
Un échafaud pour quelques mots
Bloguer était devenue une sorte de drogue. Je me réveillais même parfois en pleine nuit, pour asseoir des bribes de mots, des pensées, des émotions. C’était devenu plus fort que moi. Je quittais mon écran tard le soir, encore hallucinée par la tournure d’un commentaire ; je m’endormais entrechoquée par l’écho d’un commentaire qui n’avait de cesse de résonner dans ma tête sans trouver sortie.
Je peux même vous raconter l’anecdote qu’il m’est arrivé hier. Je cherchais un peu vainement un vol pas cher pour me rendre à Barcelone. Cette lubie m’avait prise, allez voir la Sagrada Familia, monter les marches de cette cathédrale inachevée. Ses pierres, soudainement, me manquaient. Ses antres montants et étroits m’obsédaient. Je me visionnais sur les marches de l’édifice, regardant de temps en temps à l’extérieur, ses autres côtés, marrons. J’avais envie de me retrouver parmi les touristes et leur excitation à s’élever dans cette œuvre d’art, cette tour babelisante, jamais finie.
Toile: Justin Simoni

Je ne sais combien de fois j’ai vécu ce premier paragraphe ni combien de fois je le vivrai encore…
Je sais juste que c’est exactement ça!