La fille à l’aéroport

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Soleil pâle derrière les vitres de l’aéroport, à l’heure où les gens s’agitent pour un nouveau départ, vers des ailleurs tellement différents, qu’on n’ose à peine imaginer que le même horloge qui approche certains d’un hypothétique bonheur envoie d’autres vers la tristesse d’un départ.

Elle marchait accompagnée de ses larmes, indifférente aux rires, aux baisers, à l’agitation autour d’elle. Comme si pour elle, un chapitre de sa vie venait d’apposer quelques points de suspension et la laissait pendue au doute d’un nouveau chapitre qui allait s’écrire plus tard. Quand? Comment ?

Elle avait le sentiment d’avoir écrit les plus beaux levers de soleils de son existence. Elle qui n’aimait que le secret de la nuit qui la rassurait s’était vue vivre au grand jour. Le cœur accroché au regard de celui qui lui a appris les choses qu’elle ne connaissait que pour les avoir lues dans les livres.

La douce tendresse d’une caresse qui vous réveille pour vous demander si vous avez bien dormi. Un baiser matinal qui vous réveille à la vie comme dans les contes de fées d’un temps où les fées ne sortaient jamais des contes pour enfants.

Les promenades le long de la ville. Une ville ensoleillée où traîne partout l’écho des poètes qui ont semé des mots comme autant de fleurs dont leur parfum vous fait frissonner et vous enivre à jamais.

Ah, faut dire qu’elle a lu les poètes qui goûtent gourmandement les mots comme des fruits rares et juteux avant de les écrire.

Elle est certaine d’avoir vu la rivière lui sourire, comme une amie qu’on adopte sans trop savoir pourquoi. Elle est convaincue que les pêcheurs qui traînent tout au long de la rivière racontent de secrets à la mer qui les transporte ailleurs. Là où dorment les anciens marins, qui ont écrit dans les larmes et le sang, les plus belles pages de la découverte des nouveaux mondes.

Elle, qui n’avait jamais goûté à la tendresse ni à la douceur d’être aimée, a le sentiment que désormais elle allait avoir du mal à laisser sécher l’encre des souvenirs.

Elle marche dans l’aéroport. Vers sa destinée où elle sait que cette main qui lui caressait si tendrement le visage va la brûler de son absence.

Pour elle, tous les départs semblent désormais amers.

À propos de dubleudansmesnuages

Je laisserai vagabonder mon esprit nomade, sur le fil d'or de mes silences, pour vous parler des ces choses qui me maintiennent en équilibre. Je vous parlerai aussi des musiques que j'aime. Elles se promènent du Fado d'Amália, de Dulce Pontes, de Cristina Branco, de Mariza, jusqu'aux voix frissonantes de Diana Krall, de Stacey Kent, de Chiara Civello, de Karrin Allyson, de Stina Nordenstam, de Robin McKelle, de Sophie Milman, d'Emilie-Claire Barlow, et d'encore plein d'autres … Aznavour, Brel, Duteil, Art Mengo, Berliner, Cabrel, Balavoine, Julien Clerc, Fugain, Le Forestier, Goldman, Lama, Rapsat, Vassiliu, Daniel Seff, Peyrac et tous ceux que m’on fait aimer la chanson française. Je me perdrai certains soirs dans le paradis de la musique brésilienne : Eliane Elias, Astrud Gilbert, Gal Costa, Elis Regina, Bia, Bebel Gilberto, Maria Creuza, Nara Leão, Jobim, Vinicius, Buarque, Toquinho, Djavan … Il y aura des moments où je vous parlerai d'une des chansons de ceux que j'affectionne. Donovan, Leonard Cohen, The Doors, Tracy Chapman, The Scorpions, Dylan, Lennon ou McCartney (avec ou sans les Beatles), ou de voix d'or comme Sarah Brightman, Ana Torroja, ou Teresa Salgueiro. Puis, parfois, je me promènerai sans but précis entre Piazzolla et Lluis Llach, de Mayte Martin à Gigliolla Cinquetti ou Paolo Conte, de Chavella Vargas à Souad Massi en passant par Gabriel Yacoub. Parce que la musique n’a aucune frontière. La musique ne connait que des sensibilités. Des sonorités. Des larmes ou des sourires. Je vous déposerai ici l'une ou l'autre de mes photos. Les moins ratées. Je vous laisserai un peu de poésie. Des poètes portugais. Que j'aime. Infiniment. Et puis tous les autres dont les textes me touchent. Je ne vous parlerai que des gens que j’aime. Et puis un peu de moi. Si peu. Et puis, si j'ai le temps. Seulement si j'ai le temps, je vous parlerai d'autres choses. Plus intimes.
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5 réponses à La fille à l’aéroport

  1. Zef dit :

    « Ah, faut dire qu’elle a lu les poètes qui goûtent gourmandement les mots comme des fruits rares et juteux avant de les écrire. »

    J’en connais une exactement comme cela.
    Et elle pleure aussi dans les aéroports…

    Tu es un merveilleux « regardeur » et tu transmets les choses en toute simplicité, ce qui les rend encore plus savoureuses…
    Merci pour ton regard et ta plume.

  2. agnès dit :

    Ton texte remue un tas de souvenirs en moi… le jour où j’ai laissé -celui qui est devenu mon compagnon- l’homme que j’aimais partir seul en Afrique pour 10 mois.
    Mais la fin fut heureuse, puisque les années suivantes, nous étions 2 à monter dans l’avion !

    Merci Armando !

  3. Denise dit :

    Ton texte est plein d’émotions et me ravi.

    Très beau choix de toile.

  4. capucine dit :

    Des mots tellement vivants…
    Superbe texte,ou l’émotion est au rendez-vous.

  5. Am dit :

    Magnifiques mots, vous avez une plume extraordinaire…

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