Où la langue n’est point parlée,
Le peuple n’a point d’existence.
[Guido Gezelle]
[Photo : Dominiq]
C’est aujourd’hui la Journée européenne des langues, comme nous rappelle le site de la Commission européenne, Education et formation. Mais ne vous laissez pas leurrer. Malgré le joli habillage de présentation en français, si votre enthousiasme curieux cherche à consulter le guide (qui vous aidera à débuter), la brochure ou encore le guide d’apprentissage de langues, vous n’aurez d’autre choix que de vous soumettre à la langue anglaise.
Nous assistons tous avec passivité à la mise à mort des langues européennes (c’est à dire de la culture), puisqu’inévitablement on donne aux citoyens la possibilité d’avoir accès à la documentation soit en anglais ou alors en anglais, dans un mépris total du droit d’accès à l’information dans sa langue maternelle.
Ce qui revient à dire que les citoyens ne sont pas égaux en droits. Nous sommes bien dans une Europe intolérante, qui ne respecte pas un des droits les plus élémentaires des citoyens, qui est celui d’avoir le choix (ou pas) d’accès à l’information dans sa propre langue.
Le problème n’est pas de savoir si l’anglais est la langue au travail dans les hauts lieux de Bruxelles. Le problème est de ne plus permettre l’accès à l’information à tous ceux pour qui l’anglais n’est pas une langue familière, et qu’on veut réduire ainsi à une bande d’illettrés.
Bien sûr que je pointe du doigt et que je désigne comme coupables les gouvernements des États membres de participer à cette mise à mort de leur propre culture. Des présidents d’ailleurs se livrent au ridicule exercice de s’exprimer dans la langue de Shakespeare (un tour sur Youtube vous fera bien rigoler), alors qu’ils devraient, par respect des citoyens qui les ont élus et qu’ils sont supposés représenter, s’exprimer dans leur langue. Je ne parle même pas des politiciens et journalistes qui s’expriment à la télévision française, avec des mots comme planning, coaching, challenge, booster l’économie…
Il est curieux encore de noter que 2008 à été déclaré par l’Unesco l’Année Internationale des Langues.
Journée européenne des langues?…
Really?… Are you sure?… You are joking.

Ce texte sur la langue portugaise est un régal
tout autant que la chanson: « La langue de chez nous » d’Yves Duteil!
Merci pour ce lien Armando!
« C’est une langue belle avec des mots superbes
Qui porte son histoire à travers ses accents »
(La langue de chez nous Yves Duteil 1985)
Phrases qui vont si bien, quel que soit le pays…
Très touché par votre passage ainsi que par le texte déposé. Le portugais est ma langue maternelle. Et le texte de Vergilio Ferreira que je connais bien entendu me touche bien évidement.
Merci.
Je n’ai pas la traduction de ce texte et donc j’ose une traduction hasardeuse pour les amis du bleu, dans l’espoir de ne pas trop dire de bêtises:
Une langue c’est le lieu d’où on voit le monde et où on dessine les limites de notre réflexion et de nos sensations. De ma langue je vois la mer.
De ma langue on écoute sa rumeur, comme dans celle des autres on entendra celui de la fôret ou le silence du désert. C’est pour cela que la voix de la mer à été celle de notre inquétude.
et puis un texte très joli sur la langue portugaise (avec traduction en français)
http://www.arara.fr/ACSEMBLANO.html
Merci encore
Merci pour l’info, je suis prof de langue et je ne le savais même pas !
Voici un très beau poème de Vergilio Ferreira sur la langue portugaise. Je crois que vous connaissez le portugais ? Sinon, j’ai la traduction dans mes coffres…
« Uma lingua é o lugar donde se vê o Mundo
e em que se traçam os limites do nosso
pensar e sentir. Da minha lingua vê-se o mar.
Da minha lingua ouve-se o seu rumor,
como da de outros se ouvira o da floresta
ou o silêncio do deserto. Por isso a voz do
mar foi a da nossa inquietaçao. »
Comme dit Flairjoy, nous sommes toujours debout et notre langue aussi!
Il nous faut tous tenir bon et refuser de nous plier!
Nous vivons dans un monde dans lequel si nous ne parlons pas au moins quatre langues, nous sommes un peu mal vu !
Pour ma part, je garde encore les quelques mots allemands que j’avais appris à 17 ans dans une famille à Francfort et l’anglais, je n’ai pas eu l’occasion de l’apprendre. Parfois, je regrette mais c’est ainsi.
Je continue donc avec le français.
Youhou!
Ici une québécoise de langue française noyée dans l’océan anglophone d’Amérique du Nord!
Il est possible de tenir le coup!
Nous sommes encore vivants et notre langue aussi!
Vive la multiplicité des cultures et des langues , c’est une richesse pour la terre entière!
Faites que vos langues respectives et vos cultures ne soient jamais en voie de disparition. Ce serait une perte irréparable pour l’humanité.
Tu as raison Mandocas, on est envahis par la langue anglaise, c’est une honte.
Cette année il y a eu un rencontre entre étudiants belge (flamands, vallons et bruxellois) : devine quelle était la langue que parler entre eux ces jeunes BELGES : oui en anglais malgré les deux langue du pays. Comme je ne veux pas perdre ma culture : desejo-vos a todos um excelente dia. OBRIGADO
Hello, Armando ! A good information ! Entendue à la radio, je résume :
« Les petits Français ont fait des progrès en AN-GLAIS et arrivent à un niveau honorable… » Un regret : « On tient trop compte, en France, de la grammaire et de la littérature au lieu de privilégier la com-mu-ni-ca-tion, les fautes ne sont pas graves, du moment que l’on peut s’exprimer et se faire comprendre… »
Je ne sais pas ce qui se passe pour les autres langues mais cela n’a pas d’importance !!!
Et puisque littérature et grammaire comptent pour du petit beurre :
Je contente vraiment nouvelle suis vous cette pas de ?
Marque voiture Sha-qui-expire est une ?
Vous avez compris ? Petits malins, avouez tout !
Je suis sûre que deux fois relu avez vous !!
Grrr… Grr… C’est où la manif’ ?
J’ai dit « Où », je n’ai pas dit « Where.. » !