Un jour je suis entré dans une librairie.
Je me suis mis à compter les livresque je devrais encore lire et les années de vie qu’il me restait.
Et elles ne sont pas suffisantes,
je ne vivrai pas suffisamment longtemps pour en lire la moitié.
Il doit y avoir certainement d’autres manières de sauver une vie,
sinon je serai perdu. [Almada Negreiros]

Il y a quelques jours est apparu à grands coups de gros titres la nouvelle voulant que le Guinness Book considère que la plus ancienne librairie du monde encore en activité se trouve au Portugal, plus précisément à Lisbonne, dans le quartier du Chiado. Ce serait la librairie Bertrand, actuellement située rue Garrett, et fondée en 1732, rue Direita do Loreto, par Pedro Faure, ce qui signifie près de 300 ans à vendre de livres, sans jamais fermer ses portes.
L’histoire de la librairie Bertrand commence sans doute à se dessiner quelque part, lorsque Pedro Faure arrive à Lisbonne on ne sait pas trop comment ni d’où et qu’il ouvre un magasin d’images imprimées en 1727, lequel devient en 1736 la libraire Faure. Celle-ci est à l’origine d’une vraie dynastie qui allait se prolonger grâce au mariage de sa fille Magdelaine à Jean Bertrand avec qui il fonde en compagnie de Martin Bertrand, frère ainé de Jean, la librairie Faure e Irmãos Bertrand. Celle-ci devient par la suite, lorsque Faure décède à Lisbonne en 1753, la librairie Bertrand.
Jean Bertrand et Martin Bertrand seraient les fils de Joseph et Antonetta Bertrand et Jean serait né en 1720 à Monestier de Briançon (actuellement Monêtier les Bains), d’où, d’après Jean-François Labourdette dans La Nation française à Lisbonne, seraient originaires plusieurs commerçants et marchands exerçant une activité à Lisbonne à cette époque, parmi lesquels Jacome Ratton, Jacques Bellon, Joseph Charbonnel, Pedro Bonarder, Jean Claude Raisin et puis Jean Giber et Jean Reycend, commerçants d’images imprimées tout comme Pedro Faure.

Les traces de la librairie Bertrand, malgré le tremblement de terre de 1755, et une absence du Chiado d’une vingtaine d’années, le temps de sa reconstruction, ne se sont jamais effacées et son histoire se confond avec celle de Lisbonne. Elle a su évoluer à travers les décennies, devenant aussi une maison d’édition. Au début des années 1900, elle dispose de sa propre imprimerie. Aujourd’hui elle constitue un réseau de plus de 50 librairies un peu partout au pays.
Au long des années, elle est un lieu privilégié de rencontre d’écrivains et intellectuels, qui s’y donnaient rendez-vous pour des discussions littéraires et souvent politiques, donnant à ce lieu une aura culturelle ineffaçable.
Lieu chargé d’histoire, la librairie Bertrand a vu se croiser tous les courants politiques et puis des écrivains comme Alexandre Herculano, Oliveira Martins, Eça de Queirós, Antero de Quental, Ramalho Ortigão, Aquilino Ribeiro, Fernando Namora, José Cardoso Pires ou encore Manuel Alegre.
La prochaine fois que vous allez a Lisbonne et si le cœur vous en dit…



Bonjour,
Je sais que vous êtes sollicités de toute part, mais je ne peux résister à l’envie
de vous faire part d’une critique de mon roman parue dans le numéro d’automne de Québec français. Je souhaite qu’elle suscitera quelque intérêt de votre part.
André Bruneau
Dommages collatéraux
Nice, Éditions Bénévent,
2012, 511 pages
Extraits d’une critique de Dommages collatéraux parue sous la signature de Monsieur Aurélien Boivin, dans la revue Québec français, numéro 167, automne 2012, pages 9 à 11.
Dommages collatéraux peut s’apparenter au roman policier pour plusieurs raisons, entre autres par le suspense que parvient à maintenir l’auteur tout au long des 75 chapitres, incluant l’épilogue. L’intrigue exploite abondamment le procédé d’opposition: deux confrères juristes, l’un basé à Montréal, l’autre à Boston, restés en contact depuis le début de leur carrière, se retrouvent à Montréal et entreprennent une lutte sans merci. C’est que l’un, le Bostonnais Richard Hamilton, …à l’emploi de la Northeast…. a connu une aventure avec Carole Anne, l’épouse de Gerry Martin….
S’engage une véritable guerre entre les deux groupes, «les bons» d’un côté qu’incarnent Hamilton, Carole Anne et deux employés de la Northeast, Jeff Leroy et Keit Reynolds, et les «méchants»de l’autre, au nombre desquels il faut compter Gerry, bien sûr, mais aussi Laski, chef de la pègre, …un certain Norman Maynard, qui avec l’appui du président (de la Northeast) Robert Cartier a mis sur pied un important stratagème dans le but de détourner ( à leur profit)…des sommes considérables d’argent en falsifiant les rapports de réclamation des clients.
L’intrigue est bien menée, il faut le préciser, car Bruneau sait produire des effets de façon à provoquer l’adhésion de ses lecteurs et lectrices. Il parvient sans trop d’efforts à les tenir captifs, …. de ce roman qui raconte aussi une histoire de vengeance, ponctuée d’une histoire de jalousie, de violence et de cupidité. …les âmes sensibles y trouveront aussi une belle histoire d’amour, celle qui naît entre Carole Anne et Hamilton.
Il y a quelques faiblesses, tant dans les descriptions, souvent trop détaillées, qui ralentissent l’action que dans l’écriture, où l’on décèle, ça et là, des répétitions agaçantes, …
Mais il faut le répéter, Dommages collatéraux est un bon suspense qui saura plaire aux amateurs, car ce roman traduit bien les problèmes de la société moderne dans laquelle tout semble permis pour certains afin d’exercer un pouvoir sur ceux qui ont choisi de vivre honnêtement.
Monsieur Boivin essayiste et professeur titulaire au département des littératures de l’Université Laval est membre du Centre de recherche interuniversitaire sur la littérature et la culture québécoises (CRILCQ). Nommé chevalier de l’Ordre des Palmes académiques du gouvernement français en 1996, il a été décoré de l’Ordre des francophones d’Amérique et est devenu Membre de la Société royale du Canada en1998. Il était jusqu’à tout dernièrement, Directeur de la revue Québec français et des Publications Québec français.
Bonjour,
j’ai trouvé votre post très intéressant en faisant des recherches sur le quartier du Chiado et l’incendie de 1988. J’écris un roman semi historique et je souhaite placer mes personnages (des artistes) dans cette page d’histoire. Je suis persuadée que vous pouvez m’aider à retrouver des évènements réels, des noms, des chiffres, les bruits, des témoignages de cet incendie pour que je puisse ancrer mon roman dans cet évènement. Alors si vous avez assisté à ce drame ou si vous connaissez des personnes qui l’ont vécu, j’attends avec impatience les informations qui donneront matière à mon livre.
Je vous remercie pour votre réponse et je vous souhaite un excellent week end.
Nicole
D’une seule pierre deux coups. J’apprends cette existence d’une librairie plusieurs fois centenaire et j’ai visité le quartier du Chiado. Un mercredi pleinement instructif par l’entremise du Bleu dans mes nuages. Merci. Lisbonne est décidément une destination à inscrire impérativement dans nos voyages.
Le coeur me dit oui, l’envie aussi, mais quand ?
Quelle belle histoire !
Il y a toujours quelque chose d’émouvant à l’idée d’une vieille librairie à découvrir … Merci pour ce morceau de ton pays Armando !
Bisous lecteurs 😉
Merci Armando de nous faire découvrir toutes ces richesses à Lisbonne.
C’est un très beau billet qui nous ouvre des horizons 😉
oh si j’avais su cela il y a 5 ans, je ne l’aurais pas manquée !!
j’attends toujours avec impatience mon mercredi au Portugal mais là je suis comblée les librairies et moi c’est une grande histoire d’amour alors savoir qu’il y a en une aussi ancienne et que la France y est un peu pour quelque chose !!!
Je me régale à la lecture des Mystères de Lisbonne