Le souvenir des choses

Je me souviens du froid glacial d’un bâtiment gris, à l’heure où quelques lambeaux de silence dansent encore dans l’indifférence du jour qui va naître.

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Je me souviens qu’on descendait par l’ascenseur jusqu’au sous-sol.

Et puis qu’au bout d’un long couloir triste et hostile suivait un autre long couloir, et puis, qu’on arrivait à une salle d’attente aussi gaie et accueillante que les longs couloirs qu’on venait de traverser.

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Je me souviens que Snoopy et Woodstock nous attendaient chaque matin et, il faut dire qu’il m’est arrivé de les saluer dans l’espoir qu’ils me répondent. 

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Je me souviens avoir pensé que Dieu est injuste.  Qu’il n’épargne pas les enfants d’aucune souffrance humaine.  Comment pourrais-je lui pardonner un jour?

Puis, on annonçait notre arrivée et on s’asseyait dans une de ces vieilles chaises en plastique colorées, où des centaines de gens s’étaient déjà assis avant nous, jusqu’à que l’infirmière vienne, avec une voix feutrée et un triste sourire humain : Mme, vous pouvez venir, la salle est prête

Et moi, je restais seul. Pour un temps indéfini, silencieux et perdu dans mes peurs et dans mes pensées… enfin, presque silencieux, puisque dans ma tête je me permettais quelque confidences et que je racontais les larmes de la nuit à mon ami le clown et à  sa fleur 

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qui se montraient condescendants à mon égard, pendant que le très espiègle Calvin faisait tout pour m’arracher un sourire. 

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Et il faut dire qu’il réussissait puisque quand elle revenait, je l’accueuillais avec un sourire.

Et je ne rentrais jamais sans faire un clin d’oeil à ce sacré Calvin, qui je crois, avait tout compris…

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Je vous avoue que je pense à eux parfois, et je me dis que ces amis et compagnons du silence ne raconteront jamais mes pensées. À personne. 

À propos de dubleudansmesnuages

Je laisserai vagabonder mon esprit nomade, sur le fil d'or de mes silences, pour vous parler des ces choses qui me maintiennent en équilibre. Je vous parlerai aussi des musiques que j'aime. Elles se promènent du Fado d'Amália, de Dulce Pontes, de Cristina Branco, de Mariza, jusqu'aux voix frissonantes de Diana Krall, de Stacey Kent, de Chiara Civello, de Karrin Allyson, de Stina Nordenstam, de Robin McKelle, de Sophie Milman, d'Emilie-Claire Barlow, et d'encore plein d'autres … Aznavour, Brel, Duteil, Art Mengo, Berliner, Cabrel, Balavoine, Julien Clerc, Fugain, Le Forestier, Goldman, Lama, Rapsat, Vassiliu, Daniel Seff, Peyrac et tous ceux que m’on fait aimer la chanson française. Je me perdrai certains soirs dans le paradis de la musique brésilienne : Eliane Elias, Astrud Gilbert, Gal Costa, Elis Regina, Bia, Bebel Gilberto, Maria Creuza, Nara Leão, Jobim, Vinicius, Buarque, Toquinho, Djavan … Il y aura des moments où je vous parlerai d'une des chansons de ceux que j'affectionne. Donovan, Leonard Cohen, The Doors, Tracy Chapman, The Scorpions, Dylan, Lennon ou McCartney (avec ou sans les Beatles), ou de voix d'or comme Sarah Brightman, Ana Torroja, ou Teresa Salgueiro. Puis, parfois, je me promènerai sans but précis entre Piazzolla et Lluis Llach, de Mayte Martin à Gigliolla Cinquetti ou Paolo Conte, de Chavella Vargas à Souad Massi en passant par Gabriel Yacoub. Parce que la musique n’a aucune frontière. La musique ne connait que des sensibilités. Des sonorités. Des larmes ou des sourires. Je vous déposerai ici l'une ou l'autre de mes photos. Les moins ratées. Je vous laisserai un peu de poésie. Des poètes portugais. Que j'aime. Infiniment. Et puis tous les autres dont les textes me touchent. Je ne vous parlerai que des gens que j’aime. Et puis un peu de moi. Si peu. Et puis, si j'ai le temps. Seulement si j'ai le temps, je vous parlerai d'autres choses. Plus intimes.
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Une réponse à Le souvenir des choses

  1. saab dit :

    Cela y est après avoir lu ton texte plus haut et celui-ci j’ai versé une larme… la vie est vraiment cruelle et je n’ai pas le courage de croire en Dieu et de me dire ensuite qu’il serait capable de laisser des enfants, des femmes ou des hommes endurer de telles souffrances, c’est au-delà de tout… cela me couppe le souffle… c’est juste insuportable…

    Ma mère travaille dans les services administratifs de l’hopital de la Citadelle à Liège et souvent j’y ai mis les pieds (surtout dans mon enfance après l’école pour… rechercher ma mère, cela ne s’invente pas) et j’ai de suite détester instinctivement l’univers de l’hopital et les médecins, ces derniers il est vrai font certainement de leur possible mais au bout d’un moment on est plus que des numéros (et des médecins j’en ai fréquenté…) ils vous regardent froidement, ne vous explique presque jamais rien pensant qu’il fait 10 ans d’études universitaire pour comprendre… je suis très déçue par le manque de chaleur humaine et d’humilité dont ils font souvent preuve mais bon je ne mets pas tout le monde dans le même sac mais tous ceux que j’ai rencontré depuis près de 30 ans ne m’ont jamais fait hélas bonne impression.

    Le photos illustrent bien la froideur et le manque de considération pour les patients et leur entourage, la seule chose que l’on veut une fois entré dans cet univers c’est d’en sortir pour une bouffée d’air frais. Je veux dire la prise en charge laisse souvent à désirer et au-delà de la maladie c’est un autre traumatisme pour le patient et son entourage qui ne se sentent que rarement pris en charge autant matériellement que psychologiquement.

    Maintenant j’espère que je ne suis pas trop longue mais en Belgique il existe réellement une médecine à double vitesse (l’image de la sécurité sociale soi-disant idyllique en Belgique va en prendre un sacré coup)et je ne rigole pas du tout : mon fiancé a souffert du talon d’achille et on a consulté 4 médecins et deviner quoi… c’est le médecin qui n’était pas conventionné qui a trouvé juste les autres se sont montrés évasifs, en-dessous de tout d’ailleurs les questions que je posais ne trouvaient jamais une réponse claire !!!! 4 médecins conventionnés : 0 (de plus l’un d’entre-eux avait même eu le toupet d’avancer que mon fiancé devrait porter des semelles spéciales toute sa vie…) et le médecin non conventionné (ses tarifs en plus étaient assez onéreux mais en deux scéances avec de la kiné le problème était réglé) : 1, qu’en dites vous ? Et ce n’est pas la première fois que cela m’arrive (j’ai vécuexactement eu le même problème avec la gynécologie et la dermatologie…).

    Bon voilà j’ai déversé mon fiel, je n’en pouvais plus… je pense qu’au vu des taxes que l’on verse à l’Etat on vaut mieux que cela ce n’est pas étonnant que les médecins soient débordés s’il faut en consulter 5 pour avoir une seule réponse adéquate et que les finances de la sécurité sociale souffrent ! Je suis pour le numérus clausus pour les étudiants en médecine pour une seule raison : je suis sure que le médecin non convetionné n’étais pas dans les derniers de sa classe : on sentait qu’il savait ce qu’il faisait et a toujours répondu correctement à mes questions, de plus il predn sur son temps et son argent pour se former continuellement.

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