[Dessin de Pedro, Bonecos de Bolso]
Nous sommes en octobre de l’an 1383 alors que le roi D. Fernando, le Beau, s’envole vers les cieux de l’éternité. Ses deux enfants, D. Pedro et D. Afonso sont morts avant lui; la couronne du Portugal revient donc de plein droit à l’héritière légitime, sa fille Béatriz, qu’il avait concédée en mariage, alors qu’elle n’avait que onze ans, quelques mois avant sa mort, au roi Jean Ier de Castille, veuf de la princesse Aliénor d’Aragon, qui se voit déjà assis sur le trône du Portugal.
Voilà, sans entrer dans les chemins sinueux de l’histoire, comment s’allume la braise contre l’idée de voir un roi étranger prendre la couronne portugaise, laquelle conduira, le 14 août 1385, à la sanglante bataille d’Aljubarrota, entre les troupes du Portugal commandées par Jean Ier de Portugal et Nuno Álvarez Pereira et l’armée de Castille, commandée par l’époux de la jeune Béatriz.
La victoire reviendra aux Portugais, malgré le fait que les soldats de Castille soient cinq fois plus nombreux. Jean Ier de Castille portera toute sa vie le lourd deuil de sa défaite.
L’importance de cette bataille dans l’affirmation du Portugal en tant que Patrie est telle que l’auteur des Lusiades évoquera cette bataille dans le Chant IV, 28 : La trompette castillane a donné le signal, horrible, farouche, vibrant et formidable : l’ouït le mont Artabren et de crainte le Guadiana rebroussa son cours. L’ouïrent aussi le Douro et la terre transtagane : et le Tage hésitant courut à la mer. Et les mères, à entendre le son terrible, pressèrent leurs jeunes enfants contre leur sein. (Les Lusiades, traduit du portugais par Roger Bismut, éditions Robert Laffont)
Pour s’acquitter de sa promesse faite à la Vierge de remercier Dieu et de commémorer la victoire, Jean Ier de Portugal fit construire le majestueux monastère de Notre Dame de la Victoire de la Bataille, usuellement connu sous le nom de Monastère de Bataille.
C’est ainsi que, dès l’année suivante, les travaux d’édification du monastère ont commencé sous la direction de l’architecte portugais Afonso Domingues, à qui on doit, notamment, la structure de l’église.
En 1408, David Huguet, dont on ne semble pas tout à fait certain des origines, a repris les travaux et c’est à lui qu’on lui doit l’aspect gothique flamboyant du Monastère. Plus tard, au XVème siècle, l’architecte Fernão Evora reprend les travaux et abandonne ce style pour un gothique aux lignes plus austères.
Sous le règne de D. Manuel I, on a repris les travaux des chapelles imparfaites (ou inachevées), d’une beauté rare, abandonnése brusquement puisque la priorité du roi D. Manuel I s’était portée sur d’autres œuvres comme le Monastère des Jerónimos [voir 1; 2 et 3].
On trouve au Monastère da Batalha, au cœur de la ville du même nom, les tombeaux de D. João I, D. Filipa de Lencastre et leurs enfants, que le poète Camões a appelé l’illustre génération.
On trouve également, dans la salle du Chapitre, le tombeau du soldat inconnu, qui a la particularité de conserver les restes de deux soldats morts pendant la première guerre 1914-1918 et sur laquelle deux soldats veillent nuit et jour.
Les photos que le bleu a choisi de vous présenter appartiennent à :












C’est un chef d’oeuvre d’architecture ce monastère ! Fascinantes ces sculptures. j’imagine qu’il doit-être classé au patrimoine mondial par l’UNESCO.
Merci Armando pour cette découverte illustrées de très belles photos !
Que de merveilles…que d’ artistes dont les oeuvres sont ici rassemblées resteront pour nous » sans nom « …
C’ est fabuleusement beau..
Merci Armando
comment l’homme a-t-il pu construire de telles merveilles sinon par l’aide d’une force divine ? … je ne sais … j’admire … respect
et l’arrivée à Batalha en venant de Porto est une chose qui ne s’oublie pas!
biz
Encore un mercredi où nous franchissons les portes de l’Histoire.
Outre ton texte et les photos, j’apprécie aussi ta petite incursion dans les pages de Luís de Camões, laquelle permet de mettre encore plus les choses en perspective.
L’architecture du monastère est de toute beauté et comme le dit JC, « de la vraie dentelle ».
Merci Armando pour l’histoire du monastère de Batalha et pour le choix de ces superbes photos.
J’apprécie infiniment ce document qui m’apprends beaucoup de choses!
Bisous
De la vraie dentelle Ils étaient vraiment forts ces gens avec leur peu de moyens
Merci Armando
les siècles passés étaient sanglants et religieux cela nous vaut quelques magnifiques monuments et quelques belles photos
passionnant et si beau ce monastère eh merci Armando pour nos mercredis attendus au Portugal ! tu nous instruis …
Bisous fidèles !