Luis… celui des Lusiades, bien évidemment

camoes-bom-file03.jpg

Quand on tombe comme ça, nez à nez, avec un gaillard comme Luiz Vaz, on a une nette tendance a rester bouche bée, avec une tronche de rigolos de province médusés devant lui, n’est-ce pas?…

Moi, personnellement, qui ai dû lire les Lusiades, avec quelques claques bien placées, pour me remercier de mes efforts, j’ai toujours trouvé que le bonhomme était un peu du genre « casse-pompons ». Exemple :

«…
Mais, tandis que s’attarde à venir le moment
de régner sur les peuples qui aspirent à cet honneur,
donnez la faveur à cette nouvelle entreprise,
pour que mes vers deviennent vôtres.
Vous verrez vos Argonautes fendant l’onde argentée :
ainsi sauront-ils que, sur la mer farouche,
votre regard ne les quitte pas.
Prenez dès aujourd’hui l’habitude d’être invoqué.
…»

[Chant I, 18]

Et, en réalité, le temps s’attardait à venir, comme s’il sautillait sur une seule jambe.

Aujourd’hui, après quelque deux douzaines de régimes amaigrissants, je reconnais que le gars avait quelques sonnets superbes, qui servaient a épater les filles du patelin.

Celui où il dit qu’elle va pied nus à la fontaine ou bien celui du « L’amour est feu qui brûle sans se voir », me font m’interroger s’il – Luis comme moi, d’ailleurs -, a aussi pris quelques claques sur sa jolie tronche de poète quand il était petit, avec quelques humiliations du genre :

« Viens, ici, eh Luis, viens ici immédiatement!… Viens ici, salopard… Petit connard, tu passes ton temps à écrire des trucs sur les murs des voisins!… »

Et le voilà à être ramené par une oreille, avec le nez à moucher et une fronde dans la poche de son pantalon, vers le coin du potager, en punition, à écrire des strophes pour les Lusiades. Enfin je crois, parce que dans ce temps-là, il ne devait pas encore y avoir des films de Walt Disney, sûrement…

 

À propos de dubleudansmesnuages

Je laisserai vagabonder mon esprit nomade, sur le fil d'or de mes silences, pour vous parler des ces choses qui me maintiennent en équilibre. Je vous parlerai aussi des musiques que j'aime. Elles se promènent du Fado d'Amália, de Dulce Pontes, de Cristina Branco, de Mariza, jusqu'aux voix frissonantes de Diana Krall, de Stacey Kent, de Chiara Civello, de Karrin Allyson, de Stina Nordenstam, de Robin McKelle, de Sophie Milman, d'Emilie-Claire Barlow, et d'encore plein d'autres … Aznavour, Brel, Duteil, Art Mengo, Berliner, Cabrel, Balavoine, Julien Clerc, Fugain, Le Forestier, Goldman, Lama, Rapsat, Vassiliu, Daniel Seff, Peyrac et tous ceux que m’on fait aimer la chanson française. Je me perdrai certains soirs dans le paradis de la musique brésilienne : Eliane Elias, Astrud Gilbert, Gal Costa, Elis Regina, Bia, Bebel Gilberto, Maria Creuza, Nara Leão, Jobim, Vinicius, Buarque, Toquinho, Djavan … Il y aura des moments où je vous parlerai d'une des chansons de ceux que j'affectionne. Donovan, Leonard Cohen, The Doors, Tracy Chapman, The Scorpions, Dylan, Lennon ou McCartney (avec ou sans les Beatles), ou de voix d'or comme Sarah Brightman, Ana Torroja, ou Teresa Salgueiro. Puis, parfois, je me promènerai sans but précis entre Piazzolla et Lluis Llach, de Mayte Martin à Gigliolla Cinquetti ou Paolo Conte, de Chavella Vargas à Souad Massi en passant par Gabriel Yacoub. Parce que la musique n’a aucune frontière. La musique ne connait que des sensibilités. Des sonorités. Des larmes ou des sourires. Je vous déposerai ici l'une ou l'autre de mes photos. Les moins ratées. Je vous laisserai un peu de poésie. Des poètes portugais. Que j'aime. Infiniment. Et puis tous les autres dont les textes me touchent. Je ne vous parlerai que des gens que j’aime. Et puis un peu de moi. Si peu. Et puis, si j'ai le temps. Seulement si j'ai le temps, je vous parlerai d'autres choses. Plus intimes.
Ce contenu a été publié dans PORTUGAL. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

4 réponses à Luis… celui des Lusiades, bien évidemment

  1. fios de seda dit :

    Adoro quando brincamos meigamente com nomes sonantes como este!
    Pessoalmente, adoro a lírica camoniana…
    Beijos rendidos,
    Ana

  2. Lali dit :

    J’aime que tu fasses du grand Luis un enfant qui aimait les rimes et écrire sur les murs…

    C’est tout simplement délicieux!

  3. Guess Who dit :

    Moi aussi j’ai souffert … pour les sonnets et pour les régimes !

    J’ai découvert par hasard que vous aviez mis un jour un lien vers mes Carnets de Poésie (certainement après avoir lu Luis chez moi…) et je vous en remercie.

    Bonne continuation, je reviendrai

  4. Mrs Pillsbury dit :

    Comme je le disais précédemment : tout à l’air romantique quand dit dans une autre langue…mais voilà que le « casse-pompoms » a retenu mon attention. Quoi, nous Québécois, n’avons pas l’exclusivité des pompoms ! Je passe mon temps à dire, à mon fils entre autres, « calme ton pompom fiston » ! Je me croyais très « joual », très québécoise à chaque fois…hum, il est vrai que la Belgique et le Québec partagent pas mal d’expressions…en tout cas, si on nous compare avec les Parisiens qui ne comprennent que dalle à ce qu’on dit ici, chez nous, en Nouvelle-France, devenue Canada français et Québec.

Les commentaires sont fermés.