Le jour de la Saint Martin

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Au Portugal, la tradition veut qu’aujourd’hui on se retrouve pour fêter l’amitié et le partage autour de quelques châtaignes grillées (on peut aussi les cuire) et arrosées d’água pé. (Une boisson qu’on obtenait en ajoutant de l’eau au vin et qu’on donnait en offrande aux ouvriers. Toutefois, la vrai água pé – eau de pieds en français – était obtenue directement à partir du raisin et non du vin. Après avoir fait couler le jus du vin, on mettait de l’eau dans les cuves et on laissait reposer pendant quelques heures, après quoi, par une méthode de pression on versait le tout dans un grand tonneau et on obtenait ainsi le « champagne des pauvres ». Ce précieux liquide est devenu l’accompagnement par excellence, des châtaignes.)

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Il est bon de rappeler que la châtaigne était un élément de base de l’alimentation en Europe, jusqu’à l’arrivée de la pomme de terre, en 1534, apportée par des moines Espagnols rentrés des Andes.
Plus tard, lorsqu’il est allé jouer au petit soldat à la Guerre des Sept Ans, Antoine Parmentier découvre les bienfaits de la pomme de terre en captivité en Prusse, où celle-ci (la pomme de terre) était la nourriture principale des prisonniers, et développe, dès son retour à Paris, son usage dans nos habitudes alimentaires. On lui doit aussi quelques travaux (pratiques?) sur l’opium.
Mine de rien (et je vous la fais courte), c’est madame la pomme de terre qui est en quelque sorte à l’origine de la grande vague d’émigration des Irlandais, aux alentours de 1850, vers le pays du récent Prix Nobel (pour encourager le gars à faire quelque chose.  On ne sait pas encore quoi mais il le fera. Patience, donc.) et le Canada, suite à l’épidémie de mildiou qui a été à l’origine de la grande famine en Irlande. Vous y penserez la prochaine fois que vous mangerez des frites…

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Revenons à nos châtaignes. Un peu partout au Portugal on les vend dans les rues, à cette époque, pour le plus grand bonheur de mes souvenirs d’enfance.  Il y a même le grand Carlos do Carmo qui a immortalisé l’homme des châtaignes si cher au cœur des Portugais.

S’il vous vient envie de faire comme les Portugais aujourd’hui, voilà la recette de maître Armando :

Préchauffez le four a 200degrés;
Avec un couteau digne de ce nom, faites une incision dans la châtaigne. N’ayez pas peur du qu’en-dira-t-on, cette incision-là est permise;
Saupoudrez allégrement (en sifflotant si vous voulez) avec du gros sel marin;
Faites cuire les châtaignes (dans une poêle à trous, si vous avez une, sinon sur une plateau) environ 15 à 20 minutes (en remuant de temps à autre. Elles adorent ça, les petites coquines…) ou, si vous avez un feu ouvert ou un barbecue, faites-le sur les braises… (C’est plus romantique).

[pour faire vraiment à la portugaise une fois sorties du four, enveloppez-les bien chaudes dans un papier journal (sans se soucier des nouvelles) et laissez-les ainsi une bonne dizaine des minutes…

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Allez-y maintenant, dégustez!… Comment?  C’est raté? Bon, on recommence… je rigole… Il y a Servanne qui était déjà affolée… et cherchait un jeu de mots pour se venger.

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Il ne s’avère pas nécessaire de vous dire pour les Portugais l’importance du onze novembre, jour de la Saint Martin, puisqu’il est le seul saint populaire à être fêté pendant le temps ‘froid’, étant donné que les trois autres gaillards, saint Antoine, saint Jean et saint Pierre sont fêtés au mois de juin.

Symbole de partage, Saint Martin est né à Sabaria, Hongrie, en trois cents et quelques après JC. Pas le gars de Déblogue, l’autre qui a transformé l’eau en vin.
Devenu un grand soldat et respectable officier romain, on raconte qu’un jour de grand froid, il a croisé un pauvre sur la route et qu’il a partagé avec lui son manteau pour qu’il se protège de l’hiver.

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C’est alors que le froid et la tempête ont miraculeusement disparu,et qu’un nouvel été s’est mis à briller de mille feux… comme dans les photos de Denise, savoureusement commentées par Zin Zin…

Quand j’étais petit garçon, on racontait que le pauvre n’était autre que JC en personne, et que pour qu’on se rappelle de la générosité du grand soldat a ainsi été créé l’été de la Saint Martin… Faut ajouter que le généreux homme (les photographes de l’époque ne sont tous pas d’accord pour dire à quoi il ressemblait, tantôt vieux et chauve, tantôt jeune, robuste et plein de cheveux)

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est devenu évêque de Tours en 371 et qu’on lui doit la création de l’Abbaye de Marmoutier.

Il a été enterré le 11 novembre, et on a pu dire : il a été Saint Martin… (zut, là je gaffe je crois. Trop tard… C’est dit, c’est dit.)

Encore aujourd’hui je crois toujours à cette belle histoire du gars qui donne la moitié de son manteau et que ça s’appelle un miracle.
De nos jours c’est pareil…  sauf qu’on n’est plus à la belle époque des miracles en veux-tu en voilà… C’est bien fini le temps où les miracles se ramassaient à la pelle, comme des feuilles d’automne.

Dicton du jour : Le jour de la Saint Martin on descend à la cave goûter le vin.

 

À propos de dubleudansmesnuages

Je laisserai vagabonder mon esprit nomade, sur le fil d'or de mes silences, pour vous parler des ces choses qui me maintiennent en équilibre. Je vous parlerai aussi des musiques que j'aime. Elles se promènent du Fado d'Amália, de Dulce Pontes, de Cristina Branco, de Mariza, jusqu'aux voix frissonantes de Diana Krall, de Stacey Kent, de Chiara Civello, de Karrin Allyson, de Stina Nordenstam, de Robin McKelle, de Sophie Milman, d'Emilie-Claire Barlow, et d'encore plein d'autres … Aznavour, Brel, Duteil, Art Mengo, Berliner, Cabrel, Balavoine, Julien Clerc, Fugain, Le Forestier, Goldman, Lama, Rapsat, Vassiliu, Daniel Seff, Peyrac et tous ceux que m’on fait aimer la chanson française. Je me perdrai certains soirs dans le paradis de la musique brésilienne : Eliane Elias, Astrud Gilbert, Gal Costa, Elis Regina, Bia, Bebel Gilberto, Maria Creuza, Nara Leão, Jobim, Vinicius, Buarque, Toquinho, Djavan … Il y aura des moments où je vous parlerai d'une des chansons de ceux que j'affectionne. Donovan, Leonard Cohen, The Doors, Tracy Chapman, The Scorpions, Dylan, Lennon ou McCartney (avec ou sans les Beatles), ou de voix d'or comme Sarah Brightman, Ana Torroja, ou Teresa Salgueiro. Puis, parfois, je me promènerai sans but précis entre Piazzolla et Lluis Llach, de Mayte Martin à Gigliolla Cinquetti ou Paolo Conte, de Chavella Vargas à Souad Massi en passant par Gabriel Yacoub. Parce que la musique n’a aucune frontière. La musique ne connait que des sensibilités. Des sonorités. Des larmes ou des sourires. Je vous déposerai ici l'une ou l'autre de mes photos. Les moins ratées. Je vous laisserai un peu de poésie. Des poètes portugais. Que j'aime. Infiniment. Et puis tous les autres dont les textes me touchent. Je ne vous parlerai que des gens que j’aime. Et puis un peu de moi. Si peu. Et puis, si j'ai le temps. Seulement si j'ai le temps, je vous parlerai d'autres choses. Plus intimes.
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11 réponses à Le jour de la Saint Martin

  1. Armando

    Je suis venu. J’ai lu. J’ai apprécié. Une tradition qu’il faut perpétuer. Et quelle chute vous nous proposez 😉 « C’est bien fini le temps où les miracles se ramassaient à la pelle, comme des feuilles d’automne »!

    Pierre R.

  2. ovar dit :

    j’en boirais bien un petit coup,d’agua pé!c’est à Foz cõa et à Noumão que j’en ai bu le plus.
    et je me frotte les mains devant ces vendeurs de chataignes.
    biz

  3. Merci à tous.
    Dominique le gros sel est pour saler les châtaignes.
    Bisous
    Armando

  4. Lali dit :

    Un mercredi savoureux… si j’en crois ceux qui connaissent le goût des châtaignes grillées!

  5. BRAZEX dit :

    Ah oui flâner un jour d’hiver dans la vieille Lisbonne avec un bon paquet de châtaignes, ça me rappelle des beau souvenirs de jeunesse.

  6. JC dit :

    Après le bleu, le marron !!!
    Tu nous en fais voir de toutes les couleurs jeune homme !

  7. Isa dit :

    e viva o S. Martinho

  8. Denise dit :

    Les châtaignes grillées, je les sens d’ici… Oh quel parfum et c’est un régal!

    C’est un moment de partage heureux et convivial.

    Bonne journée, Armando!

  9. chantal dit :

    Un mercredi plein de saveur et de tradition, il me semble sentir la bonne odeur des châtaignes !
    Quel délice, j’adore! Et que beau et sympathique moment de convivialité si l’on peut les partager en bonne compagnie, autour d’un feu de bois !

    Merci Armando, douce journée.

  10. Servanne dit :

    Merveilleux mercredi d’Armando, ah les châtaignes, j’adore, et tant pis pour les nouvelles hein ! rires,

    Bisous de papier froissé et de châtaignes d’eau ( que l’on utilise en cuisien asiatique … )

  11. Dominique dit :

    Des châtaignes qui grillent c’est un parfum enivrant, la magie de l’enfance, on se brûle les doigts et parfois la langue mais quel délice
    la gourmandise n’a pas de frontière
    Par contre le gros sel ça sert à quoi Armando ?

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