Le sermon aux poissons de Patrice Lessard

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Depuis que je vis à Lisbonne, je parle beaucoup moins qu’avant, le silence m’est devenu une espèce d’idéal dans ce monde où tout le monde crie. Pour fuir l’aveuglement, pour trouver des réponses (qui le plus souvent n’existent pas) au marasme de leur vie, les gens sermonnent, cherchent à convaincre leurs semblables qu’ils ont raison, peut-être pour se convaincre eux-mêmes, et nous les suivons trop souvent en oubliant qu’en ne voient pas plus clair que nous. (Patrice Lessard, Le sermon aux poissons, p. 259 – Éditions Héliotrope)

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[Photo : Cyberpreses.ca]

 

Lisbonne éblouit. Lisbonne inspire. Lisbonne charme ceux qui la croisent un jour.

Son corps ondulé par sept collines et couché au bord du Tage ne cesse d’inspirer cinéastes et écrivains de tous horizons. Cette fois-ci, c’est au tour de Patrice Lessard, né en 1971, à Louiseville (un petit coin peinard du Québec, traversé par deux rivières portant le même nom), de s’égarer dans le dédale de la ville qui m’a vu naitre, et d’y puiser l’encre inspiratrice de son premier roman.

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Je vous invite à lire la critique d’Anick Arsenault dans La recrue du mois, la vitrine des premières œuvres littéraires québécoises,  et à vous procurer le livre en ligne.

Le sermon aux poissons fait bien sûr allusion au Sermon de Saint Antoine aux poissons , dont l’auteur cite un extrait à titre d’exergue.

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Le Sermon de Saint Antoine aux poissons
(le seul animal à ne pas être châtié lors du déluge) a été proféré en 1654 dans la ville São Luis do Maranhão, au Brésil, suite à une dispute entre colons portugais. Faisant indiscutablement partie du patrimoine littéraire européen, il a été publié en édition bilingue chez Chandeigne, en 1998, (ici la version portugaise).
Il s’agit d’un texte à l’imagination fertile, d’une grande capacité oratoire et également d’une vision satirique, où le père António Vieira transpose et associe à plusieurs poissons les vices qu’il reprochait aux colons. De façon évidemment allégorique, les poissons personnifient les hommes.
Le Sermon de Saint Antoine aux poissons aurait été proféré trois jours avant le voyage ‘en catimini’ au Portugal du père Vieira alors que le missionnaire jésuite n’épargnait pas ses efforts pour obtenir une loi juste envers les Indiens.

Dans Message, le seul livre publié de son vivant, Fernando Pessoa considérait le père António Vieira comme l’empereur de la prose portugaise. C’est dire…

À propos de dubleudansmesnuages

Je laisserai vagabonder mon esprit nomade, sur le fil d'or de mes silences, pour vous parler des ces choses qui me maintiennent en équilibre. Je vous parlerai aussi des musiques que j'aime. Elles se promènent du Fado d'Amália, de Dulce Pontes, de Cristina Branco, de Mariza, jusqu'aux voix frissonantes de Diana Krall, de Stacey Kent, de Chiara Civello, de Karrin Allyson, de Stina Nordenstam, de Robin McKelle, de Sophie Milman, d'Emilie-Claire Barlow, et d'encore plein d'autres … Aznavour, Brel, Duteil, Art Mengo, Berliner, Cabrel, Balavoine, Julien Clerc, Fugain, Le Forestier, Goldman, Lama, Rapsat, Vassiliu, Daniel Seff, Peyrac et tous ceux que m’on fait aimer la chanson française. Je me perdrai certains soirs dans le paradis de la musique brésilienne : Eliane Elias, Astrud Gilbert, Gal Costa, Elis Regina, Bia, Bebel Gilberto, Maria Creuza, Nara Leão, Jobim, Vinicius, Buarque, Toquinho, Djavan … Il y aura des moments où je vous parlerai d'une des chansons de ceux que j'affectionne. Donovan, Leonard Cohen, The Doors, Tracy Chapman, The Scorpions, Dylan, Lennon ou McCartney (avec ou sans les Beatles), ou de voix d'or comme Sarah Brightman, Ana Torroja, ou Teresa Salgueiro. Puis, parfois, je me promènerai sans but précis entre Piazzolla et Lluis Llach, de Mayte Martin à Gigliolla Cinquetti ou Paolo Conte, de Chavella Vargas à Souad Massi en passant par Gabriel Yacoub. Parce que la musique n’a aucune frontière. La musique ne connait que des sensibilités. Des sonorités. Des larmes ou des sourires. Je vous déposerai ici l'une ou l'autre de mes photos. Les moins ratées. Je vous laisserai un peu de poésie. Des poètes portugais. Que j'aime. Infiniment. Et puis tous les autres dont les textes me touchent. Je ne vous parlerai que des gens que j’aime. Et puis un peu de moi. Si peu. Et puis, si j'ai le temps. Seulement si j'ai le temps, je vous parlerai d'autres choses. Plus intimes.
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6 réponses à Le sermon aux poissons de Patrice Lessard

  1. Chantal dit :

    Un livre qui nous parle de Lisbonne… je vais ma laisser tenter sans aucun doute
    Comme Denise, comme j’aimerais flâner un jour dans les rues de Lisbonne et le long du Tage…

  2. Denise dit :

    Heureuse de pouvoir lire ton beau billet dans le silence… ce silence que nous recherchons tant.
    Un jour, j’aimerais aussi croiser Lisbonne…

  3. Vivre à Lisbone…vous nous faites rêver…

  4. colo dit :

    Tiens, des poissons ici aussi…quelle coïncidence!
    Tels de bons élèves, les poissons-azulejos, sont avides d’apprendre.
    C’est ça, se taire et écouter. Silences.

  5. Dominique dit :

    Tu m’invites à la dépense là !!! les polars historiques quand ils sont bons j’adorent

  6. […] le silence m’est devenu une espèce d’idéal dans ce monde où tout le monde crie

    Je crois que je vais me réfugier à Lisbonne.

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