les reçois à chaque fois comme un cadeau. Comme un signe amical. Un échange parce qu’un mot, une photo, une chanson ont donné l’envie d’y déposer une trace de soi. C’est le cas pour tous ceux qui m’accompagnent pratiquement quotidiennement Denise, Saab, JC, Flairjoy, Olivier, Lali, Agnès, Brasex et quelques autres, qui désormais me manqueraient s’ils ne venaient plus. C’était le cas pour Hughes de Courson, le poète… ou encore…
C’était le cas encore une fois samedi dernier lorsque j’ai reçu un message de Renê qui, après la lecture du poste “Amour est feu qui brûle…” m’a fait l’honneur de nous offrir une magnifique traduction de ce texte de Luiz Vaz de Camões “Amor é fogo qui arde sem se ver” (L’amour est feu qui brûle et ne se voit pas), par Renê DOS SANTOS FILHO, avec l’aide et correction linguistique de Mme Nicole GOURGAUD (Attachée de coopération éducative – Ambassade de France au Brésil).
Et il m’était inconcevable de ne pas les remercier en partageant ce bonheur avec vous, en lui dédiant ma carte blanche d’aujourd’hui.
L’amour est un feu qui brûle et ne se voit pas
C’est une blessure qui fait mal et ne se sent pas
C’est un contentement mécontent
C’est un mal qui consume sans faire mal
C’est ne pas vouloir plus que vouloir bien
C’est marcher solitaire dans la foule
Ce n’est jamais se satisfaire d’être satisfait
C’est prendre soin de gagner en se perdant
C’est vouloir être prisonnier de bon gré
C’est, étant vainqueur, servir le vaincu
C’est être loyal avec qui nous tue
Mais comment son service peut-il faire naître
L’amitié dans le cœur des humains
Si l’amour lui-même est son propre contraire ?













