Carte blanche à… JC [Jean-Claude] – 2ème partie

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= Dis papa, c’est quoi une maîtresse ?
= Quand tu es marié, c’est la femme dont tu te dis qu’elle aurait été la femme idéale.
= Alors il faut divorcer et l’épouser.
=Ah non ! Sinon elle ne serait plus une maîtresse et tu t’apercevrais rapidement que ta première femme pourrait être une maîtresse idéale.

= Dis papa, c’est quoi l’adultère ?
= Oh là mon vieux, tu apprendras très vite ! Par contre ne me demande pas ce qu’est la fidélité. J’ai complètement oublié la définition et je n’ai pas d’exemple sous les yeux à te soumettre.

= Dis papa, c’est quoi l’amitié ?
= Ce qu’il y a de plus beau mon fils, de plus beau. C’est savoir écouter, consoler. C’est être écouté, consolé. C’est pouvoir compter l’un sur l’autre.
= Mais dis papa, pour moi ce serait plutôt la définition de l’amour, non ?
= Ce devrait l’être mon fils, mais l’amour est composé de deux moitiés, alors que l’amitié, c’est entier.

= Dis papa, tu crois que ce que tu me dis me servira à quelque chose ?
= Oh non, mon fils ! Heureusement. D’abord tu es déjà persuadé que j’ai tort et tu as raison. Ensuite, je suis sûr que tu es plus fort que moi. Toi, tu réussiras tout. Travail, argent, amour, amitié. Et un jour tu en donneras la recette à ton fils… qui ne te croira pas non plus. Mais c’est cela la beauté de la vie.

= Dis papa, pourquoi les autres ils s’occupent de nos affaires?
= Pour voir si on a les mêmes problèmes qu’eux, et surtout pour se consoler, si les nôtres sont plus graves.

= Dis papa, pourquoi cherche-t-on sans arrêt à prouver aux gens qu’ils ont tort, alors que la plupart du temps, ils ont au moins « leur » raison ?
= C’est la hiérarchie mon fils. Le chef a toujours raison. Sois un chef, même s’il faut être con pour le devenir. Et, je t’en prie mon fils, sois très con.
= Mais papa, même si tu n’es pas chef, tu peux avoir d’excellentes idées.
= Oui mon fils, mais il ne faut pas les avoir avant le chef. Offre tes idées au chef en lui faisant croire qu’elles sont de lui et tu deviendras chef. Après, prends celles de ceux qui ne le seront jamais.

= Dis papa, c’est quoi le communisme ?
= Un livre mon fils qui n’a de capital que le titre.

= Dis papa, c’est quoi le front national ?
= Je préfère ne pas t’en parler. Moi qui ne suis pas raciste, je serai capable de le devenir vis-à-vis de ces gens là !

= Dis papa, il y a des gens qui boivent même lorsqu’ils n’ont pas soif. Tu peux m’expliquer ?
= C’est difficile, mon fils, c’est difficile.
Tu sais, je crois que cela arrive lorsque l’on cherche à fuir les réalités de la vie, et, comme il y a fuite, plus on boit, moins cela se remplit !

= Dis papa, il y a des gens qui se droguent, pourquoi ?
= La plupart du temps pour les mêmes raisons que ceux qui boivent. Ceux de ma génération qui sont alcooliques ont eu la chance de ne pas connaître la drogue. Mais le résultat est le même.
L’alcool efface passagèrement, pour une heure ou deux, les soucis de toute nature.
Avec la drogue, on atteint, paraît-il, un état de rêve, de jouissance tel que l’on se prend pour le roi du monde.
Et dans les deux cas, à un moment ou à un autre, on se réveille… quand on le peut ! N’importe comment, nous, alcooliques, eux drogués, nous présentons cela comme un stimulant, jusqu’au jour où nous nous apercevons que nous avons besoin d’être stimulés sans cesse. Alors toutes les excuses nous sont bonnes, et la vie, lorsque nous en parlons, n’est à nos yeux que laideur et injustice. Mais ce n’est pas vrai. Ne bois que lorsque tu as soif, mon fils.

= Dis papa, c’est quoi l’utopie ?
= La vie, mon fils, la vie telle qu’on la voudrait. Tu veux que je te dise mon utopie à moi ? Réussir à être heureux, sans être esclave de l’argent. Je t’assure que c’est la plus belle des utopies.

= Dis papa, c’est quoi le crédit ?
= Le crédit, c’est croire. Enfin, une nuance tout de même, c’est lorsque les autres croient en toi.

= Dis papa, c’est quoi le débit ?
= Ah ! Ca c’est lorsque plus personne ne croit en toi. Et si le débit est trop fort, tu coules !

= Dis papa, tu crois que je serai heureux ?
= Certainement mon fils. D’abord chacun fait son bonheur comme il l’entend et tu n’es pas sourd que je sache !

= Dis Frank, tu m’aimes quand même ?
= Oh oui !
= Ah bon ! Tu me rassures.

= Dis papa, c’est quoi la jalousie ?
= Cela vient quand tu te rends compte que tu n’es pas capable de garder pour toi seul ce que tu aimes le plus au monde. Ceci dans un premier temps si l’on parle de l’amour.
Cela vient dans un deuxième stade, lorsque tu te rends compte que tu n’as pas la dialectique nécessaire à contrer celui qui t’avance des propos que tu sais pertinemment faux.
Cela vient ensuite lorsque tu vois quelqu’un qui n’a pas réussi mais qui est plus heureux que toi, ou bien lorsque tu vois quelqu’un qui a réussi, alors qu’il n’a, à ton avis, nullement les capacités requises.
La jalousie, c’est ne pas savoir vieillir.
La jalousie c’est se dire que la chance ne sourit qu’aux autres.
Alors, je vais te dire, mon fils, ne sois pas jaloux, ou alors, sois-le, mais de toi…

Dis papa, c’est quoi le rêve ?
= Le rêve, mon fils, c’est ce que tu fais en ce moment. C’est idéaliser quelqu’un, en pensant qu’il a réponse à tout, alors que ton père, mon fils n’est qu’un homme, ou du moins, essaye-t-il de l’être. Mais je t’en supplie, mon fils, ne te réveille pas encore !

= Dis mon fils, c’est quoi pour toi l’amour ?
= C’est se sentir bien, à deux, sans s’engueuler.
= Tu crois que ça existe ?
= Oui, en tous cas, je vais essayer de ne pas vous imiter.

= Dis mon fils, tu auras des enfants ?
= Oui, mais j’essaierai de ne pas les quitter.

= Dis mon fils, seras-tu un bon papa ?
= Oui, du moment que je serai là.

= Dis mon fils, c’est quoi pour toi le bonheur ?
= C’est être tous ensemble.

= Dis mon fils, tu pourras un jour me pardonner ?
= C’est fait mon père, ce qui est fait est fait.

= Donc mon fils, tu m’aimes quand même ?
= Oh oui !
= Ah bon ! Tu me rassures.

= Dis mon fils, tu ne m’en veux pas d’avoir parlé pour toi ?
= Non papa, je n’aurais jamais osé écrire tout cela. »

À propos de dubleudansmesnuages

Je laisserai vagabonder mon esprit nomade, sur le fil d'or de mes silences, pour vous parler des ces choses qui me maintiennent en équilibre. Je vous parlerai aussi des musiques que j'aime. Elles se promènent du Fado d'Amália, de Dulce Pontes, de Cristina Branco, de Mariza, jusqu'aux voix frissonantes de Diana Krall, de Stacey Kent, de Chiara Civello, de Karrin Allyson, de Stina Nordenstam, de Robin McKelle, de Sophie Milman, d'Emilie-Claire Barlow, et d'encore plein d'autres … Aznavour, Brel, Duteil, Art Mengo, Berliner, Cabrel, Balavoine, Julien Clerc, Fugain, Le Forestier, Goldman, Lama, Rapsat, Vassiliu, Daniel Seff, Peyrac et tous ceux que m’on fait aimer la chanson française. Je me perdrai certains soirs dans le paradis de la musique brésilienne : Eliane Elias, Astrud Gilbert, Gal Costa, Elis Regina, Bia, Bebel Gilberto, Maria Creuza, Nara Leão, Jobim, Vinicius, Buarque, Toquinho, Djavan … Il y aura des moments où je vous parlerai d'une des chansons de ceux que j'affectionne. Donovan, Leonard Cohen, The Doors, Tracy Chapman, The Scorpions, Dylan, Lennon ou McCartney (avec ou sans les Beatles), ou de voix d'or comme Sarah Brightman, Ana Torroja, ou Teresa Salgueiro. Puis, parfois, je me promènerai sans but précis entre Piazzolla et Lluis Llach, de Mayte Martin à Gigliolla Cinquetti ou Paolo Conte, de Chavella Vargas à Souad Massi en passant par Gabriel Yacoub. Parce que la musique n’a aucune frontière. La musique ne connait que des sensibilités. Des sonorités. Des larmes ou des sourires. Je vous déposerai ici l'une ou l'autre de mes photos. Les moins ratées. Je vous laisserai un peu de poésie. Des poètes portugais. Que j'aime. Infiniment. Et puis tous les autres dont les textes me touchent. Je ne vous parlerai que des gens que j’aime. Et puis un peu de moi. Si peu. Et puis, si j'ai le temps. Seulement si j'ai le temps, je vous parlerai d'autres choses. Plus intimes.
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10 réponses à Carte blanche à… JC [Jean-Claude] – 2ème partie

  1. JC dit :

    Merci Agnès
    J’ai apprécié « Poème à crier »

  2. Denise dit :

    De tout coeur Marcel, je vous souhaite un prompt rétablissement avec toutes mes amitiés.

  3. agnès dit :

    J’aime rire et ton humour JC me fait rire. Merci !

    Un humour plein de sagesse… :-)

  4. JC dit :

    Merci à vous tous et rapide guérison pour Marcel

  5. Lilas dit :

    Tous mes souhaits de rapide rétablissement à Marcel
    Amitié à lui

  6. Je me suis régalé à lire en « avant-première » ce texte que j’ai beaucoup aimé et que je suis ravi que cela vous plaise aussi.

    Je voudrais tout de même vous dire que Marcel ne vient pas vous saluer, parce qu’il est malade. Comme un chien, a-t-il précisé.

    J’en ai déduit qu’il était malade comme un chien…. malade.

  7. Denise dit :

    C’est un moment merveilleux Jean-Claude. Des mots tellement vrais, justes et des réponses franches, sans détour.

    Merci pour ce très beau texte !

  8. isa dit :

    Bon moment de philosophie, rien que des vrais
    Félicitation pour ton texte

  9. Lilas dit :

    Ce fils a beaucoup de chance d’avoir un tel papa.
    Des réponses si fines et pleines de bon-sens.
    Merci pour ce grand moment de lecture et de sagesse.

  10. saab dit :

    Quel moment délicieux de te lire, tu as toujours les mots et les répliques justes et philisophes. merci encore de ce moment exquis !

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