Le long voyage du cavaquinho I

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Le 23 août 1879, le Ravenscrag, un bateau portant pavillon britannique, faisait, sans se douter, un peu plus que déposer à Honolulu sa cargaison humaine de plus de 400 émigrés originaires de l’ile portugaise du Madère, venus travailler dans les plantations de canne à sucre, dans l’espoir d’une vie meilleure.

Quatre amis avaient apporté, pour passer le temps, un compagnon de voyage ‘pauvre et joyeux’, connu sous le nom de cavaquinho, loin de se douter des conséquences que cette ‘guitare des pauvres’ allait avoir à la fois dans leurs vies et sur la culture comme sur la renommée de l’ile qui les accueillait.

Les Hawaïens ont très vite pris l’habitude de venir, chaque soir, entendre les nouveaux venus jouer de leur drôle d’instrument musical qu’ils se sont empressés de désigner sous ne nom de « puce sauteuse » (ukelele).

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Le bonheur répandu par le petit instrument serait arrivé jusqu’aux oreilles du roi Kalakaua, qui a demandé aux Portugais de venir jouer au palais, à l’occasion de son anniversaire. Le roi lui-même sera pris de passion pour cet instrument.

Le succès est tel que Manuel Nunes, qui avait ouvert un magasin de fabrication de mobilier sur King Street, décide de se dédier à la fabrication de la « puce sauteuse« . Mais, comme il n’avait aucun sens de la musique, il demanda à son compatriote João Fernandes de les fabriquer. Tous les jours, des dizaines d’Hawaïens enchantés avaient pris l’habitude de se regrouper devant le magasin pour entendre la musique. Vu l’enthousiasme des Hawaïens, Manuel Nunes qui avait un don pour le commerce, s’est mis à vendre des « ukulélés » à 5 dollars chacun, vers 1884. Ses compatriotes Augusto Dias et João Espirito Santo, en 1888, se sont également lancés dans la fabrication.

 

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Depuis lors, le succès et la réputation du petit instrument n’a pas cessé de grandir, à un point tel que, de nos jours, il est indissociable de l’ile de Hawaï alors que Manuel Nunes est tenu  comme l’inventeur de l’ukulélé.

Il ne me vient pas l’intention de démentir des vérités façonnées depuis 130 ans, mais je me demande souvent si la vérité ne prend pas de tels travers et raccourcis qu’elle ne correspond plus à la vérité, mais à ce qu’on aimerait qu’elle devienne.

[à suivre…]

 

 

À propos de dubleudansmesnuages

Je laisserai vagabonder mon esprit nomade, sur le fil d'or de mes silences, pour vous parler des ces choses qui me maintiennent en équilibre. Je vous parlerai aussi des musiques que j'aime. Elles se promènent du Fado d'Amália, de Dulce Pontes, de Cristina Branco, de Mariza, jusqu'aux voix frissonantes de Diana Krall, de Stacey Kent, de Chiara Civello, de Karrin Allyson, de Stina Nordenstam, de Robin McKelle, de Sophie Milman, d'Emilie-Claire Barlow, et d'encore plein d'autres … Aznavour, Brel, Duteil, Art Mengo, Berliner, Cabrel, Balavoine, Julien Clerc, Fugain, Le Forestier, Goldman, Lama, Rapsat, Vassiliu, Daniel Seff, Peyrac et tous ceux que m’on fait aimer la chanson française. Je me perdrai certains soirs dans le paradis de la musique brésilienne : Eliane Elias, Astrud Gilbert, Gal Costa, Elis Regina, Bia, Bebel Gilberto, Maria Creuza, Nara Leão, Jobim, Vinicius, Buarque, Toquinho, Djavan … Il y aura des moments où je vous parlerai d'une des chansons de ceux que j'affectionne. Donovan, Leonard Cohen, The Doors, Tracy Chapman, The Scorpions, Dylan, Lennon ou McCartney (avec ou sans les Beatles), ou de voix d'or comme Sarah Brightman, Ana Torroja, ou Teresa Salgueiro. Puis, parfois, je me promènerai sans but précis entre Piazzolla et Lluis Llach, de Mayte Martin à Gigliolla Cinquetti ou Paolo Conte, de Chavella Vargas à Souad Massi en passant par Gabriel Yacoub. Parce que la musique n’a aucune frontière. La musique ne connait que des sensibilités. Des sonorités. Des larmes ou des sourires. Je vous déposerai ici l'une ou l'autre de mes photos. Les moins ratées. Je vous laisserai un peu de poésie. Des poètes portugais. Que j'aime. Infiniment. Et puis tous les autres dont les textes me touchent. Je ne vous parlerai que des gens que j’aime. Et puis un peu de moi. Si peu. Et puis, si j'ai le temps. Seulement si j'ai le temps, je vous parlerai d'autres choses. Plus intimes.
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6 réponses à Le long voyage du cavaquinho I

  1. Lilas dit :

    La suite! la suite! une semaine à attendre..c’est long..
    Merci pour cette bonne idée..Tu as encore bien travaillé pour nous instruire..
    C’est du soleil dans la tête..cet instrument.
    bisous d’un vendredi d’orage…

  2. chiendent dit :

    La guitare, c’est le romantisme de mes jeunes années. :)

  3. Lali dit :

    Ma tante Lise est justement en train d’apprendre à en jouer. Je lui enverrai ton billet quand tu nous auras TOUT dit sur cet instrument.

  4. Denise dit :

    C’est joli ce nom « la puce sauteuse » et ton billet et fort intéressant…
    Bonne soirée, Armando.

  5. JC dit :

    Intéressant ! J’attends la suite
    Bonne journée à tous

  6. Mets du soleil dans ta guitare et ta musique n’en sera que plus lumineuse…

Les commentaires sont fermés.