Ici tu parles flamand!

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Aéroport de Zaventem. Matin du 29 avril. Exceptionnellement, tous les parkings sont pleins. Les travaux obligent la circulation sur une seule bande et il est quasi impossible de s’arrêter alors que mon amie Isa vient me chercher pour me ramener à la maison puisque je viens de rater mon avion.

Une agent de l’autorité nous adresse, d’une manière agressive, des mots qu’on ne comprend pas. On s’arrête pour la regarder. Elle se jette vers la portière dont elle veut forcer l’ouverture, comme si nous étions des voleurs qui venaient de braquer une banque.

Madame, dis-je, je ne comprends pas votre agressivité, on n’est pas des assassins ni des voleurs. Et puis si vous voulez avoir la gentillesse de nous parler en français, non on ne comprend pas le néerlandais.

L’agent continue à vociférer des mots en langue néerlandaise. Sans relâcher son agressivité.

J’insiste : Madame, on est des Portugais, on ne comprend pas le néerlandais, voulez-vous nous parler en français svp.

L’agent répond sèchement : « Ici, tu parles flamand !… »

Madame, il est inutile de tenir des propos racistes…

L’agent insiste, toujours avec la même agressivité : « Toi, dire moi raciste… Je vais noter ça. »

Je désiste… Apparemment, la haine linguistique dépasse les limites du bon sens et du cadre de ce que doit être le rôle d’un agent de l’autorité.

Si je prends en compte que l’aéroport de Zaventem est, d’une part, un lieu international de transit des quelques milliers de voyageurs et, d’autre part un lieu d’accueil et un premier contact avec le pays, pour tous ceux qui arrivent en Belgique, il ne serait pas normal qu’avant de s’adresser à tout citoyen, on lui demande dans quelle langue il veut (ou peut) s’exprimer?…

Ou est-ce que le but est de donner une image médiocre de ce pays à tous ceux qui arrivent dès lors arrivé ?

Probablement que c’est la nature accueillante des Portugais, où beaucoup de néerlandophones passent leur vacances, qui fait que je trouve choquante cette façon de s’adresser à des citoyens.  D’Europe ou d’ailleurs.

 

À propos de dubleudansmesnuages

Je laisserai vagabonder mon esprit nomade, sur le fil d'or de mes silences, pour vous parler des ces choses qui me maintiennent en équilibre. Je vous parlerai aussi des musiques que j'aime. Elles se promènent du Fado d'Amália, de Dulce Pontes, de Cristina Branco, de Mariza, jusqu'aux voix frissonantes de Diana Krall, de Stacey Kent, de Chiara Civello, de Karrin Allyson, de Stina Nordenstam, de Robin McKelle, de Sophie Milman, d'Emilie-Claire Barlow, et d'encore plein d'autres … Aznavour, Brel, Duteil, Art Mengo, Berliner, Cabrel, Balavoine, Julien Clerc, Fugain, Le Forestier, Goldman, Lama, Rapsat, Vassiliu, Daniel Seff, Peyrac et tous ceux que m’on fait aimer la chanson française. Je me perdrai certains soirs dans le paradis de la musique brésilienne : Eliane Elias, Astrud Gilbert, Gal Costa, Elis Regina, Bia, Bebel Gilberto, Maria Creuza, Nara Leão, Jobim, Vinicius, Buarque, Toquinho, Djavan … Il y aura des moments où je vous parlerai d'une des chansons de ceux que j'affectionne. Donovan, Leonard Cohen, The Doors, Tracy Chapman, The Scorpions, Dylan, Lennon ou McCartney (avec ou sans les Beatles), ou de voix d'or comme Sarah Brightman, Ana Torroja, ou Teresa Salgueiro. Puis, parfois, je me promènerai sans but précis entre Piazzolla et Lluis Llach, de Mayte Martin à Gigliolla Cinquetti ou Paolo Conte, de Chavella Vargas à Souad Massi en passant par Gabriel Yacoub. Parce que la musique n’a aucune frontière. La musique ne connait que des sensibilités. Des sonorités. Des larmes ou des sourires. Je vous déposerai ici l'une ou l'autre de mes photos. Les moins ratées. Je vous laisserai un peu de poésie. Des poètes portugais. Que j'aime. Infiniment. Et puis tous les autres dont les textes me touchent. Je ne vous parlerai que des gens que j’aime. Et puis un peu de moi. Si peu. Et puis, si j'ai le temps. Seulement si j'ai le temps, je vous parlerai d'autres choses. Plus intimes.
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15 réponses à Ici tu parles flamand!

  1. De Souza dit :

    Ah, então vamos também falar português, ora!!

  2. DANIELLE dit :

    Malheureusement a Zaventem il ne fait pas bon être francophone. J’habite a l’etranger lors de mon dernier voyage, mon taximen a recu un amende, ma famille a été dispersée dans l’avion lors du checkup, mon mari devant et moi derrière avec les enfants, alors que nous étions arrivés 3 heures a l’avance à l’aéroport. Lors du controle j’ai sonne a cause d’une pince a cheveux, lorsque je l’ai retiré je ne sonnais plus, malgré cela, la personne qui assurait la sécurité m’a soumise a une fouille qui faisait rire les autres passagers! Elle était à la limite du correctement décent! Cette experience est arivée il y a deux ans, malgré que je rentre 2 fois par an en Belgique je m’arrête a schipol où je loue une voiture, je refuse d’encore partir ou d’arriver de cet aeroport!

  3. le fruit vert dit :

    En cas de poursuite juridiques moi l’avocate flamande(!), je t’aiderai c’est promis! :-)

  4. Jonas dit :

    J’écoute parfois des histoires comme ceçi, tant du coté francophone que le néerlandophone. Et ça nous fait sentir très triste. C’est terrible en faite.

    Mais je suis sûre que se sont que des exceptions et que la majorité des gens en belgique ont du respect pour notres voisins (bruxellois, wallon, flamands,…)

    Au moins c’est ça que je vois souvent dans la rue: si quelqu’un pose une question, le Belge essaye a répondre en français si le personne parle français, néerlandais si le personne parle néerlandais, anglais …

    Mes excuses que mon français est aussi mauvais (je suis flamand).

  5. Benjamin dit :

    J’ai eu un souvenir différent (mais guère plus reluisant) à Bruges ou Gand, je ne me souviens plus, puisque j’ai visité les deux mêmes villes au cours d’un voyage.

    Demandant mon chemin dans la rue à un couple, je me suis vu opposer un refus de réponse très sec. Là dessus, la femme saisie d’un doute me demande, dans un français impeccable juste teinté d’un peu d’accent si je suis Français, ou Wallon. métant déclaré Français de Paris, ce couple s’est immédiatement mis en quatre pour me rendre service, allant jusqu’à m’accompagner un bout de chemin pour que je ne rate pas le petite passage tortueux qu’ils m’avaient indiqué. C’est là que je me suis dit que quelque chose ne tournait pas rond…

  6. Il est vrai qu’avec un tel accueil on hurle haro sur les Belges. Mais ici vous n’êtes plus vraiment en « Belgique » mais en Flandre nationaliste. Même si le cœur de Bruxelles n’est qu’à … 10 kilomètres.

    Il faut savoir que l’aéroport international de Bruxelles National (maintenant « Brussels Airport) est situé à Zaventem, en périphérie flamande là où l’intégrisme ethnico-linguistique flamand est le plus fort et le plus délirant. Tenez-vous bien, tout qui postule un emploi sur le site de l’aéroport doit passer un examen d’aptitude en néerlandais et c’est coulé en force de loi … régionale !

    La Belgique est au coeur de l’actualité depuis des mois. Son avenir est de plus en plus incertain et les évènements qui se succèdent n’augurent qu’une chose, la scission du pays, la fin du royaume de Belgique.

    Je ne cesse de parler de ce sujet sur mon blog. Si ça vous tente …

  7. Reine dit :

    Vive l’Europe des Lumières !!!

  8. Zef dit :

    Une mésaventure identique m’est arrivée. Mais j’aime la Belgique et c’est dommage qu’à cause d’un très petite nombre, un pays soit pointé du doigt.

    Dommage qu’on commence à avoir la crainte de sortir de la « zone francophone » de peur de se faire offenser… La politique y est pour beaucoup. Et dire qu’on est au coeur de l’Europe.

  9. isa dit :

    Il me vient parfois en mémoire « petit pays petit esprit ». Et pourtant j’ai tant et tant d’amitiés en Belgique. Deux deux côtés linguistiques.

  10. BRAZEX dit :

    Désolé pour mes amis belges mais leur pays a de moins en moins de Belgique et de plus en plus de « cons », et quand ces « cons » se trouvent dans une position de pouvoir comme cette femme policière à Zaventem, alors la ils se défoulent. La connerie n’a pas de pays ou de langue mais c’est vrai que ça devient de plus en plus pénible de vivre dans le capital de l’Europe.

  11. Denise dit :

    Et moi qui désirais tant visiter Bruxelles et d’autres villes de Belgique…mais où va t’on ?

    C’est bien tristounet la péripétie d’Armando !

  12. Lali dit :

    Je suis très touchée par cette histoire qui n’est pas sans me rappeler le SPEAK WHITE adressée aux francophones par les Canadiens de langue anglaise (lequel a inspiré un grand texte à la poète Michèle Lalonde).

    Détails ici :
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Speak_white

    La Belgique, tout comme le Canada, et je l’avoue avec tristesse, vit souvent au rythme de deux solitudes (terme qu’on doit à Hugh McLennan : http://www.thecanadianencyclopedia.com/index.cfm?PgNm=TCE&Params=F1ARTF0008183).

    Patrick Roegiers dans « Le mal du pays » (Points/Seuil) explore par moments cette forme de douleur, qui s’ajoute à son mal du pays, du fait qu’il vit en banlieue parisienne. Un excellent livre sur la (les) belgitude(s).


    Il n’en reste pas moins qu’un tel accueil dans un lieu qui est la porte d’entrée internationale d’un pays est pire que regrettable. Il ne s’agit plus d’ouverture mais de fermeture.

  13. saab dit :

    Oui c’est de pire en pire et les politiciens flamands ont une responsabilité dans cette état des lieux peu reluisant… je me demande encore de temps en temps ce que les francophones et autres nationalités vont devoir subir pour assouvir ce besoin de suprématie de la Flandre et de leur langue qui n’est en réalité qu’un patois (un peu comme le Wallon, le vrai Néerlandais est tout de même différent) et de ses habitants qui pensent en majorité que nous sommes des paresseux, des bons à rien qui se servent dans les caisses de l’Etat. Si on avait penser la même chose qu’eux dans les années 60′ ils ne seraient pas là ou ils en sont… un peu de modestie de leur part leur ferait du bien.

    Heureusement que tous les flamands ne sont pas les mêmes cependant les médias les influencent beaucoup…

  14. agnès dit :

    Non, ça change ! C’est pire ! Bien pire… Avant, c’était des particuliers, des commerçants qui refusaient de servir les francophones. De rares fonctionnaires aussi (je me souviens d’un employé de gare à Gand… Bouh !).
    Maintenant, c’est dès l’entrée, à l’accueil… Belgique, terre d’accueil ? ? ?
    J’ai mal à ma belgitude :-/

  15. Guess Who dit :

    Rien n’a changé … le seul pays au monde où je me suis fait mettre à la porte d’un café parce qu' »étranger » … c’était en 1976 à Anvers (oups pardon, Atwerpen…)

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