Un soleil sur le carreau

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Depuis un bout de temps, l’enfant cherchait à attirer l’attention de sa mère. Mais trop occupée à parler avec sa voisine, elle lui demandait chaque fois de se tenir tranquille.

« Maman parle avec une amie !…  » qu’elle disait à l’enfant… Celui-ci faisait une mine contrariée et boudeuse. Est-ce qu’il se demandait si son enfant méritait moins d’attention que son amie? Je n’en sais rien.

J’observais cet enfant tout en écoutant d’une oreille distraite la mère qui continuait à raconter à sa voisine qu’elle nommait amie, les contrariétés relationnelles dans son travail et notamment avec une certaine Fabienne, contre qui, manifestement, elle était en colère.

L’enfant m’a regardé et je lui ai fait un clin d’œil. Il avait l’air content que quelqu’un remarque sa présence.

Je l’ai vu prendre quelques feutres de couleurs et se tourner vers le carreau du wagon du métro. Il m’a regardé amusé. Je lui ai souri.
Sa mère bien trop occupée, continuait à se perdre en palabres puérils et d’un intérêt ennuyeux pour tous ceux qui ne peuvent pas faire autrement que d’entendre ce qu’elle disait. Je crois qu’on n’écoutait qu’elle. Je suis sûr qu’elle n’écoutait qu’elle. Même sa soi-disante amie ne devait plus l’écouter vraiment puisqu’elle se limitait à des « hum-hum …hum-hum » monotones au bout de chaque affirmation.

J’ai regardé l’enfant. Un beau soleil bleu traînait au mieux du carreau, ses yeux étaient verts, son nez chatain et son sourire orange.

L’enfant m’a regardé et je lui ai souri. Mon voisin lui a souri aussi. Plus loin une dame avait aussi un large sourire. J’ai regardé autour de moi et je me suis rendu compte que l’enfant et son soleil avaient semé plein de sourires dans ce wagon où les gens se tenaient debout, à l’étroit.

Au fur et à mesure que les gens quittaient le wagon, ils faisaient des signes chaleureux d’adieu en direction de l’enfant.

Sa mère, soudain, a regardé le carreau et le soleil, embarrassée, bouche ouverte, pétrifiée, sans dire un mot.

L’enfant rayonnait comme un soleil. Heureux.

À propos de dubleudansmesnuages

Je laisserai vagabonder mon esprit nomade, sur le fil d'or de mes silences, pour vous parler des ces choses qui me maintiennent en équilibre. Je vous parlerai aussi des musiques que j'aime. Elles se promènent du Fado d'Amália, de Dulce Pontes, de Cristina Branco, de Mariza, jusqu'aux voix frissonantes de Diana Krall, de Stacey Kent, de Chiara Civello, de Karrin Allyson, de Stina Nordenstam, de Robin McKelle, de Sophie Milman, d'Emilie-Claire Barlow, et d'encore plein d'autres … Aznavour, Brel, Duteil, Art Mengo, Berliner, Cabrel, Balavoine, Julien Clerc, Fugain, Le Forestier, Goldman, Lama, Rapsat, Vassiliu, Daniel Seff, Peyrac et tous ceux que m’on fait aimer la chanson française. Je me perdrai certains soirs dans le paradis de la musique brésilienne : Eliane Elias, Astrud Gilbert, Gal Costa, Elis Regina, Bia, Bebel Gilberto, Maria Creuza, Nara Leão, Jobim, Vinicius, Buarque, Toquinho, Djavan … Il y aura des moments où je vous parlerai d'une des chansons de ceux que j'affectionne. Donovan, Leonard Cohen, The Doors, Tracy Chapman, The Scorpions, Dylan, Lennon ou McCartney (avec ou sans les Beatles), ou de voix d'or comme Sarah Brightman, Ana Torroja, ou Teresa Salgueiro. Puis, parfois, je me promènerai sans but précis entre Piazzolla et Lluis Llach, de Mayte Martin à Gigliolla Cinquetti ou Paolo Conte, de Chavella Vargas à Souad Massi en passant par Gabriel Yacoub. Parce que la musique n’a aucune frontière. La musique ne connait que des sensibilités. Des sonorités. Des larmes ou des sourires. Je vous déposerai ici l'une ou l'autre de mes photos. Les moins ratées. Je vous laisserai un peu de poésie. Des poètes portugais. Que j'aime. Infiniment. Et puis tous les autres dont les textes me touchent. Je ne vous parlerai que des gens que j’aime. Et puis un peu de moi. Si peu. Et puis, si j'ai le temps. Seulement si j'ai le temps, je vous parlerai d'autres choses. Plus intimes.
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7 réponses à Un soleil sur le carreau

  1. Merci je suis flatté. J’espère que vous vous plairez dans cet espace qui se voudrait le plus convivial possible.
    A bientôt.

  2. liliba dit :

    bonsoir, je viens de chez Saab, et découvre votre blog qui me plait beaucoup, elle a bien raison d’en faire une aussi bonne critique !

  3. marion dit :

    Et voila le texte d’un tres joli court-métrage qui remportera la palme d’or à Cannes,,,,mais a-t-on besoin d’images, il suffit de lire,,et les palmes d’or, bon , c’est la saison pour certains, mais de toutes façons , ce n’est que du plaqué,, sinon, j’aime beaucoup le cinéma, surtout les tres bons films, oui, mais les livres, c’est mieux, et,sans scénarios, point de films….

  4. isa dit :

    Quelle belle histoire, l’enfant a fait ce qu’il trouvait le meilleur, donner un coup de soleil comme seulement ils savent faire. Les parents non pas encore compris, nos enfants sont des roi ils sont les soleil de notre vie, beaucoup plus important que les conversations avec les copines

  5. Lali dit :

    J’aime. Beaucoup. Tout simplement.

  6. Denise dit :

    A son tour, l’enfant a voulu donner un peu de soleil, à sa façon, à tous ces clins d’yeux et sourires adressés rien qu’à lui…

  7. agnès dit :

    Très beau portrait d’une mère distraite par toute autre chose que son enfant, l’éveil de son enfant…

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