Abeille fatiguée

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Elton John gueule de toutes ses forces un « I’m still standing » dans les allées du métro. Je me demande si le chargé de l’ambiance sonore du métro a fait le pari de nous crever les tympans.

Il est presque six heures du soir. Le métro sent les effets d’une journée de travail. Le va-et-vient se fait pressant. On aurait besoin d’un peu de calme. Et ce crétin nous fout un « I’m stil standing » à des décibels à peine croyables.   

J’essaie de me concentrer tout de même sur quelques lignes de « Ti t’appelles Aïcha pas Jouzifine » de Mina Oualdlhadj et ça vient de la mission impossible.

Je pense à O. J’avais encore tant de choses à lui dire, qu’il aurait fallu qu’elle m’écoute, assisse sans bouger pendant trois jours. Oui, oui, je peux être très bavard.

Puis, je me dis qu’après tout les gens sont en droit de faire leur propre chemin sans que je les bassine avec mes mots. Mes reflexions. Ma vision des choses.

Je pense en effet que quelquefois il faut laisser le temps s’en charger. Pour oublier. Leur maladie. Leur souffrance. Leurs larmes. Leur envie de ne pas y être. Et puis leurs peurs. Aussi.

Il faut que les choses, mêmes celles qui nous coupent l’âme, prennent le temps d’éclore et puis de s’endormir quelque part au fond d’une mémoire qui rêve d’oublit.

Sûr, je ne regretterai pas mes mots. Surtout qu’ils n’ont rien dit. Ou alors si peu. Juste que je suis là. Aujourd’hui. Demain. Et tous les autres jours d’après.

Et que, quand elle sera prête, elle viendra se poser. Comme une abeille épuisée de battre ses ailles. Je serai encore là. Sans questions. Sans reproches.

Et je lui offrirai un sourire.

 

À propos de dubleudansmesnuages

Je laisserai vagabonder mon esprit nomade, sur le fil d'or de mes silences, pour vous parler des ces choses qui me maintiennent en équilibre. Je vous parlerai aussi des musiques que j'aime. Elles se promènent du Fado d'Amália, de Dulce Pontes, de Cristina Branco, de Mariza, jusqu'aux voix frissonantes de Diana Krall, de Stacey Kent, de Chiara Civello, de Karrin Allyson, de Stina Nordenstam, de Robin McKelle, de Sophie Milman, d'Emilie-Claire Barlow, et d'encore plein d'autres … Aznavour, Brel, Duteil, Art Mengo, Berliner, Cabrel, Balavoine, Julien Clerc, Fugain, Le Forestier, Goldman, Lama, Rapsat, Vassiliu, Daniel Seff, Peyrac et tous ceux que m’on fait aimer la chanson française. Je me perdrai certains soirs dans le paradis de la musique brésilienne : Eliane Elias, Astrud Gilbert, Gal Costa, Elis Regina, Bia, Bebel Gilberto, Maria Creuza, Nara Leão, Jobim, Vinicius, Buarque, Toquinho, Djavan … Il y aura des moments où je vous parlerai d'une des chansons de ceux que j'affectionne. Donovan, Leonard Cohen, The Doors, Tracy Chapman, The Scorpions, Dylan, Lennon ou McCartney (avec ou sans les Beatles), ou de voix d'or comme Sarah Brightman, Ana Torroja, ou Teresa Salgueiro. Puis, parfois, je me promènerai sans but précis entre Piazzolla et Lluis Llach, de Mayte Martin à Gigliolla Cinquetti ou Paolo Conte, de Chavella Vargas à Souad Massi en passant par Gabriel Yacoub. Parce que la musique n’a aucune frontière. La musique ne connait que des sensibilités. Des sonorités. Des larmes ou des sourires. Je vous déposerai ici l'une ou l'autre de mes photos. Les moins ratées. Je vous laisserai un peu de poésie. Des poètes portugais. Que j'aime. Infiniment. Et puis tous les autres dont les textes me touchent. Je ne vous parlerai que des gens que j’aime. Et puis un peu de moi. Si peu. Et puis, si j'ai le temps. Seulement si j'ai le temps, je vous parlerai d'autres choses. Plus intimes.
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2 réponses à Abeille fatiguée

  1. Denise dit :

    Quel superbe texte avec des mots enrobés de tendresse pour une personne chère.

  2. Lali dit :

    Et je serai aussi là pour la petite abeille. À son heure.

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