Il y a précisément 689 ans, le 8 avril 1320, naissait à Coimbra le huitième roi du Portugal, D. Pedro I, connu sous le nom de Pierre le cruel ou Pierre le Justicier (moi je l’appelle Pedro l’amoureux), et qui serait avec Inès, le symbole de l’amour au Portugal.
Le peuple a au long des siècles sans doute contribué à embellir leur histoire puisque certains faits sont improbables et que les historiens ne sont jamais arrivés à des conclusions probantes.
Toujours est-il que la belle Inès de Castro arrive au Portugal alors que celui-ci vit une période agitée, durant laquelle les deux pays ibériques se voient contraints de faire la paix, pour pouvoir s’allier contre leur ennemi commun, les Maures, qui envahissent la péninsule.

Inès, blonde aux yeux verts, est dame de compagnie de Constance Manuel, noble de Castille promise à Pedro, le prince héritier du trône du Portugal qui avait déjà refusé une jeune fille de quatorze ans à peine. Très vite, Pedro délaisse Constance pour ne s’intéresser qu’à la belle Inès, de qui il était éperdument amoureux.

Le roi Afonso IV fait exiler Inès en Espagne, au château d’Albuquerque, à proximité de la frontière avec le Portugal. Mais la passion des deux amants a toujours eu raison de la distance.
Lorsque Constance meurt en mettant au monde leur troisième enfant, Pedro, libre, fait rentrer Inès et décide de vivre leur amour loin des regards de la cour portugaise. Ils s’exileront dans le Nord avant de s’installer à Coimbra.

La noblesse portugaise, soutenant que cette liaison est dangereuse pour l’avenir de la couronne du Portugal à cause des intrigues qu’elle suscite, et les pressions diverses de ses conseillers ont raison du roi Afonso IV qui décide de se débarrasser définitivement d’Inès.
Avec le courage des lâches, le roi Afonvo IV profite du fait que Pedro, son fils, est parti à la chasse, pour se déplacer à Coimbra avec trois de ses fidèles serviteurs. Malgré ses supplices et prières, Inès est égorgée sans pitié ni ménagement.

Fou de douleur, Pedro déclare la guerre à son père et seule sa mère, la reine Beatriz de Molina e Castela, arrivera à intervenir et mettre fin à des mois de guerre civile.

En 1357, Pedro devient roi du Portugal.
Il légitime alors les fils issus de son union avec Inès qu’il déclare avoir épousée en secret, en 1354, sans jamais s’être rappelé du jour. La parole du roi et celle d’un moine auront été les seules preuves de ce mariage. Il fait par la suite un accord avec le roi de Castille, dans lequel est ordonnée l’extradition de deux des assassins d’Inès.
Il fait tuer Pêro Coelho et Álvaro Gonçalves. Avec un brutalité inhumaine. À l’un il arrache le cœur par la poitrine et à l’autre il le lui arrache par derrière. Le troisième larron, Diogo Lopes Pacheco, avait réussi à se réfugier en France.
Par la suite, D. Pedro, ordonne la construction de deux tombeaux, qui sont de véritables chefs-d’œuvre de l’art gothique au Portugal. Ceux-ci sont placés l’un en face de l’autre dans la nef du monastère d’Alcobaça, pour que, le jour du jugement dernier, les deux amants ressuscités pour l’éternité, puissent se voir l’un l’autre et se regarder les yeux dans les yeux.








En ce qui concerne la proclamation d’Inès comme reine ainsi que ses obsèques imposantes, l’histoire semble le confirmer. Par contre, le baise-main royal fait à la reine morte semble faire partie d’une légende rapportée de génération en génération, sans jamais avoir pu être véritablement confirmé par les historiens.


Il semble indiscutable que l’amour de Pierre et d’Inès a pris une dimension d’envergure historique lorsque Luis Vaz de Camões, dans son chant de l’âme portugaise, c’est-à-dire, Les Lusiades, a réservé une partie du Chant III, aux deux amoureux :

« ….
Celle de la triste et misérable dame que fut reine après sa mort. Toi seul, pur Amour, avec une force cruelle qui contraint tant les cœurs humains, donnas motif à sa triste mort, comme si elle eût une ennemie perfide. Si on dit barbare Amour que les tristes larmes mêmes n’étanchent point ta soif, c’est que, rude tyran, tu veux baigner tes autels de sang humain.
Belle Inès, tu vivais en paix, cueillant le doux fruits de tes années, toute à ces gaies et aveugles illusion de l’âme, que le destin ne laisse pas durer longtemps. Dans les campagnes nostalgiques du Mondego, que jamais tes beaux yeux n’assécheront, tu enseignais aux monts et aux herbettes le nom que tu portais écrit dans ton cœur.
Là te répondaient les souvenirs que ton Prince gardait dans son âme, et qui, lorsqu’il était retenue loin de tes beaux yeux, te présentaient toujours aux siens, la nuit par le doux mensonge des rêves, le jour par des visions ailées. Tout ce qu’il pensait, tout ce qu’il voyait, tout lui rappelait des instants de bonheur.
… »
[Extrait de Les Lusiades
Édition bilingue portugais-français,
Collection Bouquins, dirigée par Guy Schoeller,
traduit du portugais par Roger Bismut,
Éditions Robert Laffont]
[Toutes les images proviennent de plusieurs sites et blogs et ont été recueillies dans la toile.]




Une histoire fantastique, un mercredi savouré le samedi avec un bonheur indiscible !
J’adore les mercredis… pas parce que je suis née un mercredi, mais parce que tous les mercredis, Armando nous raconte des histoires et nous fait visiter SON Portugal…
Et ça a été encore un très beau mercredi!
Même en l’an 1320, je m’aperçois que certaines gens étaient intolérables et que l’amour a toujours existé.
Merci Armando pour « tes mercredis au Portugal. » Je suis vraiment passionnée par l’histoire. Parfois, c’est troublant, brutal, touchant.
Merci pour tout ce travail.
Si cette belle légende subsiste c’est qu’elle doit contenir quelques vérités…
Et elle est si bien racontée, photos à l’appui,, que j’ai envie d’y croire!
Merci Armando!
Et bien rassure-toi c’est loin d’être inutile
Merci encore pour tout ce travail
Une histoire vraie et intemporelle. Des noms qui au Portugal 500 ans après resteront liés a jamais. Comme par hasard ma fille s’appelle Inês et mon fils Pedro, et ce n’est était pas fais exprès il y a comme que une logique qui fait que a un correspond l’autre.
Très intéressante encore cette carte du Portugal.
Merci Mandocas
Belle et tragique histoire d’amour et beau travail de ta part. Félicitations.
Ton blog mérite vraiment le détour et des tours…
Merci Dominique
je suis ravi que vous appréciez mon tour du Portugal sans prétention, où il y a tant de richesses à voir et à connaître.
Et puis ce sont des messages aussi chaleureux qui nous font penser que toutes les heures passées dans les recherches n’ont pas été inutiles.
Merci d’être dans le coin.
Armando
Armando grâce à vous je suis en train de me constituer un superbe guide de voyage pour le portugal , mais attention pas le genre guide du routard, non un guide un vrai comme si un ami vous prenait par la main pour vous dévoiler les trésors de son pays
un pur bonheur