
On peut imaginer sans difficulté le troisième époux de la reine Marie II du Portugal, le neveu du roi Léopold Ier de Belgique, le prince Fernando de Saxe Cobourg-Gota, émerveillé par les ruines du couvent érigé pendant le règne de D. João II, dévasté par le tremblement de terre de 1755, en haut de la montagne escarpée de Sintra.
C’est en 1838 qu’il a acheté les ruines du vieux monastère, édifié en 1503, de Notre-Dame de la Pena et tout le terrain autour, ce qui comprenait aussi le Château des Maures et les forêts alentour.
Celui qui deviendrait le roi consort Fernando II du Portugal était follement amoureux de Sintra. Très vite, il a fait commencer les travaux de reconstruction du vieux monastère et son agrandissement, voulant un lieu romantique comme résidence d’été de la famille royale portugaise. Il avait imaginé également la construction d’un vaste et riche parc à l’anglaise, avec des plantes exotiques et des espèces d’arbres assez denses et riches. Faisant ainsi un ensemble magnifique. Le projet a été commandé au baron Guilherme von Eschwege, grand amateur d’architecture.
Le palais deviendra un édifice exubérant et unique où la profusion des styles et des volumes est une leçon d’architecture. Le prince a voulu introduire sa marque personnelle avec des détails décoratifs et symboliques. Il s’y mélange donc avec bonheur des styles mauresque, gotique, gothique, renaissance et manuélin aux accents germaniques, le tout remplie des couleurs. Les différents balcons offrent de magnifiques vues panoramiques de la côte Atlantique et du Tage.
À deux kilomètres de la vieille ville de Sintra, tout en montant, une promenade permet d’admirer le luxuriant parc à l’anglaise boisé, les fontaines, les lacs, les manoirs et leurs jardins.
De ce lieu, l’encyclopédie des lieux magiques du Portugal dira : «L’architecture du palais révèle l’intention de faire de lui un catalogue des formes ‘néo médiavalisantes’ et exotiques disponibles à cette époque. Du néogothique au néo mauresque en passant par des suggestions indiennes et par l’inévitable style ‘manuélin’, tout semble, avoir été construit sur un fascinant schéma de bricolage» [traduction libre].
Même si D. Fernando II est devenu roi du Portugal, après la naissance de son premier fils le prince D. Pedro V, c’était la reine qui avait tous les pouvoirs. D’ailleurs, cela devait lui convenir puisqu’il avait horreur de la politique et préférait dispenser son temps à l’art. L’histoire l’a retenu comme le roi-artiste.
Toutefois, à quatre reprises, il a dû assumer la régence du royaume. Pendant la grossesse de la reine, après le décès de celle-ci et quand son fils, le roi D. Luis I et la reine D. Maria Pia ont du s’absenter pour assister à l’Exposition de Paris en 1867.
Quelques années après le décès de la reine, D. Fernando a épousé en 1869 la Suissesse et ex-chanteuse d’opéra Elisa Hensler, devenue comtesse quelques jours avant pour les besoins du mariage.

Elise Hensler, qui avait déjà une fille de père inconnu, était une passionnée des arts et des lettres. Elle avait fait des études à Paris et parlait sept langues couramment.
Ayant chanté à la Scala de Milan, elle était arrivée au Portugal avec la Compagnie de l’Opéra de Laneuville pour chanter au Théâtre National de S. João à Porto, et ensuite à Lisbonne, au Théâtre de S. Carlos, dans «Un bal masqué» de Verdi.
D. Fernando II, étant venu assister au spectacle en 1860, serait tombé amoureux de la chanteuse qui n’avait que 24 ans à l’époque.
Le couple avait pris l’habitude de se réfugier à Sintra, où le prince amoureux de botanique a continué à se dédier a ‘son œuvre’ avec la complicité de la comtesse d’Edla, qui a introduit dans le parc quelques espèces d’Amérique du Nord et fait construire un chalet dont elle-même a créé le projet. En effet, celle qui était presque une inconnue des Portugais était une artiste complète et se dédiait aussi à la sculpture, à la céramique, et à la peinture.
Leur amour pour les arts les aurait amenés à faire la promotion d’artistes comme Rafaele Bordalo Pinheiro et le pianiste Viana da Mota.
D. Fernando II est décédé en 1885 et Elisa Hensler est devenue l’héritière par testament de tous ses biens. Le roi D. Carlos I, après paiement d’une indeminisation, a récuperé le domaine qui est devenu propriété de l’État, en 1910, après la proclamation de la République.
En 1995 il a été inscrit comme « paysage culturel » dans la liste du Patrimoine Mondial de l’humanité de l’Unesco et c’est en 2007 que le lieu a été élu l’une des sept merveilles du Portugal. Les six autres étant : La tour de Bélem et le Monastère des Jeronimos à Lisbonne, Le monastère de Batalha, le monastère d’Alcobaça, le chateau de Guimarães et le chateau d’Obidos.

S’il vous arrive un jour de visiter le château de la Pena à Sintra, rappelez-vous qu’un endroit aussi exemplaire et magnifique que celui-là, ne pouvait être qu’imprégné de plusieurs vies, de plusieurs existences et de plusieurs mondes réunies dans un seul univers. Celui de l’amour…
[Photos cueillies dans la toile.
Une bonne partie est de Luis Marques]
















Muy hermoso
Bonjour,
Cath et moi allons certainement y passer lors de nos vacances.
Si quelqu’un à d’autres bonnes idées, ….
A très bientôt à tous.
Quel merveille ce billet, cela change de la Belgique grisâtre, un vrai bain de jouvence en cette matinée encore sombre 😉
Toujours aussi génial Sintra
Le mercredi est décidément mon jour préféré de la semaine.
Voyage, Histoire, architecture et beauté sont toujours au rendez-vous!
Encore un agréable mercredi,un voyage merveilleux dans ton pays si riche de mille splendeurs…
Magnifique ce palais,et merci pour son histoire… histoires de bonheur…et d’art.
Quelle belle trouvaille Armando toi qui nous décrit « l’univers de l’amour »!
Donc çà n’existe pas juste dans les livres…
Je comprends que ce lieu ait été élu l’une des sept merveilles du Portugal !
Le Palais de la Pena, avec toute son histoire, est une merveille.
Merci Armando pour la description fort intéressante.
Ah, qu’il est beau ton pays !