
Arpad Szenes
Marie Hélène IV, 1942
Maria Vieira da Silva est née à Lisbonne en 1908 et est devenue orpheline de père lorsqu’elle avait trois ans. Son éducation a été confiée à son grand-père, directeur d’un quotidien de la capitale portugaise.
Dès son jeune âge elle démontre un intérêt pour la musique et la peinture qu’elle commence à étudier, dès 1919, avec la peintre Emilia Santos Braga et le professeur Armando Lucena. En 1924, elle fréquente les cours d’anatomie artistique à l’École des beaux-arts de Lisbonne.
Sa mère l’emmène à Paris en 1928, puis en Italie. Lors d’un nouveau séjour à Paris où elle souhaite établir sa résidence, elle fréquente les cours de sculpture d’Antoine Bourdelle, puis ceux de Charles Despiau, avant d’abandonner la sculpture.

Elle étudie la peinture avec Charles Dufresne, Henry de Waroquier et Othon Friesz puis croise le chemin du peintre hongrois Arpad Szenes avec qui elle se marie en 1930, ce qui lui fait perdre la nationalité portugaise.
En 1933 et sur une histoire de Pierre Gueguen, Vieira da Silva illustre Kô Kô, les deux esquimaux, un livre pour enfants, pour la Galerie Jeanne-Bucher.


C’est lorsque l’écrivain António Pedro organise la première exposition de peintures de Vieira da Silva à Lisbonne que l’artiste décide de s’installer temporairement au Portugal, partageant ainsi son temps entre Lisbonne et Paris où elle participe activement à l’association Amis du Monde en même moment où le journal Paris Soir débute la publication de Madame la Grammaire, une nouvelle collaboration de Pierre Guéguen et Vieira da Silva.

La guerre et la crainte des nazis font en sorte qu’elle s’installe au Portugal avec son époux juif hongrois. Cependant, Salazar ne souhaite pas sa présence au Portugal et refuse de lui restituer la nationalité portugaise. Pire, elle participe à l’Exposition du Monde Portugais en 1940 et les organisateurs qui lui ont commandé un tableau changent d’avis au moment d’honorer leur promesse.
Elle décide alors de prendre le chemin du Brésil où elle est accueillie bras ouverts et et où elle bénéficie d’un passeport diplomatique, alors que le gouvernement lui propose même d’adopter la nationalité brésilienne.

Pouvant exercer sa passion librement, Vieira da Silva peint, expose et enseigne à Rio de Janeiro jusqu’à 1947 alors que sa peinture commence à être connue et reconnue. Elle s’installe à Paris et l’État français lui achète son tableau La partie d’échecs tandis que ses œuvres commencent à être sollicitées par les musées.
Vieira da Silva poursuit son travail varié qui va des vitraux aux gravures, en passant par les tapisseries, les illustrations de livres, les synopsis de pièces de théâtre, etc.
En 1956, Vieira da Silva et Arpad Szenes obtiennent la nationalité française. Arpad Szenes s’endort pour toujours en janvier 1985.


Arpad Szenes
Marie Hélène dessinant, 1939-1940
Vieira da Silva poursuit, infatigable, son œuvre artistique diverse et diversifiée par trois gravures originales pour le livre Élégie de Léoplold Sédar Sengor et la couverture du livre du compositeur Pierre Boulez, Penser la musique aujourd’hui. Elle connait tous les honneurs puisqu’elle reçoit le prix Florence Gould de l’Académie des beaux-Arts de Paris, la médaille d’honneur de la ville de Porto, la médaille de la ville de Lisbonne et la médaille d’argent des Arts plastiques de l’Académie d’architecture de Paris. Elle devient membre de la Royal Academy of Arts de Londres et Officier de la Légion d’honneur sous François Mitterrand, sans compter sa participation à des expositions des plus prestigieuses.
Elle s’éteint le 6 mars 1992. Son corps repose au cimetière d’Yèvre-le-Châtel.
Le 3 novembre 1994, dans une ancienne fabrique des Tissus de Soie, un immeuble datant du XVIIIe siècle, était inaugurée à Lisbonne la Fondation Arpad Szenes-Vieira da Silva.

Puis, entre nous, si un jour vous allez à Lisbonne, prenez le métro et arrêtez-vous à la Cidade Universitaire (Cité universitaire) : son œuvre Le métro y a été reproduite en azulejos avec la collaboration du peintre Manuel Cargaleiro. Ce serait dommage de rater ça…




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até mais logo,
Je me souviens quand, il y a de cela presque quatre ans, tu m’as fait découvrir Vieira da Silva…
Heureuse que tu lui aies donné la place qu’elle mérite!
Merci pour cet article qui nous fait mieux connaitre ces deux artistes. Il est réconfortant de voir que l’art peut combler une vie, deux vies, et peut aussi être reconnu et récompensé. Bon week-end à vous tous.
Quel beau couple et quels talents!
Merci Armando pour cette page d’histoire hors de l’ordinaire!
Et moi c’est le bisou final. Cela me fait penser au « baiser » de Brancusi.
Quel extraordinaire talent !
Une femme moderne et accomplie, un couple d’artistes unis, cette histoire est très belle.
Je vais aller chercher sur le Net d’autres toiles de cette grande dame de la peinture.
Mais je découvre, à travers ce billet, des facettes de son talent que je ne connaissais pas encore.
Merci.
Il y a de nombreuses années que j’ai découvert la peintre Vieira da Silva et j’aime beaucoup la plupart de ses œuvres.
Merci de la mettre à l’honneur indépendamment du fait que tu as des racines portugaises.
C’est une oeuvre magnifique que tu nous fais découvrir par cette fantastique artiste.
Tout comme Dominique, j’aime la photo du couple. C’est beau!
Une artiste accomplie !
Comme Dominique, mon regard s’est attardé sur cette complicité du couple autour du même livre. C’est touchant !
Merci Armando. Bonne journée Mes chaleureuses bises
j’aime beaucoup cette « fresque » en Azulejos mais ce que je trouve le plus magnifique c’est cette photo de couple : ils sont âgés et encore complices !
Une artiste avec une œuvre immense et universelle. Merci Armando.