
Le jour et la nuit était un opéra bouffe (comme on le disait à l’époque) en trois actes qui a connu entre la fin de 1881 et 1882 près de 200 représentations — ce qui constitue un succès considérable pour l’époque — au Théâtre des Nouveautés, fondé par Jules Brasseur et démoli en 1911, afin que soit creusée la rue des Italiens.
Pour cet opéra, Charles Lecoq avait couché sa musique sur des textes (qu’on disait hilarants) d’Alberto Vanloo et Eugène Leterrier et on trouvait dans les rôles principaux Jules Brasseur (le prince de Calabazas) et Jean Berthelier (Don Braseiro de Tras os Montes), lequel avait été découvert par Offenbach. L’action se passe à la frontière entre le Portugal et l’Espagne et quelques airs de cette opéra comique finiront par être chantés dans les rues de Paris, comme l’air connu sous le nom de couplet des Portugais, au deuxième acte, dont voici un extrait :
Prince de Calabazas :
Je me sens, ce matin, d’humeur douce et charmante.
J’ai passé, mes amis, une nuit excellente,
Aussi, je vous le dis,
Mes bons et chers amis,
Je suis hilare!
Tous :
Il est hilare!
Prince de Calabazas :
Hilare! hilare!
Tous :
Hilare! hilare!
Prince de Calabazas :
Extrêmement hilare!
Tous :
Extrêmement hilare!
Prince de Calabazas :
Et ça n’a rien de rare!
Tous :
Et ça n’a rien de rare!
Prince de Calabazas :
Car, car, car, les Portugais…
Tous :
Les Portugais…
Prince de Calabazas :
Chacun le sait.
Tous :
On les connaît!
Prince de Calabazas :
Les Portugais
Sont toujours gais!
Qu’il fasse beau, qu’il fasse laid,
Au mois de décembre ou de mai,
Les Portugais
Sont toujours gais!
Tous :
Les Portugais,
etc.

Faut dire que le succès de ce couplet et que son impact dans le cœur des Parisiens sont tels qu’ils amènerpnt l’écrivain et journaliste Maurice Martin du Gard, qui a dirigé la revue Les Écrits Nouveaux, à « remettre les pendules à l’heure » en prétendant que les Portugais non seulement ne sont pas toujours gais, mais qu’il y a aussi une différence entre les Portugais de Lisbonne et ceux de Porto. Il écrivit :
Les Portugais sont toujours gais! Parmi les mots qui firent fortune, celui-là, qui vibre et galope, vous a l’air irréfutable. Gardez-vous cependant d’y croire. La gaîté portugaise a beau être proverbiale, elle n’en est pas moins une fable.
Si, débarquant à Lisbonne, on s’imagine entendre un peu partout dans les bureaux, les ateliers, cascader un rire éclatant et trouver à tout le monde, au long des rues, et sur le port, la face enluminée par le plaisir de vivre, on est assez dérouté. Mais déçu, c’est une autre affaire. Pour moi, je ne le suis guère.
Vivre dans un pays pareil, avoir sur la tête un ciel pur et devant les yeux ces flots, la paix qui vous vient du climat et des hommes, ne dites pas qu’il y aurait de quoi rire. Une gaîté perpétuelle exclut généralement, de la part de ceux qui l’affichent, la réflexion et la sagesse aussi bien que le sentiment des nuances, alors qu’il n’est pas de peuple moins brutal. La vulgarité lui est inconnue, et, s’il est plus qu’un autre friand de bons mots, jamais vous ne verrez un Portugais s’esclaffer ni vous taper sur le ventre.
Je ne dis pas que, vers le nord, on ne montre pas plus d’exubérance. Dans un musée, tout à l’heure, je notais comme la vaisselle de Lisbonne est d’un bleu mélancolique en comparaison de celle, claire et riante, dont, il y a deux ou trois siècles, on usait à Porto. Depuis, les sentiments n’ont pas changé, sur les visages des habitants de l’une et de l’autre ville. À Lisbonne, ils sont toujours empreints de cette triste douceur qui, d’ailleurs, s’accorde bien avec les cheveux sombres qu’ont les gens d’ici, avec leur démarche, toujours nonchalante. C’est peut-être le bonheur, après tout, de n’être pas pressé, ou du moins de ne point le paraître, pour mieux retirer au temps l’importance exagérée qu’il se donne de nos jours.

Que dirait-il aujourd’hui?… Peut-être que les Portugais ne sont pas gais mais qu’ils ont de l’humour. Si. Un peu… Non?… Bon, d’accord! Si vous le dites.


J’ai voulu écouter la voix de ce Prince de Calabazas, et bien rien rien rien sur la toile. C’est quand même fort de café non ! Bon alors je te crois sur parole le Portugais est joyeux, congénitalement, héréditairement : j o y e u x !!!
Pour se convaincre de la gaieté des Portugais, il faut se fier à leur meilleur ambassadeur de la bonne humeur qui signe ici des chroniques instructives et pleines de belles saveurs régionales.
Oh Dominique! Je voulais dire comme toi… à partir de généreux… et c’est aussi celui que je connais
Encore une trouvaille !
les Portugais toujours gais ? je ne crois pas mais… généreux, drôles, empathiques, curieux, ouverts, tolérants …………….enfin surtout celui que je connais
Heureusement que dans le titre tu as utilisé un i latin et pas un i qui serait allé se faire voir chez les grecs 😉
Remarque moi j’aime bien faire l’humour avec toi !
Bon je me sauve…