L’enfant a regardé l’immensité du ciel bleu et puis il a déchiré de ses propres mains l’horizon. Il a regardé à l’intérieur de cette partie du monde où seuls certains êtres peuvent aller.
Là, il a mis toutes ces choses encombrantes, puantes, qui n’intéressent personne et ne font qu’amuser les sots. Il a mis tous leurs mots larvés de haine et de mépris. Ces mots qui blessent inutilement. Par vanité. Il a mis tous ces noms de tous ces morts, dont on n’a pas jamais voulu se défaire parce qu’on les croyait encore vivants. Juste un peu. Comme s’il voulait remplir un monde rien qu’avec des médiocres, des lâches,
Puis, il a recollé les deux morceaux de l’horizon et il a de nouveau fermé le ciel, sans plaie ni blessure.
L’enfant m’a regardé et il m’a souri avant de me murmurer les mots de Sénèque : Il n’est pas bon de tout voir et de tout entendre. Fermons les yeux sur bien des offenses: la plupart ne nous atteignent pas parce qu’on les ignore.
Le ciel est devenu lisse. L’eau de la mer claire et propre. Une vague aux cheveux blancs est venue me saluer. C’était l’enfant.


Je crois que je connais l’enfant.
Alors, je dis à Agnès : c’est vrai.
Très beau… et si c’était vrai ?
Superbe