L’humour visuel au Québec

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L’humour a sûrement une grande place dans la résistance farouche des Québécois aux tentatives d’assimilation soit de la part du Canada anglais, soit de la part de leurs voisins du Sud, les Américains. Assimilation pas seulement politique mais aussi culturelle. On verra comment, tel le petit village gaulois bien connu, le Québec a su résister tout au long de son histoire aux envahisseurs de tous horizons, aidé en cela par plusieurs formes d’humour visuel typique où les gens se plaisent à se retrouver mais aussi à se définir. Comme plusieurs petites nations, le Québec aime rire en famille. En fait, l’humour visuel québécois — on parle ici de caricatures, de dessins d’humour, d’histoires en images, puis de bandes dessinées et d’animation soit en dessin, soit par ordinateur — l’humour visuel québécois, donc se distingue par trois grandes tendances. Qui expliquent sa vigueur et son rayonnement.

Tout d’abord, une constante, c’est un humour engagé. Un humour qui parle fort et prend position dans tous les grands débats. Puis, c’est un humour grand public. Ces deux tendances ne vont pas toujours ensemble, souvent même, s’affrontent. Dans certains pays, l’humour engagé est peu diffusé, soit par crainte des représailles, soit tout simplement, parce qu’il s’adresse à un public limité. Enfin, les cartoonistes depuis les tous débuts vont allègrement d’un langage à l’autre, sautant de la caricature à la BD, du dessin d’humour à l’animation, se situant souvent à l’avant-garde des innovations techniques.

Au départ, les Canadiens français subissent trois influences majeures : anglaises, françaises et américaines. Les premières caricatures connues (1) produites en sol québécois sont l’œuvre d’un jeune lieutenant anglais, George Townsend, caricaturiste à Londres avant la guerre de conquête, qui s’adonnait à ce passe-temps pendant le siège de Québec en 1759 aux côtés du général Wolfe. La bataille des Plaines d’Abraham, celle qui fit perdre la Nouvelle-France à la France, est curieusement évoquée par les moqueries désobligeantes de Townsend envers son supérieur. Dans la caricature « Cherchez la femme , Searching for spies », le jeune (il a 25 ans !) Wolfe se penche avec dédain vers les sièges d’aisance dans un pas de ballet gracieux en regardant à travers sa lunette d’approche, un mouchoir parfumé à la main, en disant dans une bulle au français élégant : « Évidemment, les espions puants sont ici ! Plus de trahison ! Et puis, une dame ! » Le jeune Townsend était certainement au fait des estampes caricaturales du graveur anglais Hogarth (1697-1764).

 

[à suivre]

À propos de dubleudansmesnuages

Je laisserai vagabonder mon esprit nomade, sur le fil d'or de mes silences, pour vous parler des ces choses qui me maintiennent en équilibre. Je vous parlerai aussi des musiques que j'aime. Elles se promènent du Fado d'Amália, de Dulce Pontes, de Cristina Branco, de Mariza, jusqu'aux voix frissonantes de Diana Krall, de Stacey Kent, de Chiara Civello, de Karrin Allyson, de Stina Nordenstam, de Robin McKelle, de Sophie Milman, d'Emilie-Claire Barlow, et d'encore plein d'autres … Aznavour, Brel, Duteil, Art Mengo, Berliner, Cabrel, Balavoine, Julien Clerc, Fugain, Le Forestier, Goldman, Lama, Rapsat, Vassiliu, Daniel Seff, Peyrac et tous ceux que m’on fait aimer la chanson française. Je me perdrai certains soirs dans le paradis de la musique brésilienne : Eliane Elias, Astrud Gilbert, Gal Costa, Elis Regina, Bia, Bebel Gilberto, Maria Creuza, Nara Leão, Jobim, Vinicius, Buarque, Toquinho, Djavan … Il y aura des moments où je vous parlerai d'une des chansons de ceux que j'affectionne. Donovan, Leonard Cohen, The Doors, Tracy Chapman, The Scorpions, Dylan, Lennon ou McCartney (avec ou sans les Beatles), ou de voix d'or comme Sarah Brightman, Ana Torroja, ou Teresa Salgueiro. Puis, parfois, je me promènerai sans but précis entre Piazzolla et Lluis Llach, de Mayte Martin à Gigliolla Cinquetti ou Paolo Conte, de Chavella Vargas à Souad Massi en passant par Gabriel Yacoub. Parce que la musique n’a aucune frontière. La musique ne connait que des sensibilités. Des sonorités. Des larmes ou des sourires. Je vous déposerai ici l'une ou l'autre de mes photos. Les moins ratées. Je vous laisserai un peu de poésie. Des poètes portugais. Que j'aime. Infiniment. Et puis tous les autres dont les textes me touchent. Je ne vous parlerai que des gens que j’aime. Et puis un peu de moi. Si peu. Et puis, si j'ai le temps. Seulement si j'ai le temps, je vous parlerai d'autres choses. Plus intimes.
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Une réponse à L’humour visuel au Québec

  1. Olivier SC dit :

    Un Super-Heroes que je ne connaissais pas 😉

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