On parle souvent du Portugal du fado, d’Amália ou encore de Mariza, des poètes Pessoa, Florbela ou Camões, des écrivains comme Agustina Bessa-Louis ou le prix Nobel Saramago, du Portugal des découvertes, de Vasco da Gama, ou plus récemment de la révolution des œillets, mais rarement s’attarde-t-on sur d’autres aspects de la culture portugaise, comme la peinture, par exemple.
Il me vient tout naturellement l’envie de vous faire connaître quelques peintres, ici et là, au fil de mes mercredis au Portugal, dans la certitude que la peinture dépasse souvent les frontières auxquelles pourrait se voir confiné un artiste de par sa nationalité, pour devenir universelle et s’imposer ainsi comme une appartenance au monde.

[photo : 2010 Artist Quote of the Day]
Il serait inutile de vous présenter Paula Rego, née à Lisbonne et résidant à Londres, où elle a suivi une formation à la Slade School, puisque sa renommée est internationale.
Son œuvre est influencée par le surréalisme et par l’expressionisme, au moyen desquels elle raconte des histoires liées à son enfance, qu’elle passait chez ses grands-parents, accompagnée des oies, canards et poussins . Cela rend son œuvre profondément personnelle, par moments d’une perturbante douceur et à d’autres d’une agressivité évidente. Selon les dires de son amie, la chanteuse Kátia Guerreiro, l’œuvre de Paula Rego est dérangeante, émotive et mystérieuse comme la peintre.
Paula, qui vit en Angleterre depuis plus de 30 ans, maintient vivants les liens avec son pays d’origine, même si certaines voix prétendent que son œuvre (quelques exemples ici) est plus proche de la culture britannique que de la portugaise. Alors que pour d’autres elle n’est que le regard d’enfant de Paula, dans un monde où il n’y a pas de bien ni de mal. Un regard personnel, renforcé par le brassage de deux mondes.
L’ancien président de la république Jorge Sampaio, dont elle a peint le portrait, lui a commandé pour le siège de la présidence de la République, une série de huit tableaux ayant pour thème la vie de la vierge Marie.
C’est parmi eux, que le bleu a choisi, pour son indiscutable universalité, la Pietà…



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Merci pour cette présentation de Paula Régo dont je ne connaissais rien à l’exception d’un étonnant pastel représentant une femme-chien qui m’avait vivement impressionné. Depuis votre article, je suis naturellement allé sur la toile afin d’en savoir davantage sur cette artiste vraiment passionnante « d’une perturbante douceur et d’une agressivité évidente » comme vous l’écrivez très justement. Beaucoup de choses à dire, en effet, à propos de compositions comme The policeman’s daughter et The family, qui nous interrogent sur les profondeurs de l’inconscient…
Par ailleurs, Dancing ostriches, qui n’est pas sans évoquer les peintures de Lucian Freud, nous renvoie à une lecture du corps, qui semble s’apparenter à une géographie de la douleur. A bientôt! François
Une découverte un peu bouleversante ! Des tableaux qui remuent l’âme par leur réalisme.. surtout si on est un peu fragile ! Douleur, peur, domination… heureusement, de l’amour aussi.
Merci Armando ! Une nouvelle rubrique qui va me passionner !
Excellente idée de nous faire découvrir les peintres portugais petit à petit, en commençant par Paula Rego dont la réputation n’est plus à faire puisque certaines de ses toiles se retrouvent même dans des galeries outre Atlantique!
Bonjour Armando,
Merci, je ne connaissais pas cette artiste, j’ai visionné le film présentant ses œuvres. Quelle puissance, quel réalisme dans les corps, souvent meurtris, seuls, en souffrance. Il y a des scènes d’humiliation, de punition, de mort comme jamais je n’avais vu en peinture. En visionnant je pensais aux créations de Louise Bourgeois, elle aussi marquée par une enfance difficile.