
Damião de Góis , né à Alenquer au sein d’une famille noble, est le fils de Rui Dias de Góis et d’Isabel de Limi, la fille d’un noble flamand établi au Portugal, qui avait évolué dans l’entourage du prince Henri le Navigateur.
En 1511, il sera au service de la cour du roi D. Manuel I et, son successeur, le roi D. João III, le nommera, en 1523, en raison de son ascendance flamande, secrétaire comptable au comptoir commercial portugais d’Anvers, installé depuis 1515, lequel assurait aussi les services consulaires à une époque où le Portugal fascine l’Europe.

C’est à cette époque qu’il sera épris de voyages qui le mèneront en Pologne, en Lituanie, au Danemark, en Allemagne, en Suède, en France et en Italie. Il connaitra alors des figures importantes de l’humanisme, comme Érasme, Montaigne, Rabelais, Luther et quelques autres, avec qui il échangera des connaissances.
L’humanisme a commencé, avant tout, par désigner un des principaux courants associés à la Renaissance et s’est transformé ensuite en une philosophie qui positionnait l’homme au centre des préoccupations.
Il a suivi des cours à l’Université de Padoue et à l’Université de Louvain en 1539, où il s’établit quelques années et se marie avec Johanna van Hargen, fille d’un conseiller flamand de l’empereur Charles V. Il publie à Louvain, Hispani, Damiani a Goes equitis Lusitano qu’il dédie à Pedro Nânio, humaniste et professeur de latin à l’Université de Louvain.

Lorsque la ville de Louvain est envahie par les troupes de François Ier en 1542, il combat aux côtés de la population de la ville et est fait prisonnier.
Il sera libéré contre une importante rançon, suite à l’intervention du roi D. João III du Portugal qui lui ordonne de rentrer au Portugal, où il sera chargé de l’éducation du prince héritier, D. João. C’est alors que le jésuite Simão Rodrigues le dénonce aux juges de l’Inquisition à Evora. Le procès, étant donné le prestige international de Damião de Góis, finira par être archivé.
En 1548, il sera nommé conservateur des Archives de la Tour du Combo (Torre do Combo) et il s’installe à Lisbonne où il aurait eu une vie d’opulence qui réveille d’anciennes haines et rancunes, ce qui lui vaut une nouvelle dénonciation aux juges de l’Inquisition de la part du jésuite Simão Rodrigues. Une fois encore, le procès a été archivé.
En 1558, le cardinal D. Henrique le charge d’écrire la Chronique du roi D. Manuel, en quatre parties. Un travail qu’il termine en 1567.
La manière assez sévère avec laquelle il décrit la persécution des Juifs par l’Inquisition lui vaut un nouveau procès quatre ans plus tard. Accusé entre autres d’être partisan de Luther et d’hérésie, il échappera au bûcher mais sera condamné à la prison à vie et à la confiscation de tous ses biens.

Emprisonné au monastère de la Bataille, il finira par être libéré étant donné son état de santé précaire. Le philosophe et humaniste mourra en 1574. Pour les uns, chez lui à Alenquer, pour d’autres dans une auberge où il s’est arrêté en chemin vers Alcobaça. Toujours est-il qu’il est mort dans des circonstances qui laissent croire qu’il aurait été assassiné.
Ses cendres, ainsi que celles de son épouse, reposent depuis 1941, dans l’église S. Pedro, à Alenquer, où il est né en 1502.



J’ai connu Henri le navigateur, par des lectures, je fais maintenant connaissance avec Damiao de Gois, l’humaniste et je n’hésiterais pas à suivre Armando l’Explorateur.
Un personnage passionnant dont on devrait parler davantage.
En fait, il pourrait facilement devenir le héros d’un roman historique!
Merci Armando pour ce magnifique documentaire sur « Damiao de Gois ».
C’est passionnant de s’intéresser à l’histoire!
Un grand monsieur de l’histoire portugaise beaucoup plus en avance pour son époque. Très beau documentaire sur le perssonage Damião de Góis. Merci Armando.
Les grandes figures de l’humanisme, je trouve émouvant que ces écrivains, ces penseurs aient été capables de prendre des risques important pour se rencontrer, partager leurs idées, leur savoir
J’aime cette idée d’une Europe de l’humanisme
un bien intéressant billet Armando, seul regret rien de traduit en français