Amour est feu qui brûle …

Luís Vaz de Camões, est considéré comme le plus grand poète de langue portugaise. On le compare à Virgile, Dante, Cervantes ou bien Shakespeare. De toutes ses œuvres, l’épopée « Les Lusiades » est la plus connue et la plus significative.Il est aussi l’auteur d’une œuvre lyrique exceptionnelle. Ses sonnets – dont le thème essentiel est l’amour, tantôt léger et conventionnel, tantôt douloureux et nostalgique, tantôt blessé, source d’amertume et de révolte – comptent parmi les plus beaux de la langue portugaise.

Amour est feu qui brûle et que l’on ne voit pas ;
C’est blessure cuisante et que l’on ne sent pas ;
Ravissement qui se sait pas ravir ;
Folle douleur qui ne fait pas souffrir ;

C’est ne plus désirer qu’un seul désir ;
C’est marcher solitaire dans la foule ;
Jamais n’avoir plaisir à un plaisir ;
Penser qu’on gagne alors que l’on se perd ;

C’est librement vouloir être captif ;
C’est, quand on est vainqueur, servir qui est vaincu ;
Rester loyal alors que l’on nous tue.

Mais comment ses faveurs font-elles naître
Une amitié entre les cœurs humains,
Si Amour à ce point est contraire à lui-même ?

(Sonnets Luis Vaz de Camões
Traduit par Anne-Marie Quint et Maryvonne Boudoy
Editions Changeigne, 1998 – Collection Lusitane)

  

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Texte original (portugais)

Amor é fogo que arde sem se ver;
É ferida que dói e não se sente;
É um contentamento descontente;
É dor que desatina sem doer;

É um não querer mais que bem querer;
É solitário andar por entre a gente;
É nunca contentar-se de contente;
É cuidar que se ganha em se perder;

É querer estar preso por vontade;
É servir a quem vence, o vencedor;
É ter com quem nos mata lealdade.

Mas como causar pode seu favor
Nos corações humanos amizade,
se tão contrário a si é o mesmo Amor?

 

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Tradution Libre (anglais)

Love is a burning fire that cannot be seen;
A happy unhappiness;
A aching wound that one doesn’t feel;
A uncontentious contentment;
Pain that bothers without aching;

It is not wanting more than wanting well
A lonely walk amidst the crowd;
Never enough pleased for being happy;
Knowing that loss is gain;

It is to be willingly imprisoned;
To serve who wins, the winner,
To have loyalty to the one who kills us.

But how may its favors cause
Friendship in the human heart,
If exactly the opposite is really Love ?

 

À propos de dubleudansmesnuages

Je laisserai vagabonder mon esprit nomade, sur le fil d'or de mes silences, pour vous parler des ces choses qui me maintiennent en équilibre. Je vous parlerai aussi des musiques que j'aime. Elles se promènent du Fado d'Amália, de Dulce Pontes, de Cristina Branco, de Mariza, jusqu'aux voix frissonantes de Diana Krall, de Stacey Kent, de Chiara Civello, de Karrin Allyson, de Stina Nordenstam, de Robin McKelle, de Sophie Milman, d'Emilie-Claire Barlow, et d'encore plein d'autres … Aznavour, Brel, Duteil, Art Mengo, Berliner, Cabrel, Balavoine, Julien Clerc, Fugain, Le Forestier, Goldman, Lama, Rapsat, Vassiliu, Daniel Seff, Peyrac et tous ceux que m’on fait aimer la chanson française. Je me perdrai certains soirs dans le paradis de la musique brésilienne : Eliane Elias, Astrud Gilbert, Gal Costa, Elis Regina, Bia, Bebel Gilberto, Maria Creuza, Nara Leão, Jobim, Vinicius, Buarque, Toquinho, Djavan … Il y aura des moments où je vous parlerai d'une des chansons de ceux que j'affectionne. Donovan, Leonard Cohen, The Doors, Tracy Chapman, The Scorpions, Dylan, Lennon ou McCartney (avec ou sans les Beatles), ou de voix d'or comme Sarah Brightman, Ana Torroja, ou Teresa Salgueiro. Puis, parfois, je me promènerai sans but précis entre Piazzolla et Lluis Llach, de Mayte Martin à Gigliolla Cinquetti ou Paolo Conte, de Chavella Vargas à Souad Massi en passant par Gabriel Yacoub. Parce que la musique n’a aucune frontière. La musique ne connait que des sensibilités. Des sonorités. Des larmes ou des sourires. Je vous déposerai ici l'une ou l'autre de mes photos. Les moins ratées. Je vous laisserai un peu de poésie. Des poètes portugais. Que j'aime. Infiniment. Et puis tous les autres dont les textes me touchent. Je ne vous parlerai que des gens que j’aime. Et puis un peu de moi. Si peu. Et puis, si j'ai le temps. Seulement si j'ai le temps, je vous parlerai d'autres choses. Plus intimes.
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5 réponses à Amour est feu qui brûle …

  1. Renê dos Santos Filho dit :

    Bonjour,

    J’ai le plaisir de vous informer que la traduction du sonnet de Camões ( L’amour est feu qui brûle et ne se vois pas), c’est une traduction fit par Renê DOS SANTOS FILHO, mais avec l’aide et correction linguistique de Mme Nicole GOURGAUD (Attachée de coopération éducative – Ambassade de France au Brésil). En effet, je suis l’auteur responsable de la traduction et non pas Mme. Nicole COURGAUD, mentionner à la page suivant: http://dubleudansmesnuages.com/?cat=46

    Avec mes remerciements,

    Renê DOS SANTOS FILHO

    – BRASIL – enerpt@yahoo.com.br

  2. Renê dit :

    Bonjour,
    J’ aime ce sonnet du Luis de Camões!! A mon avis, c’est excellente la traduction du sonnet sur l’amour de Camões que vous avez fait, mais j’ai une traduction de ce même sonnet de manière très simples de « traduire » selon, Mme. Nicole GOURGAUD (Attachée de coopération éducative – Ambassade de France au Brésil). Je le plaisir de vous faire connaître.
    _____________________________________________________________

    L’amour est un feu qui brûle et ne se voit pas
    C’est une blessure qui fait mal et ne se sent pas
    C’est un contentement mécontent
    C’est un mal qui consume sans faire mal

    C’est ne pas vouloir plus que vouloir bien
    C’est marcher solitaire dans la foule
    Ce n’est jamais se satisfaire d’être satisfait
    C’est prendre soin de gagner en se perdant

    C’est vouloir être prisonnier de bon gré
    C’est, étant vainqueur, servir le vaincu
    C’est être loyal avec qui nous tue

    Mais comment son service peut-il faire naître
    L’amitié dans le cœur des humains
    Si l’amour lui-même est son propre contraire ?

    _____________________________________________________________

    Amicalement et au plaisir de vous lire, Renê – BRASIL –

    enerpt@yahoo.com.br

  3. isa dit :

    hum Le grand Camões si dificile d’etudier et pourtant ……. que c’est beau les LUSIADAS
    Lali je te jure que c’est encore plus sublime en portugais
    merci Mandokas

  4. Lali dit :

    J’en redemande!
    Tout simplement sublime…

  5. Denise dit :

    Très beau poème pour commencer la journée.

    Merci

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