Né à Faro en 1924, et ayant déjà été honoré de plusieurs prix et d’une mise en candidature pour le prix Nobel de littérature, António Ramos Rosa est considéré comme un des meilleurs poètes portugais contemporains.
Sa poésie est une aventure faite de mots fluides qui ne laissent pas indifférents tous ceux qui, un jour ou l’autre, ont un rendez-vous avec ses textes.
Employé de bureau, puis professeur et directeur de revues littéraires comme Árvore (l’Arbre) ou Cadernos do Meio-Dia (Cahiers de Midi), c’est avec Grito Claro (Cri clair), paru en 1958, qu’il s’est fait connaitre en tant que poète.
Il a aussi été traducteur et critique, ayant publié des articles dans divers journaux et revues.
Lire et partager la poésie d’António Ramos Rosa, une œuvre où les thèmes de l’eau, du feu, de l’air et de la terre sont fondamentaux, c’est comme partir en voyage au royaume de cette fantaisie qu’est la réalité.
En 1988, il a reçu le prix Fernando Pessoa.
La parole est une statue immergée, un léopard
qui frémit en des taillis obscurs, une anémone
dans une chevelure. Parfois c’est une étoile
qui projette son ombre sur un torse.
La voici errante dans la clameur de la nuit,
aveugle et nue, mais vibrante de désir
comme un magnolia mouillé. Rapide est la bouche
qui effleure juste les rayons d’une autre lumière.
Je touche ses fines chevilles, ses cheveux ardents
et je vois une eau limpide dans la nacre d’une coquille.
et c’est toujours un corps aimant et fugace
qui chante dans une mer musicale le sang des voyelles.
[Traduit du portugais par Michel Chandeigne
Collection poésie – Gallimard]
A palavra é uma estátua submersa,um leopardo
que estremece em escuros bosques,uma anémona
sobre uma cabeleira.Por vezes é uma estrela
que projecta a sua sombra sobre um torso.
Ei-la sem destino no clamor da noite,
cega e nua,mas vibrante de desejo
como uma magnólia molhada.Rápida é a boca
que apenas aflora os raios de uma outra luz.
Toco-lhe os subtis tornozelos,os cabelos ardentes
e vejo uma água límpida numa concha marinha.
É sempre um corpo amante e fugidio
que canta num mar musical o sangue das vogais.
(de Acordes, 1989)





Merci de mettre en évidence Antonio Ramos Rosa.
Et pour qui peut être intéressé, il y a là 16 extraits de son recueil Le livre de l’ignorance :
http://lali.toutsimplement.be/index.php?s=ramos+rosa+livre+ignorance
C’est de toute beauté, merci Armando!
j’ai un petit recueil de ce poète qui s’appelle » respirer l’ombre vive » que j’avais acheter à cause du titre que je trouvais superbe, et j’ai aimé tout ce que j’ai lu
Magnifique ! merci, je vais l’acheter …