Il y avait ce morceau de linge, égaré, solitaire, coincé entre le mur et la commode. En l’enlevant de sa cachette, il a révélé une odeur oubliée. Ton parfum. Toi. Et tout ce que ça implique.
Sur le coup, j’ai plongé le nez dedans. Ça m’a fait bizarre de te sentir tout près après tout ce temps. C’était presque aussi fort que les premiers papillons. Je me suis demandé comment tu allais. Si tu avais rencontré quelqu’un d’autre. Si tu l’aimais. Ce genre de curiosités qui ne sert à rien sauf torturer.
Et je me suis dis non. Je suis sortie de la chambre. J’ai tiré le morceau dans la laveuse. Et c’est l’eau savonneuse qui s’est chargée d’effacer la dernière trace de toi.
Lu dans :

C’est étrange, alors que j’étais persuadé d’avoir éloigné toute odeur de ta présence, voilà qu’elle est là. Encore. Si forte. Si présente. Lorsque que je ferme les yeux.
Comme une douce poursuite du temps où tout était plus simple. Je crois avoir souri malgré moi. J’ai presque eu envie de toucher à nouveau ta main et la porter à mes lèvres. la caresser, lentement, sur mon visage. M’imprégner une dernière fois de ton parfum avant de m’éloigner encore.
Au fond, pourquoi faut-il chercher à effacer ce que nous avons vécu. Il ne faut jamais rien effacer. C’est ainsi. Les choses sont pour toujours inscrites quelque par dans nos souvenirs même quand ont les croit effacées à jamais.
Et elles se réveillent quand on s’attend le moins. Un jour ou l’autre. Parce les souvenirs sont vivants. Parce que les souvenirs sont les pages vécues de notre histoire. Parce que les souvenirs, eux aussi, sont habités par les rires, les larmes et les odeurs.
Et la laveuse n’y pourra rien.
[ Suite par Armando Ribeiro ]
À propos de dubleudansmesnuages
Je laisserai vagabonder mon esprit nomade, sur le fil d'or de mes silences, pour vous parler des ces choses qui me maintiennent en équilibre.
Je vous parlerai aussi des musiques que j'aime. Elles se promènent du Fado d'Amália, de Dulce Pontes, de Cristina Branco, de Mariza, jusqu'aux voix frissonantes de Diana Krall, de Stacey Kent, de Chiara Civello, de Karrin Allyson, de Stina Nordenstam, de Robin McKelle, de Sophie Milman, d'Emilie-Claire Barlow, et d'encore plein d'autres …
Aznavour, Brel, Duteil, Art Mengo, Berliner, Cabrel, Balavoine, Julien Clerc, Fugain, Le Forestier, Goldman, Lama, Rapsat, Vassiliu, Daniel Seff, Peyrac et tous ceux que m’on fait aimer la chanson française.
Je me perdrai certains soirs dans le paradis de la musique brésilienne : Eliane Elias, Astrud Gilbert, Gal Costa, Elis Regina, Bia, Bebel Gilberto, Maria Creuza, Nara Leão, Jobim, Vinicius, Buarque, Toquinho, Djavan …
Il y aura des moments où je vous parlerai d'une des chansons de ceux que j'affectionne. Donovan, Leonard Cohen, The Doors, Tracy Chapman, The Scorpions, Dylan, Lennon ou McCartney (avec ou sans les Beatles), ou de voix d'or comme Sarah Brightman, Ana Torroja, ou Teresa Salgueiro.
Puis, parfois, je me promènerai sans but précis entre Piazzolla et Lluis Llach, de Mayte Martin à Gigliolla Cinquetti ou Paolo Conte, de Chavella Vargas à Souad Massi en passant par Gabriel Yacoub.
Parce que la musique n’a aucune frontière. La musique ne connait que des sensibilités. Des sonorités. Des larmes ou des sourires.
Je vous déposerai ici l'une ou l'autre de mes photos. Les moins ratées.
Je vous laisserai un peu de poésie. Des poètes portugais. Que j'aime. Infiniment. Et puis tous les autres dont les textes me touchent.
Je ne vous parlerai que des gens que j’aime. Et puis un peu de moi. Si peu.
Et puis, si j'ai le temps. Seulement si j'ai le temps, je vous parlerai d'autres choses. Plus intimes.
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Je me suis permis d’aviser l’auteure de « manger l’odeur » sur son blog.
J’aurais aimé qu’elle mette un commentaire ici, mais il est chez elle.
Je le transcris donc ici :
Ouiiiiiiiii j’avais vu ça hier. Je suis super touchée, vraiment! C’est la première fois que quelqu’un reprend un de mes textes. Mais il faut en prendre et en laisser, c’était à la base une histoire inventée 😉
(source : http://lafeedu9.blogspot.com/2008/04/manger-lodeur.html?showComment=1211896080000)
J’aime beaucoup qu’un texte qui est venu à nous nous inspire une suite. Et une très belle suite, de plus.
J’espère que l’auteure appréciera.
Tiens, ça me donne une idée…
On peut continuer les tiens?
Et pourtant… et pourtant, les souvenirs encombrent parfois. Ils nouent, ils paralysent, ils étouffent. Il faut trier les bons des moins bons et trouver, pour ces derniers, un côté positif… Sinon, on reste un embourbé !
Tu marches sur la pointe de ton âme
sur les éclats pillés
de ton histoire.
Quitte doucement ton inutile fatras
ce magma de trop plein de mémoire
de trop vif de trop grave.
Les souvenirs font partie de notre vie,
Le présent passe trop vite, (parfois on aimerait suspendre le présent)
L’avenir est là devant nous et nous glisse à l’oreille, faites des projets, pleins de beaux projets et apporter aux autres un peu de bonheur. Ainsi, ces autres personnes auront aussi des souvenirs. C’est un perpétuel recommencement.
C’est la vie.
La vie est souvenir,hier est déjà souvenir….
le présent dure si peut de temps.
Rien ne s’efface totalement…
Comme la vie serait triste si nous n’avions que du vide derrière nous,une vie sans passé……..sans souvenirs ,ce serait terrible !