Bridget Peixotto

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Le congé de maternité est de nos jours heureusement entré dans les mœurs et plus personne ne semble être en mesure de le contester, si bien qu’on est bien loin d’imaginer le combat d’une femme, dans la grande et déjà puissante Amérique de 1913.

Cette femme s’appelait Bridget Peixotto et était juive d’origine portugaise. Son combat a commencé le 22 avril 1913 lorsque l’administration de l’école, où elle exerçait les fonctions d’institutrice, l’a renvoyée alors qu’elle était à l’hôpital, avec pour fondement « négligence du devoir sous le prétexte d’accoucher ».

Faut dire qu’à cette époque où il était mal vu que les mères de famille poursuivent une activité professionnelle, la jeune enseignante ne s’est pas résignée devant la décision de ses supérieurs et a porté plainte, contestant également l’idée qu’une mère de famille ne pouvait pas poursuivre son activité professionnelle. Elle déclara dans l’édition du prestigieux New York Times le 29 mai de cette même année : Je contesterai cette décision de toutes mes forces jusqu’au bout. Le Conseil Éducatif en permettant aux femmes mariées d’exercer une profession et en n’acceptant  pas qu’elles soient mères de famille commet une illégalité que ne peut pas être soutenu ni suivie par aucun tribunal.

Le Conseil Éducatif, faisant fit de l’indignation de Bridget, après une nouvelle réunion, confirme, par 27 voix pour et 7 contre le licenciement de Bridget Peixotto.   Il ne reste à cette dernière qu’à saisir les tribunaux de cette affaire.

Commence alors une bataille judiciaire ponctuée par quelques débats publics et par une série de décisions allant dans le sens du combat de Bridget Peixotto qui est invitée à faire une présentation devant le Commissaire d’État pour l’Éducation, John Huston Finley, qui en janvier 1915, prend la décision historique d’ordonner la réintégration de Bridget Peixotto avec l’exigence qu’on lui verse intégralement ses salaires.

Trois ans plus tard, elle deviendra directrice de l’école jusqu’à 1948.

Elle décède à 92 ans, à New York en 1972, et le New York Times écrivait : Elle est la responsable de l’inclusion du congé de maternité dans le code du travail. Son cas a permis qu’à des milliers de femmes de par le monde soit reconnu le droit d’être mères et de conserver leur emploi.

À propos de dubleudansmesnuages

Je laisserai vagabonder mon esprit nomade, sur le fil d'or de mes silences, pour vous parler des ces choses qui me maintiennent en équilibre. Je vous parlerai aussi des musiques que j'aime. Elles se promènent du Fado d'Amália, de Dulce Pontes, de Cristina Branco, de Mariza, jusqu'aux voix frissonantes de Diana Krall, de Stacey Kent, de Chiara Civello, de Karrin Allyson, de Stina Nordenstam, de Robin McKelle, de Sophie Milman, d'Emilie-Claire Barlow, et d'encore plein d'autres … Aznavour, Brel, Duteil, Art Mengo, Berliner, Cabrel, Balavoine, Julien Clerc, Fugain, Le Forestier, Goldman, Lama, Rapsat, Vassiliu, Daniel Seff, Peyrac et tous ceux que m’on fait aimer la chanson française. Je me perdrai certains soirs dans le paradis de la musique brésilienne : Eliane Elias, Astrud Gilbert, Gal Costa, Elis Regina, Bia, Bebel Gilberto, Maria Creuza, Nara Leão, Jobim, Vinicius, Buarque, Toquinho, Djavan … Il y aura des moments où je vous parlerai d'une des chansons de ceux que j'affectionne. Donovan, Leonard Cohen, The Doors, Tracy Chapman, The Scorpions, Dylan, Lennon ou McCartney (avec ou sans les Beatles), ou de voix d'or comme Sarah Brightman, Ana Torroja, ou Teresa Salgueiro. Puis, parfois, je me promènerai sans but précis entre Piazzolla et Lluis Llach, de Mayte Martin à Gigliolla Cinquetti ou Paolo Conte, de Chavella Vargas à Souad Massi en passant par Gabriel Yacoub. Parce que la musique n’a aucune frontière. La musique ne connait que des sensibilités. Des sonorités. Des larmes ou des sourires. Je vous déposerai ici l'une ou l'autre de mes photos. Les moins ratées. Je vous laisserai un peu de poésie. Des poètes portugais. Que j'aime. Infiniment. Et puis tous les autres dont les textes me touchent. Je ne vous parlerai que des gens que j’aime. Et puis un peu de moi. Si peu. Et puis, si j'ai le temps. Seulement si j'ai le temps, je vous parlerai d'autres choses. Plus intimes.
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7 réponses à Bridget Peixotto

  1. Léa dit :

    Je ne connaissais pas non plus et c’est vrai qu’ici je découvre beaucoup de choses !
    Le x c’est comme en Basque on prononce che ?
    Une petite question, je vois que Servanne passe ici et son blog a disparu….
    Quelqu’un est-il au courant ? J’espère surtout qu’elle va bien…
    Bonne soirée à tous…

  2. Lali dit :

    Heureuse de constater que tu redonnes ses lettres de noblesse à une de celles trop peu connues, voire même méconnues, qui le méritait plus qu’amplement!

  3. BRAZEX dit :

    Étonnante cette histoire je ne connaissais pas le personnage, mais et en plus quelqu’un qui s’a battu au début du 20° siècle pour des droits si élémentaires aujourd’hui ça parait étonnante. Encore un personnage avec du sang portugais dans le veines qui à fait bouger les droits de la femme en particulier a une époque ou ça était impensable.

  4. Denise dit :

    Merci Armando pour ce bel hommage rendu à Bridget Peixotto, un nom que je viens de connaître. Une femme forte qui s’est battu plusieurs années pour la bonne cause des femmes!

    Bonne journée à toi!

  5. Ikebukuro dit :

    Moi non plus je ne connaissais pas cette femme qui a fait à sa manière bouger les choses. Une petite goutte supplémentaire dans la lutte contre toutes les injustices et les inégalités. Quand je viens sur ton blog je suis sûre de découvrir à chaque fois quelque chose qui va me toucher ou m’émouvoir… Merci pour ces balades que tu nous proposes à travers l’histoire, la culture, le monde…

  6. Kenza dit :

    Cher Armando, merci pour ce très bel hommage rendu à cette femme dont je n’avais jamais entendu parler… Bridget Peixotto, un nom que je n’oublierai plus dorénavant.
    Douce nuit et jolis rêves

  7. ovar dit :

    se battre encore et toujours…..merci pour ce billet!

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