Je ne sais pas si c’est d’un intérêt majeur, mais il faut que je vous dise que j’ai fait toutes mes études à Lisbonne. Donc forcément en langue portugaise.
Je ne sais pas si c’est encore d’un grand intérêt mais c’est également à Lisbonne que j’ai fait des études d’arts graphiques.
Mes souvenirs me racontent que les arts graphique (dont faisait partie la typographie) sont venus à ma rencontre grâce à mes connaissances en langue portugaise. La connaissance de la langue était considérée comme une base indispensable pour pouvoir espérer être un bon typographe.
Mon professeur de portugais et d’histoire, était un bonhomme étrange, avec un air complètement «ailleurs», comme s’il descendait d’un monde où seuls ceux qui plongent dans l’univers turbulent et rêveur de la lecture peuvent en avoir croisé de tels.
Je me souviens encore qu’il me murmurait en me rendant mes travaux : «Et les virgules?… Où sont passées les virgules?…»
Je vous avoue franchement que je ne voyais pas ni l’intérêt ni le besoin de dépenser de l’encre, pour faire des petites traces inégales et ridicules. Pendues à la ligne d’un cahier comme des désespérés accrochés à leur salut.
Il m’arrive régulièrement de me rappeller tendrement de mon vieux professeur toujours si «ailleurs» et si humain dans ses remarques. «Et les virgules?… Tu as fait quoi des virgules?…». La ponctuation est l’armée du rythme. Trop c’est de la dictature. Pas assez de l’anarchie. Ne l’oublie pas.
Que sa remarque me semble si douce et si juste aujourd’hui.
Et aujourd’hui, quand les envies d’écrire m’assaillissent, je relis inlassablement mes phrases et je me demande si une virgule ici et là, et un point final à espaces réguliers, ne m’aideraient pas à bien séparer les choses. À être plus clair. À faire court. Pour indiquer distinctement chaque phrase. Pour faire durer d’avantage le plaisir d’écrire. Pour être lu avec lenteur et nonchalance. Pour faire naître quelquefois un sourire à celui qui m’a donné le goût d’écrire.
À propos de dubleudansmesnuages
Je laisserai vagabonder mon esprit nomade, sur le fil d'or de mes silences, pour vous parler des ces choses qui me maintiennent en équilibre.
Je vous parlerai aussi des musiques que j'aime. Elles se promènent du Fado d'Amália, de Dulce Pontes, de Cristina Branco, de Mariza, jusqu'aux voix frissonantes de Diana Krall, de Stacey Kent, de Chiara Civello, de Karrin Allyson, de Stina Nordenstam, de Robin McKelle, de Sophie Milman, d'Emilie-Claire Barlow, et d'encore plein d'autres …
Aznavour, Brel, Duteil, Art Mengo, Berliner, Cabrel, Balavoine, Julien Clerc, Fugain, Le Forestier, Goldman, Lama, Rapsat, Vassiliu, Daniel Seff, Peyrac et tous ceux que m’on fait aimer la chanson française.
Je me perdrai certains soirs dans le paradis de la musique brésilienne : Eliane Elias, Astrud Gilbert, Gal Costa, Elis Regina, Bia, Bebel Gilberto, Maria Creuza, Nara Leão, Jobim, Vinicius, Buarque, Toquinho, Djavan …
Il y aura des moments où je vous parlerai d'une des chansons de ceux que j'affectionne. Donovan, Leonard Cohen, The Doors, Tracy Chapman, The Scorpions, Dylan, Lennon ou McCartney (avec ou sans les Beatles), ou de voix d'or comme Sarah Brightman, Ana Torroja, ou Teresa Salgueiro.
Puis, parfois, je me promènerai sans but précis entre Piazzolla et Lluis Llach, de Mayte Martin à Gigliolla Cinquetti ou Paolo Conte, de Chavella Vargas à Souad Massi en passant par Gabriel Yacoub.
Parce que la musique n’a aucune frontière. La musique ne connait que des sensibilités. Des sonorités. Des larmes ou des sourires.
Je vous déposerai ici l'une ou l'autre de mes photos. Les moins ratées.
Je vous laisserai un peu de poésie. Des poètes portugais. Que j'aime. Infiniment. Et puis tous les autres dont les textes me touchent.
Je ne vous parlerai que des gens que j’aime. Et puis un peu de moi. Si peu.
Et puis, si j'ai le temps. Seulement si j'ai le temps, je vous parlerai d'autres choses. Plus intimes.
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Ah les points de suspension….
Je crois que je m’en sert un peu trop….!!Si,si !
J’adore cette histoire de virgules. En effet, sont-elles nécessaires, sont-elles trop nombreuses ou trop rares? C’est là travail d’écrivain… et dans un deuxième temps, celui des réviseurs…
Les points de suspension aussi forment un joli casse-tête… Peut-être serait-ce le sujet d’un autre billet?
J’aime beaucoup l’image de « la virgule pendue à la ligne d’un cahier comme un désespéré accroché à son salut ». C’est dommage qu’elle soit difficile à placer dans le langage courant … Elle ferait florès.
« Trop, c’est de la dictature. Pas assez, de l’anarchie ». Tout est dit en quelques mots, et de plus avec élégance !
Moi, j’utilise énrmément les virgules, quelquefois j’en mais plusieurs à la suite,,, pour la respiration,sans doute…:-))