Senhor Roubado

mes-mercredis.jpg
mes-mercredis-ar.jpg

À une époque d’écrasante et incontestable dimension religieuse, le vol commis à l’église d’Odivelas, en 1671, a mis le Portugal d’alors en effervescence à un point tel que la cour décrète le deuil et que des prières publiques sont organisées dans les rues.

L’auteur de ce sacrilège, un jeune travailleur rural, alcoolique et vivant dans la misère profonde, a rapidement confessé son crime. Toutefois il fallait faire un exemple de ce crime. Le malheureux a été torturé, puis on lui a coupé et brûlé les deux mains avant qu’une mort par garrot s’ensuive, le 23 novembre 1671, avant qu’il ne soit brûlé sur le bûcher.

Après une campagne afin de recueillir des fonds auprès des fidèles, un monument a été érigé, revêtu d’azulejos bleus et blancs racontant l’histoire de ce crime et le châtiment mérité en découlant.

Aujourd’hui, le monument en très mauvais état, situé à quelques pas de la station de métro du Senhor Roubado ne semble plus être en mesure de ralentir le pas des honnêtes gens. Ce matin-là, j’étais le seul à m’attarder quelque peu, le temps de prendre quelques photos et de m’étonner, une fois encore, de la barbarie des hommes.



[Photos et mots : Armando Ribeiro]

À propos de dubleudansmesnuages

Je laisserai vagabonder mon esprit nomade, sur le fil d'or de mes silences, pour vous parler des ces choses qui me maintiennent en équilibre. Je vous parlerai aussi des musiques que j'aime. Elles se promènent du Fado d'Amália, de Dulce Pontes, de Cristina Branco, de Mariza, jusqu'aux voix frissonantes de Diana Krall, de Stacey Kent, de Chiara Civello, de Karrin Allyson, de Stina Nordenstam, de Robin McKelle, de Sophie Milman, d'Emilie-Claire Barlow, et d'encore plein d'autres … Aznavour, Brel, Duteil, Art Mengo, Berliner, Cabrel, Balavoine, Julien Clerc, Fugain, Le Forestier, Goldman, Lama, Rapsat, Vassiliu, Daniel Seff, Peyrac et tous ceux que m’on fait aimer la chanson française. Je me perdrai certains soirs dans le paradis de la musique brésilienne : Eliane Elias, Astrud Gilbert, Gal Costa, Elis Regina, Bia, Bebel Gilberto, Maria Creuza, Nara Leão, Jobim, Vinicius, Buarque, Toquinho, Djavan … Il y aura des moments où je vous parlerai d'une des chansons de ceux que j'affectionne. Donovan, Leonard Cohen, The Doors, Tracy Chapman, The Scorpions, Dylan, Lennon ou McCartney (avec ou sans les Beatles), ou de voix d'or comme Sarah Brightman, Ana Torroja, ou Teresa Salgueiro. Puis, parfois, je me promènerai sans but précis entre Piazzolla et Lluis Llach, de Mayte Martin à Gigliolla Cinquetti ou Paolo Conte, de Chavella Vargas à Souad Massi en passant par Gabriel Yacoub. Parce que la musique n’a aucune frontière. La musique ne connait que des sensibilités. Des sonorités. Des larmes ou des sourires. Je vous déposerai ici l'une ou l'autre de mes photos. Les moins ratées. Je vous laisserai un peu de poésie. Des poètes portugais. Que j'aime. Infiniment. Et puis tous les autres dont les textes me touchent. Je ne vous parlerai que des gens que j’aime. Et puis un peu de moi. Si peu. Et puis, si j'ai le temps. Seulement si j'ai le temps, je vous parlerai d'autres choses. Plus intimes.
Ce contenu a été publié dans Mes mercredis au Portugal. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

7 réponses à Senhor Roubado

  1. Lali dit :

    Cette histoire donne le frisson…

    Et quel dommage qu’elle disparaisse ainsi des murs de Lisbonne…

  2. chantal dit :

    Et dire que cette barbarie se perpétue… sous d’autres formes tout aussi cruelles !

    Comme le dit Dominique, il y aurait tant à rénover… et les finances ne sont pas à rallonge !

    Merci, Armando !

  3. isa dit :

    Pena que esteja em tão mau estado

  4. Denise dit :

    C’est triste de laisser des oeuvres si belles se détériorer ainsi…

  5. Dominique dit :

    Il en est au Portugal comme en Italie et ailleurs, le passé est tellement riche de monuments, églises, musées, cathédrales qu’il est difficile de financer tout l’entretien et la rénovation, je propose que l’on fasse un casse pour renflouer les caisses nom de code : le bleu d’Armando

  6. BRAZEX dit :

    Oui c’est triste de voir un monument comme ça victime de l’évolution des villes et son progrès déferlant..

  7. Kenza dit :

    Bonsoir Armando,
    Que c’est triste de voir ces azulejos dans cet état! C’est vraiment désolant.
    Douce nuit et jolis rêves quand même

Les commentaires sont fermés.