Mercredi 2 juin 2010

Encore deux jours et voilà qu’il va falloir quitter tout ça en se disant le bleu à l’âme “à la prochaine”… et pas un jour de plus. Mais que fait Eyjafjöll?… quel fainéant celui-là, alors….

Encore deux jours et voilà qu’il va falloir quitter tout ça en se disant le bleu à l’âme “à la prochaine”… et pas un jour de plus. Mais que fait Eyjafjöll?… quel fainéant celui-là, alors….
Souvenez-vous… Je vous avais dit ici que le bleu avait été contacté par Cindy (Serious Guide) qui, en surfant sur la toile, était tombée sur Quelques jours à Lisbonne…
Par la suite, elle m’a fait parvenir un courriel où elle me parlait, avec enthousiasme, d’un projet de guide sur Lisbonne et me demandait la permission d’inclure un lien à partir de leur site vers le bleu. Bien évidemment que je lui ai donné l’autorisation.
Et puis voilà que le temps a passé… Ma ville s’est endormie, bercée par la nonchalance du Tage, embelli par le reflet des étoiles amoureuses et heureuses d’un lieu ouvert sur le monde… Puis un jour, un nouveau message de Cindy pour me dire que ça y était. Le projet avait pris forme et le guide sur Lisbonne allait voir le jour dans quelques semaines, et, pour me remercier de la participation du bleu, Cindy se proposait de me faire parvenir un exemplaire. Une présentation concernant les blogs source était mise en ligne, par là.
Et je dois avouer qu’après quelques clics de souris, j’étais assez satisfait du design et du concept jeune et innovateur du site, dont je vous conseille d’ailleurs la visite.
Puis, quelques jours plus tard, le Serious Guide sur Lisbonne est arrivé à bon port. Le voici :
Personne ne peut imaginer mon étonnement devant tout ce que j’ai appris, et face à cette manière incompréhensiblement simpliste et expéditive avec laquelle on traite l’histoire d’un pays. Je vous offre deux ou trois petits exemples :
On apprend donc ainsi que :
- le monastère de Hiéronymites a été construit quand Lisbonne était la ville la plus riche du monde, grâce aux découvertes de Vasco de Gama sur la route des Indes.
Aux découvertes de Vasco de Gama? Ah bon… Et lesquelles puis-je savoir?… Je serais bien satisfait d’épater mon ami Leonel, avec les découvertes de celui qui a ouvert la route maritime vers les Indes et puis avec le fait que le monastère des Hiéronymites n’a pas été construit en hommage aux découvertes portugaises par le monde, comme l’avait prétendu ce menteur de D. Manuel I…
- les Lisboètes sont les fiers héritiers de Vasco de Gama, de Pedro Alvares Cabral et d’une civilisation qui a découvert une partie du Nouveau Continent.
C’est une évidence. Surtout quand on sait que Vasco de Gama est né à Sines, Alentejo et est décédé aux Indes et que Pedro Alvares Cabral est né à Belmonte, un village pas loin de Castelo Branco et est décédé dans un presque anonymat à Santarém; alors, je ne vois pas pourquoi le Lisboète que je suis serait plus fier de ces deux illustres ancêtres que mon copain Bras qui est né à Alferrarede, une petite ville à côté d’Abrantes…
- que c’est encore Vasco de Gama qui a franchi le premier la cap de Bonne-Espérance, je cite : Une frontière vers l’océan indien réputé infranchissable jusqu’à ce que Vasco de Gama la passe en 1499.
Tiens, voilà autre chose… Et on fait quoi avec Bartolomeu Dias, qui a franchi le Cap de Bonne-Espérance en 1487?… On l’oublie ?… On rature les livres d’histoire et on met Vasco de Gama à la place ?… Je veux bien, mais ça va donner un sacré boulot et puis il y aura toujours une bande de râleurs qui ne vont pas être d’accord…
Puis, dans un autre registre, bien moins grave, j’apprends qu’à Caparica (à environ 15 kilomètres de Lisbonne), il y a les plages les plus proches de Lisbonne.
Cette certitude m’étonne puisqu’à une dizaine de kilomètres de Lisbonne, en empruntant le train vers Cascais, il y a déjà les plages du Dafundo, de Cruz de Quebrada, etc… et qu’elles ne sont qu’à une petite dizaine de kilomètres de la gare de Cais do Sodré.
Certes, elles n’ont pas la préférence de beaucoup d’habitants de Lisbonne, mais on ne peut pas ignorer leur existence, d’autant plus qu’à Oeiras, à une quinzaine de kilomètres de Lisbonne, il y a le magnifique parc des poètes, qui pourrait avoir un intérêt touristique, aussi modeste soit-il.
Puis, parmi tant d’autres erreurs, je prends plusieurs notes éparses qui m’ont fait sourire de tristesse, notamment le fait que les Lisboètes ne sont donc pas un peuple, mais des peuples. Un savant assemblage qui se poursuit encore aujourd’hui. Je suis vraiment ravi d’apprendre que je suis un savant assemblage. Puisque le savant y est. On se croirait chez Renault ou chez Lego…. Ah quand la réalité rejoint la fiction… Puis j’apprends également que :
Outre le fait qu’en français on dirait amants de révérences et qu’en portugais l’orthographe correcte est doutor/a, il faut souligner qu’il s’agit là d’un usage lié à la culture portugaise et aucunement d’une tare spécifique aux habitants de Lisbonne.
Dire que ce “sont des grands amants de révérences”, alors qu’il s’agit d’une formule de politesse (d’ailleurs les Italiens ont eu la même), relève à mes yeux de la caricature puérile et complétement gratuite qui ne devrait pas avoir sa place dans un guide touristique quel qu’il soit, à moins que Serious Guide cherche dans le pétillant. Dans ce cas, j’en ai du vraiment utile : il faut ajouter quelque part qu’il n’y a pas de pareil dans ce bas monde que les Lisboètes pour embrasser les filles. Et il faut que cela se sache puisqu’il serait bien dommage d’aller à Lisbonne et de rater une chose pareille. Pour les filles, je veux dire.
Puis, le Survivre sans être bilingue et le glossaire sont une vraie catastrophe. L’un et l’autre contiennent des erreurs inacceptables pour le Portugais que je suis, en plus des jurons ou grossièretés (considérés comme des blasphèmes dans le guide, va savoir pourquoi), qui sont à mon humble avis complètement inutiles.
En effet, je ne vois pas l’utilité d’apprendre à dire a quelqu’un “Va te faire foutre” ou “connard” en portugais lorsqu’il visite Lisbonne. Je reste persuadé d’ailleurs que ce n’est pas la préoccupation majeure de ceux qui visitent une ville.
Et je pourrais encore donner tant et tant d’autres exemples de ce qui, je veux m’en convaincre, sont des erreurs ou des maladresses dues à la précipitation et voire quelquefois l’ignorance, comme le fait de signaler L’exposition universelle lisboète (universelle ou lisboète, mais pas les deux), ou encore l’introduction de mots utilisés dans le vocabulaire brésilien mais qui en portugais n’ont pas la même signification, comme par exemple toilettes traduit par ”banhiero” (tiens encore une erreur, puisqu’on écrit banheiro), erreur que la consultation de n’importe quel dictionnaire aurait pu éviter…
… mais, au vu d’un premier courriel que j’ai reçu en retour lorsque j’ai signalé la présence de quelques erreurs dans le guide, je ne suis guère convaincu, à moins que la raison et une relecture sérieuse et posée (à l’aide d’un dictionnaire et en restant fidèle à la pensé de mon ami JC: “Je ne suis pas érudit, mais maintenant j’ouvre ma google !”) finissent par l’emporter…
J’insiste aussi sur le fait qu’il est bien dommage que ce guide, parti d’une bonne idée, avec un format de poche et une conception jeune, innovante et agréable, en plus enrichi d’un index pratique et d’une carte de Lisbonne assez correcte, soit gâché par quelques évidentes ignorances et imprécisions, soit sur Lisbonne, soit sur l’histoire du Portugal, soit même sur l’Europe, auxquels s’ajoutent erreurs d’orthographe, d’interprétation et d’autres bêtises dont je vous offre le succulent et délicieux Ça n’intéresse personne.
Même en ayant la ferme certitude que tout ne peut pas être mis dans un guide aussi concentré, je trouve dommage que celui-ci ne fasse aucune mention du voyage par tram Lisbonne-Cascais, au bord du Tage, qui constitue une belle promenade au long de la côte. De plus, je n’ai trouvé aucune mention de lieux comme la Trindade, le Palais du Marquis da Fronteira ni du Palais de Ajuda, alors qu’on cite d’autres choses dont l’intérêt me paraît relatif. Puis, même quand le guide aborde le football, aucune mention n’est faite du troisième club de Lisbonne, les Belenenses, au parcours moins prestigieux que le Benfica et le Sporting certes, mais au passé riche et important dans la vie sportive de la capitale.
Cependant, j’insiste (et ceci même que je ne serais pas surpris d’être ”viré“ du site de Serious Guide), lors d’une prochaine édition, tous ces problèmes seront résolus.
En fait, ce guide me fait penser à l’esprit Windows… Va falloir quelques mises à jour avant que je vous conseille d’ouvrir votre porte-monnaie (12,50 € tout de même…), mais comme tout cela n’est pas bien sérieux, laissez-moi terminer par quelques sourires :
… un concept donc… c’est noté!…
et les pizzas?… j’adore les pizzas… et les pastéis de nata?…. et le cozido à la portugesa?… et puis pour la révolution des œillets, la formule est poétique, mais il ne faut pas exagérer tout de même, ce n’était pas Woodstock non plus… (il y eu six morts et que je sache on ne tue personne à coups d’œillets) et pour finir, je suis aussi heureux de savoir que
… au passage je tire la langue aux Montargois comme JC, aux Lyonnais comme Dominique, aux Biterrois comme Chris et aux Parisiens comme les Parisiens… qu’on ne peut visiter que pendant quelques mois dans l’année… et par beau temps uniquement…
Mais attention, il faut cependant faire gaffe. Lisbonne se visite peut-être toute l’année, mais pas à n’importe qu’elle heure… il y a des gens qui dorment tout de même…
Il n’est pas rare que, dans l’insoutenable légèreté de notre ennui quotidien, on soit régulièrement agressé par les histoires de coucheries, soit sur les couvertures de magazines de tout poil, au travail ou encore parmi nos relations proches, et qu’on entende ici et là, une allusion à toutes ces histoires de fesses du genre Monsieur bourdon qui couche avec Madame papillon, et à notre dose de ’scandale’ et d’opinions pas très catholiques, par les uns et les autres, comme si ce que chacun fait de ses parties intimes pouvait concerner tout le monde.
J’entends… J’entends… et je me dis… et alors?…
Qu’une stagiaire quelque parte aux States, ou qu’untel ait des rendez-vous galants avec l’une ou l’autre ou que Monsieur-tout-le-monde avec la voisine d’à côté… je n’en ai vraiment que faire.
J’ai chaque fois envie de dire, et alors?… Ça concerne qui?… Et pourquoi cela concernerait quelqu’un d’autre que les pratiquants de ce bel effort partagé?…
En ce qui me concerne, cela m’énerve et me laisse quelquefois en colère. Surtout quand parmi mes relations ou quelque part, au bureau ou ailleurs, quelqu’un me murmure avoir entendu que monsieur untel s’offre du bon temps avec miss coquelicot, suivi du sacrosaint « …tu imagines? »… Je vous avoue que je ne puis qu”offrir un soupir de mépris et que je n’imagine rien d’autre que des connards andouilles qui n’ont d’autre à faire que mettre leur nez dans les fesses des autres.
Et ça, ce n’est pas très propre…
P.-S. — juste un cri qui trainait encore quelque part dans mon cœur
Aussitôt qu’elles ont appris que JC n’était pas monté au ciel,
folles de joie, les filles ont été aux anges!…