Le Pentateuque de Samuel Gacon

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Le Pentateuque, (aussi appelé les cinq livres de Moise) qui raconte l’histoire mythique du peuple d’Israël dès la création du monde jusqu’à la disparition de Moise, a été le premier livre imprimé au Portugal.  Dans la petite ville de Faro, plus précisément.

C’est en effet dans cette ville que Samuel Gacon, un éditeur juif, a ouvert la première imprimerie du Portugal. Faut savoir qu’à cette époque d’importantes communautés juives étaient implantées au Portugal, notamment à Lisbonne, Leiria et Faro.

Selon les traces laissées par l’histoire, le Pentateuque, entièrement écrit en hébreu, aurait été achevé en 1487, une cinquantaine d’années après l’invention de Gutenberg dont il a suivi la même logique commerciale en imprimant le livre qui aurait le plus grand impact à l’intérieur de sa propre communauté. D’ailleurs, il serait le premier de quelques publications en hébreu qui sont apparues par la suite.

Une centaine d’années plus tard, alors que le Portugal est un pays laissé dans le désarroi, suite à la bataille des trois rois et la soumission à Philippe d’Espagne, la paisible et sans défense ville de Faro va faire objet d’un pillage sanguinaire par le playboy de la reine Élisabeth Ière, le comte d’Essex, qui prend d’assaut la cathédrale de Faro en 1596, et vole l’argenterie, d’innombrables objets de valeur et 3000 ouvrages d’une valeur inestimable parmi lesquels le Pentateuque de Samuel Gacon.

Après le saccage, il met feu à la cathédrale, laissant derrière lui le chaos et le désarroi.

De retour en Angleterre, il remet le butin à son ami Sir Thomas Bodley (Bodleian Library of Oxford), qui a pu ainsi, avec le fruit d’autres butins, enrichir la très prestigieuse bibliothèque d’Oxford.

Ces livres volés au Portugal, (en dépit de l’alliance lusobritannique signée en 1386 — The Treaty of Windsor, do you remember?) intègrent une des cinq plus grandes bibliothèques historiques du Royaume-Uni, faisant la fierté d’un envahisseur sans scrupules anglais en terres pacifiques du Portugal.

Des associations se battent pour la dévolution des ces œuvres volées, sans aucun succès jusqu’à présent.

Je fais partie de ceux qui rêvent, qu’un jour, une vraie Europe qui respecte sa mémoire et ses identités culturelles, soit capable d’exiger aux états voyous et tout-puissants de retourner les œuvres là où on les a pillées.

À propos de dubleudansmesnuages

Je laisserai vagabonder mon esprit nomade, sur le fil d'or de mes silences, pour vous parler des ces choses qui me maintiennent en équilibre. Je vous parlerai aussi des musiques que j'aime. Elles se promènent du Fado d'Amália, de Dulce Pontes, de Cristina Branco, de Mariza, jusqu'aux voix frissonantes de Diana Krall, de Stacey Kent, de Chiara Civello, de Karrin Allyson, de Stina Nordenstam, de Robin McKelle, de Sophie Milman, d'Emilie-Claire Barlow, et d'encore plein d'autres … Aznavour, Brel, Duteil, Art Mengo, Berliner, Cabrel, Balavoine, Julien Clerc, Fugain, Le Forestier, Goldman, Lama, Rapsat, Vassiliu, Daniel Seff, Peyrac et tous ceux que m’on fait aimer la chanson française. Je me perdrai certains soirs dans le paradis de la musique brésilienne : Eliane Elias, Astrud Gilbert, Gal Costa, Elis Regina, Bia, Bebel Gilberto, Maria Creuza, Nara Leão, Jobim, Vinicius, Buarque, Toquinho, Djavan … Il y aura des moments où je vous parlerai d'une des chansons de ceux que j'affectionne. Donovan, Leonard Cohen, The Doors, Tracy Chapman, The Scorpions, Dylan, Lennon ou McCartney (avec ou sans les Beatles), ou de voix d'or comme Sarah Brightman, Ana Torroja, ou Teresa Salgueiro. Puis, parfois, je me promènerai sans but précis entre Piazzolla et Lluis Llach, de Mayte Martin à Gigliolla Cinquetti ou Paolo Conte, de Chavella Vargas à Souad Massi en passant par Gabriel Yacoub. Parce que la musique n’a aucune frontière. La musique ne connait que des sensibilités. Des sonorités. Des larmes ou des sourires. Je vous déposerai ici l'une ou l'autre de mes photos. Les moins ratées. Je vous laisserai un peu de poésie. Des poètes portugais. Que j'aime. Infiniment. Et puis tous les autres dont les textes me touchent. Je ne vous parlerai que des gens que j’aime. Et puis un peu de moi. Si peu. Et puis, si j'ai le temps. Seulement si j'ai le temps, je vous parlerai d'autres choses. Plus intimes.
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8 réponses à Le Pentateuque de Samuel Gacon

  1. chantal dit :

    Espérons que la raison l’emportera ! Restituer ce livre permettrait aux portugais de recouvrer une partie de leur identité et leur mémoire. L’idée de Lali est excellente !

  2. Lali dit :

    Pourquoi en effet ne rend-on pas au Portugal ce livre alors que pourrait être exposé à Londres un facsimilé?

  3. BRAZEX dit :

    Nos amis anglais nous on volée pendant des siècles mais on les aime quand même….chez eux!

  4. Denise dit :

    Tes « Mercredis au Portugal » sont très enrichissants. L’histoire de ton pays est fascinante!
    Ton rêve comme le nôtre me semble bien éteint… Comme c’est dommage!

    Merci Armando pour ton récit fort intéressant!

  5. Tania dit :

    Très intéressant !

  6. Dominique dit :

    Armando tu as l’intention de donner du travail aux architectes pour les 100 prochaines années !
    d’un côté il faudra construire des musées pour y présenter les oeuvres restituées et de l’autre reconvertir des bâtiments vidés de leur contenu
    Le louvre sans les salles égyptiennes, sans tableaux italiens, sans sculptures grecques …………on pourrait diminuer le prix du ticket par 2
    voilà un truc à ajouter sur les programme des prochaines élections européennes :-)

  7. Lautreje dit :

    Démarche juste et loyale ! Merci Armando de nous raconter l’histoire.

  8. sylvie dit :

    Encore une belle manière de transmettre du savoir Armando. Merci.
    Je serais comme toi à espèrer…Mais j’ai bien peur qu’aujourd’hui, avec les mentalités mercantiles qui règnent cela soit de la pure utopie!

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