Si quelquefois je dis que les fleurs sourient…

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Fernando Pessoa

 

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Si quelquefois je dis que les fleurs sourient,
Et si je dis que les rivières chantent,
Ce n’est pas parce que je crois qu’il y a des sourires dans les fleurs
Et des chants dans le cours des rivières…
C’est parce qu’ainsi je fais sentir davantage aux hommes faux
L’existence véritablement réelle des fleurs et des rivières.

Puisque j’écris pour qu’ils me lisent je me sacrifie parfois
À la stupidité de leurs sens…
Je suis en désaccord avec moi même, mais je m’absous,
Parce que je ne suis que cette chose sérieuse, un interprète de la Nature,
Parce qu’il y a des hommes qui ne comprennent pas son langage,
Étant donné qu’elle n’est pas un langage.

 

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Se às vezes digo que as flores sorriem
E se eu disser que os rios cantam,
Não é porque eu julgue que há sorrisos nas flores
E cantos no correr dos rios…
É porque assim faço mais sentir aos homens falsos
A existência verdadeiramente real das flores e dos rios.

Porque escrevo para eles me lerem sacrifico-me às vezes
À sua estupidez de sentidos…
Não concordo comigo mas absolvo-me,
Porque só sou essa cousa séria, um intérprete da Natureza,
Porque há homens que não percebem a sua linguagem,
Por ela não ser linguagem nenhuma.

 

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If sometimes I say that flowers smile
And if I should say that rivers sing,
It’s not because I think there are smiles in flowers
And songs in the rivers’ flowing…
It’s so I can help misguided men
Feel the truly real existence of flowers and rivers.

Since I write for them to read me, I sometimes stoop
To the stupidity of their senses…
It isn’t right, but I excuse myself,
Because I’ve only taken on this odious role, an interpreter of Nature,
Because there are men who don’t grasp its language,
Which is no language at all.

 

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Si a veces digo que las flores sonrien
Y si dijera que los rios cantan,
No es porque yo crea que hay sonrisas en las flores
Y cantos en el correr de los ríos…
Es porque así hago sentir más a los hombres falsos
La existencia verdaderamente real de las flores y de los ríos.

Porque escribo para que ellos me lean me sacrifico a veces
A su estupidez de sentidos…
No concuerdo conmigo pero me absuelvo,
Porque sólo soy esa cosa seria, un intérprete de la Naturaleza,
Porque hay hombres que no perciben su lenguaje,
Por que ella no es lenguaje alguno.

 

[Photos: Armando Ribeiro]

À propos de dubleudansmesnuages

Je laisserai vagabonder mon esprit nomade, sur le fil d'or de mes silences, pour vous parler des ces choses qui me maintiennent en équilibre. Je vous parlerai aussi des musiques que j'aime. Elles se promènent du Fado d'Amália, de Dulce Pontes, de Cristina Branco, de Mariza, jusqu'aux voix frissonantes de Diana Krall, de Stacey Kent, de Chiara Civello, de Karrin Allyson, de Stina Nordenstam, de Robin McKelle, de Sophie Milman, d'Emilie-Claire Barlow, et d'encore plein d'autres … Aznavour, Brel, Duteil, Art Mengo, Berliner, Cabrel, Balavoine, Julien Clerc, Fugain, Le Forestier, Goldman, Lama, Rapsat, Vassiliu, Daniel Seff, Peyrac et tous ceux que m’on fait aimer la chanson française. Je me perdrai certains soirs dans le paradis de la musique brésilienne : Eliane Elias, Astrud Gilbert, Gal Costa, Elis Regina, Bia, Bebel Gilberto, Maria Creuza, Nara Leão, Jobim, Vinicius, Buarque, Toquinho, Djavan … Il y aura des moments où je vous parlerai d'une des chansons de ceux que j'affectionne. Donovan, Leonard Cohen, The Doors, Tracy Chapman, The Scorpions, Dylan, Lennon ou McCartney (avec ou sans les Beatles), ou de voix d'or comme Sarah Brightman, Ana Torroja, ou Teresa Salgueiro. Puis, parfois, je me promènerai sans but précis entre Piazzolla et Lluis Llach, de Mayte Martin à Gigliolla Cinquetti ou Paolo Conte, de Chavella Vargas à Souad Massi en passant par Gabriel Yacoub. Parce que la musique n’a aucune frontière. La musique ne connait que des sensibilités. Des sonorités. Des larmes ou des sourires. Je vous déposerai ici l'une ou l'autre de mes photos. Les moins ratées. Je vous laisserai un peu de poésie. Des poètes portugais. Que j'aime. Infiniment. Et puis tous les autres dont les textes me touchent. Je ne vous parlerai que des gens que j’aime. Et puis un peu de moi. Si peu. Et puis, si j'ai le temps. Seulement si j'ai le temps, je vous parlerai d'autres choses. Plus intimes.
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10 réponses à Si quelquefois je dis que les fleurs sourient…

  1. BRAZEX dit :

    Un très beau texte pour des très belle photos..merci!

  2. bleuemarie dit :

    …..mais tu es polyglotte toi !!!!!!! :-)
    je prends….
    le texte en français…
    puis, tout de suite après, celui en espagnol….
    puis celui en anglais,
    et puis surtout et encore
    celui en portugais que je ne comprends pas
    mais qui est si beau :-)

    photos..belles, belles, belles

    Amicalement
    Marie

  3. Denise dit :

    Textes et photos sont un enchantement. Merci Armando pour ce beau billet :-)

  4. clementina dit :

    Isto é que é multiculturalismo…. a beleza em todas as linguas.

  5. São Lavrador dit :

    tão bonitas e delicadas estas flores e acompanhadas de poesia neste dia…

  6. Ella Debellefleur dit :

    Pessoa fait sourire les fleurs et chanter les rivières, tandis que Ribeiro fait parler Pessoa dans plusieurs langues « …parce qu’il y a des hommes qui ne comprennent pas son langage… » 😉

  7. Anémone dit :

    J’avoue n’avoir plus lu Pessoa depuis longtemps et n’avoir fait que feuilleter ses poèmes, qui m’avaient pourtant plu. Je considère que je suis donc ici en train de le découvrir. Et je suis sous le charme de ses mots à la fois si simples et originaux, si bien choisis. Merci pour cette découverte, que je considère comme un nouveau départ pour connaître ce grand poète.

  8. Françoise dit :

    Merci pour ces superbes mots de Fernando Pessoa, et tes photos qui l’illustrent si bien. Bonne journée à toi.

  9. LOU dit :

    Et je relirai à voix basse ce texte magnifique en choisissant celui dans la langue de mes origines.

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