Manuel Alegre

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Eu quero ouvir agora o grande canto subterrâneo
dos comboios eléctricos por dentro das palavras
a multidão descendo à pressa os corredores da alma
o saxofone lancinante na estação do Metro

Caminhámos tanto para chegar a esta
desolada paisagem interior

Cartas de fusilados: cantavam a Marselhesa
A minha geração nasceu da guerra
E viu crecer o cogumelo de Hiroshima
Vibramos tanto com Bogart em Casablanca
depois aprendemos a cantar Kalinka
Era o tempo das certezas redondas como abóboras
cada ano mais felizes em Koljós

Ainda entrámos a cavalo
com o Che
em Havana

Era o tempo da festa e da guerrilha
A revolução ia ser uma aventura
acreditávamos até na abolição da morte
Era o tempo em que a História parecia um comboio
rolando inevitavelmente para a Terra Prometida

E eis que vais só na carruagem dos rostos sem olhar
despojados perdidos no Reino de Múltiplo

Nunca mais entraremos
com o Che
em Havana

O Deus que está en Delfos continua sem oráculo
A Europa anoitece e só quem espera
verá o inesperado Assim falou
Heraclito

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[Manuel Alegre]

Je veux écouter maintenant le grand chant souterrain
des trains électriques par dedans les mots
la multitude qui descend empressée dans les corridors de l’âme
le saxophone lancinant dans la station du Metro

Nous avons tellement cheminé pour arriver à ce
paysage intérieur désolé

Lettres de fusillés: ils chantaient la Marseillaise
Ma génération est née de la guerre
et a vu croître le champignon à Hiroshima
Nous avons tellement vibré avec Bogart à Casablanca
après on appris à chanter Kalinka
C’était le temps des certitudes rondes comme des citrouilles
chaque année plus heureuses au Kolkhoze

Nous sommes même entrés à cheval
avec le Che
à La Havane

C’était le temps de la fête et de la guérrilla
la révolution allait être une aventure
nous croyions même à l’abolition de la mort
C’était le temps où l’Histoire ressemblait un train
qui roulait inévitablement vers la Terre Promise

Et te voici seul dans la charrue des visages sans regards
dépouillés perdus dans le Royaume de Multiple

Plus jamais nous n’entrerons
avec le Che
à La Havane

Le dieu qui est à Delfos continue sans oracle
En Europe la nuit tombe et seulement celui qui attend
verra l’inattendu
Ainsi parla Héraclite

À propos de dubleudansmesnuages

Je laisserai vagabonder mon esprit nomade, sur le fil d'or de mes silences, pour vous parler des ces choses qui me maintiennent en équilibre. Je vous parlerai aussi des musiques que j'aime. Elles se promènent du Fado d'Amália, de Dulce Pontes, de Cristina Branco, de Mariza, jusqu'aux voix frissonantes de Diana Krall, de Stacey Kent, de Chiara Civello, de Karrin Allyson, de Stina Nordenstam, de Robin McKelle, de Sophie Milman, d'Emilie-Claire Barlow, et d'encore plein d'autres … Aznavour, Brel, Duteil, Art Mengo, Berliner, Cabrel, Balavoine, Julien Clerc, Fugain, Le Forestier, Goldman, Lama, Rapsat, Vassiliu, Daniel Seff, Peyrac et tous ceux que m’on fait aimer la chanson française. Je me perdrai certains soirs dans le paradis de la musique brésilienne : Eliane Elias, Astrud Gilbert, Gal Costa, Elis Regina, Bia, Bebel Gilberto, Maria Creuza, Nara Leão, Jobim, Vinicius, Buarque, Toquinho, Djavan … Il y aura des moments où je vous parlerai d'une des chansons de ceux que j'affectionne. Donovan, Leonard Cohen, The Doors, Tracy Chapman, The Scorpions, Dylan, Lennon ou McCartney (avec ou sans les Beatles), ou de voix d'or comme Sarah Brightman, Ana Torroja, ou Teresa Salgueiro. Puis, parfois, je me promènerai sans but précis entre Piazzolla et Lluis Llach, de Mayte Martin à Gigliolla Cinquetti ou Paolo Conte, de Chavella Vargas à Souad Massi en passant par Gabriel Yacoub. Parce que la musique n’a aucune frontière. La musique ne connait que des sensibilités. Des sonorités. Des larmes ou des sourires. Je vous déposerai ici l'une ou l'autre de mes photos. Les moins ratées. Je vous laisserai un peu de poésie. Des poètes portugais. Que j'aime. Infiniment. Et puis tous les autres dont les textes me touchent. Je ne vous parlerai que des gens que j’aime. Et puis un peu de moi. Si peu. Et puis, si j'ai le temps. Seulement si j'ai le temps, je vous parlerai d'autres choses. Plus intimes.
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