Les mots sont dangereux …

Il m’arrive de regarder la page blanche de mon blog et de me demander de quoi je vais bien pouvoir parler.Certes, j’ai tellement de choses à dire et l’envie de les dire, mais comment les dire?…

Parler ou écrire sont des choses dangereuses. La communication est une chose utile, mais dangereuse. Dès le moment où on prononce un premier mot, on peut causer une blessure, s’engouffrer, à contrecœur, dans un malentendu, avec pour seule assurance que les choses par la suite ne seront plus jamais comme elles devraient l’être.

Il m’arrive bien trop souvent de regretter de parler. Au nom d’une franchise personnelle, je crois qu’il m’arrive de blesser l’un ou l’autre plus susceptible. Alors qu’a plus profond de moi. je déteste cela.

Au nom des mots, j’ai connu l’abandon, le mépris des uns, l’exclusion des autres… De ceux qui encore hier se disaient mes amis, presque frères. Pour lesquels je n’existe plus. Ou peu. Ou dans un moment de mépris seulement.

Les mots me font peur. Mes mots me font peur… Parce qu’ils sont souvent maladroits. Parce que ceux que les lisent ou qui les écoutent les ressentent comme des blessures… Parce que les mots ne sont seulement que des mots… Malheureusement.

Et c’est en pensant à tous ces mots qui détruisent et blessent que quelquefois je regarde la page blanche de mon blog et que je me demande de quels morceaux d’existence je vais pouvoir parler. De quelle existence je vais pouvoir parler. De quoi je vais pouvoir parler. Comment je vais pouvoir en parler… et des fois, je n’ai qu’une seule envie: me taire. Et déposer une photo à la place des mots. De tous mes mots qui donnent l’envie de me taire.

[Photo : Armando Ribeiro]

À propos de dubleudansmesnuages

Je laisserai vagabonder mon esprit nomade, sur le fil d'or de mes silences, pour vous parler des ces choses qui me maintiennent en équilibre. Je vous parlerai aussi des musiques que j'aime. Elles se promènent du Fado d'Amália, de Dulce Pontes, de Cristina Branco, de Mariza, jusqu'aux voix frissonantes de Diana Krall, de Stacey Kent, de Chiara Civello, de Karrin Allyson, de Stina Nordenstam, de Robin McKelle, de Sophie Milman, d'Emilie-Claire Barlow, et d'encore plein d'autres … Aznavour, Brel, Duteil, Art Mengo, Berliner, Cabrel, Balavoine, Julien Clerc, Fugain, Le Forestier, Goldman, Lama, Rapsat, Vassiliu, Daniel Seff, Peyrac et tous ceux que m’on fait aimer la chanson française. Je me perdrai certains soirs dans le paradis de la musique brésilienne : Eliane Elias, Astrud Gilbert, Gal Costa, Elis Regina, Bia, Bebel Gilberto, Maria Creuza, Nara Leão, Jobim, Vinicius, Buarque, Toquinho, Djavan … Il y aura des moments où je vous parlerai d'une des chansons de ceux que j'affectionne. Donovan, Leonard Cohen, The Doors, Tracy Chapman, The Scorpions, Dylan, Lennon ou McCartney (avec ou sans les Beatles), ou de voix d'or comme Sarah Brightman, Ana Torroja, ou Teresa Salgueiro. Puis, parfois, je me promènerai sans but précis entre Piazzolla et Lluis Llach, de Mayte Martin à Gigliolla Cinquetti ou Paolo Conte, de Chavella Vargas à Souad Massi en passant par Gabriel Yacoub. Parce que la musique n’a aucune frontière. La musique ne connait que des sensibilités. Des sonorités. Des larmes ou des sourires. Je vous déposerai ici l'une ou l'autre de mes photos. Les moins ratées. Je vous laisserai un peu de poésie. Des poètes portugais. Que j'aime. Infiniment. Et puis tous les autres dont les textes me touchent. Je ne vous parlerai que des gens que j’aime. Et puis un peu de moi. Si peu. Et puis, si j'ai le temps. Seulement si j'ai le temps, je vous parlerai d'autres choses. Plus intimes.
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5 réponses à Les mots sont dangereux …

  1. Lali dit :

    Je crois qu’il faut tantôt les mots, tantôt les photos, tantôt un amalgame des deux, surtout de la part de quelqu’un qui maîtrise les deux arts avec autant de talent… malgré les jours de page blanche que tous ceux qui écrivent connaissent, malgré le fait que certains mots peuvent ne pas être les bons non plus.

    Écrire, c,est risquer de se tromper. Se taire, c’est aussi risquer de se tromper. Alors, que choisir? Je ne sais pas…

  2. Anonymous dit :

    oui parfois il vaudrait mieux se taire

  3. Odile dit :

    Ne parler qu’avec des photos…

    mais avec SES photos,qui sont le reflets de tous les mots,de bien des maux,reflet de l’âme,de la sensibilité,de la joie,de la peine,du partage…

    Comme je te comprends par la page blanche..

  4. Denise dit :

    Bien sûr, je comprends mais il y a mots et mots. L’écriture n’interprète pas toujours ce que l’on dirait dans un face à face. Dans l’écriture, on ne ressent pas l’intonation comme la parole quoique… Les mots peuvent apporter tant d’émotion tout comme la parole alors Armando, continue d’écrire avec tes mots et pourquoi pas avec une fleur. Mots et fleurs font tellement de bien.

    Amitiés

  5. isa dit :

    et parfois les photos disent plus que les mots,

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