
Je me serais assis au bord de l’eau. J’aurais préparé ma canne à pêche en prenant mon temps. J’aurais balancé mon plomb dans l’eau avec un petit geste mille fois répété par mille pêcheurs sur le bord intime de mille rivières. J’aurais regardé le bouchon s’installer et puis j’aurais écrit mille pages au hasard du vent.
Je veux écrire de la musique avec les mots. Je veux être guitare héros.
Le temps a passé Paulo. Envie de t’écrire un peu de ce gros requin chagrin, amoureux fou d’un dauphin. Un Matin ils partirent très loin. Et me voilà, peut-être, avec une histoire qui finit bien.
Alors, vraiment, à qui écrire, si ce n’est pas à toi Paulo. Tu le sais, que je suis un putain d’emmerdeur avec ma philosophie de bazar.
Tous ces Paulo qui sont plus là. La came. Le pinard. L’amour. Le sexe. Un bazar avec plein de petits héros de la nuit. De vrais bateaux avec des vrais marins. On s’en est foutu royale à coups de vingt ans. A coups d’espérance de magazine. On dira jamais qu’on est des artistes. Tu te souviens Paulo, on se l’était juré. De temps en temps on y jouait. Juste le temps de faire la manche. Le temps de la manche pour le pognon.
Il y a des fois où le sac à dos est plus lourd que d’habitude. Je disjoncte. J’éructe ma blessure. J’emmerde. Emmerdeur. C’est plus râleur que je suis. Je te jure Paulo. C’est de la vrai colère.
…
Richard Bohringer
Le bord intime des rivières
Folio

Le temps a passé, Paulo, et me voilà avec cette putain d’envie de t’écrire un peu de ce gros requin chagrin amoureux fou d’un dauphin.
L’écriture est ma seule vérité. Courir après la grâce pour écrire la première phrase. Trouver le son qui fait rebondir. Chercher le mot qui me rendra ma jeunesse.
Je ne suis pas un gars de la syntaxe. Je suis de la syncope, du bouleversement ultime.
J’écris pour être avec les autres. Ceux que j’ai connus. Ceux que je vais connaître. Ceux que je ne connaîtrai jamais.
J’écris pour être meilleur humain. Pour éviter la disgrâce.
À propos de dubleudansmesnuages
Je laisserai vagabonder mon esprit nomade, sur le fil d'or de mes silences, pour vous parler des ces choses qui me maintiennent en équilibre.
Je vous parlerai aussi des musiques que j'aime. Elles se promènent du Fado d'Amália, de Dulce Pontes, de Cristina Branco, de Mariza, jusqu'aux voix frissonantes de Diana Krall, de Stacey Kent, de Chiara Civello, de Karrin Allyson, de Stina Nordenstam, de Robin McKelle, de Sophie Milman, d'Emilie-Claire Barlow, et d'encore plein d'autres …
Aznavour, Brel, Duteil, Art Mengo, Berliner, Cabrel, Balavoine, Julien Clerc, Fugain, Le Forestier, Goldman, Lama, Rapsat, Vassiliu, Daniel Seff, Peyrac et tous ceux que m’on fait aimer la chanson française.
Je me perdrai certains soirs dans le paradis de la musique brésilienne : Eliane Elias, Astrud Gilbert, Gal Costa, Elis Regina, Bia, Bebel Gilberto, Maria Creuza, Nara Leão, Jobim, Vinicius, Buarque, Toquinho, Djavan …
Il y aura des moments où je vous parlerai d'une des chansons de ceux que j'affectionne. Donovan, Leonard Cohen, The Doors, Tracy Chapman, The Scorpions, Dylan, Lennon ou McCartney (avec ou sans les Beatles), ou de voix d'or comme Sarah Brightman, Ana Torroja, ou Teresa Salgueiro.
Puis, parfois, je me promènerai sans but précis entre Piazzolla et Lluis Llach, de Mayte Martin à Gigliolla Cinquetti ou Paolo Conte, de Chavella Vargas à Souad Massi en passant par Gabriel Yacoub.
Parce que la musique n’a aucune frontière. La musique ne connait que des sensibilités. Des sonorités. Des larmes ou des sourires.
Je vous déposerai ici l'une ou l'autre de mes photos. Les moins ratées.
Je vous laisserai un peu de poésie. Des poètes portugais. Que j'aime. Infiniment. Et puis tous les autres dont les textes me touchent.
Je ne vous parlerai que des gens que j’aime. Et puis un peu de moi. Si peu.
Et puis, si j'ai le temps. Seulement si j'ai le temps, je vous parlerai d'autres choses. Plus intimes.
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Justement, je l’ai vu hier soir Bohringer qui parlait de ce livre et en lisait des extraits, je l’aime beaucoup et ça ne date pas d’hier….!