Carte blanche à… Reine

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Je n’aime pas la souris ou plus exactement, elle ne me dit rien : un bout de plastique nourri de grains de sable un peu mystérieux et magiques… ce qui devrait plaider en sa faveur. Néanmoins je manque incontestablement de reconnaissance pour cette petite bête qui, à peine l’ai-je touchée, m’ouvre les portes du monde. «Clic» : je suis en Australie, «clac» je suis au moyen âge !

Mais quand je vois un stylo plume, pas forcément le mien, je ne peux m’empêcher de le contempler. C’est beau, un stylo ! Toute sa coquetterie est dans la matière, dans la forme, dans ses couleurs.

Stylos chics et élégants dits de luxe, ceux, pourrait-on dire, des beaux quartiers.

Stylos fluo ou relookés des scolaires, capricieux comme des enfants gâtés tant ils sont parfois nombreux dans les trousses.

Stylos écolos faits de bois, qui semblent tout droit sortir de la forêt pour s’inscrire dans l’éternité !

Quels qu’ils soient, ils nous laissent imaginer ce qu’ils ont écrit ou ce qu’ils vont écrire. D’ailleurs, notre regard s’arrête d’abord sur la plume qui manifeste sa joie dès qu’elle glisse sur la feuille par un petit bruissement si proche du murmure.

Je n’ai jamais pu jeter un stylo. Je ne sais pas non plus ce que j’en fais, je ne le range pas dans une boîte. Non … un jour je ne le trouve plus dans ma main, elle en a choisi un autre qui écrit mieux. Et plus tard je serai toute surprise de le retrouver au fond d’un tiroir et je ne résisterai pas au plaisir de l’essayer « pour voir s’il marche ». Quelle joie s’il répond à ma demande, il sera gratifié d’une nouvelle vie et d’une attention particulière.

Evocation d’une main aimée quand il a appartenu à un être cher «que la Vie exila», le stylo n’est pas un objet. Il est prolongement de nos doigts, il dit l’expression ultime de nos pensées et de nos émotions. Complice de notre quotidien, il l’est aussi de nos rêves.

Et à ce titre, il fait partie de nous.

 

À propos de dubleudansmesnuages

Je laisserai vagabonder mon esprit nomade, sur le fil d'or de mes silences, pour vous parler des ces choses qui me maintiennent en équilibre. Je vous parlerai aussi des musiques que j'aime. Elles se promènent du Fado d'Amália, de Dulce Pontes, de Cristina Branco, de Mariza, jusqu'aux voix frissonantes de Diana Krall, de Stacey Kent, de Chiara Civello, de Karrin Allyson, de Stina Nordenstam, de Robin McKelle, de Sophie Milman, d'Emilie-Claire Barlow, et d'encore plein d'autres … Aznavour, Brel, Duteil, Art Mengo, Berliner, Cabrel, Balavoine, Julien Clerc, Fugain, Le Forestier, Goldman, Lama, Rapsat, Vassiliu, Daniel Seff, Peyrac et tous ceux que m’on fait aimer la chanson française. Je me perdrai certains soirs dans le paradis de la musique brésilienne : Eliane Elias, Astrud Gilbert, Gal Costa, Elis Regina, Bia, Bebel Gilberto, Maria Creuza, Nara Leão, Jobim, Vinicius, Buarque, Toquinho, Djavan … Il y aura des moments où je vous parlerai d'une des chansons de ceux que j'affectionne. Donovan, Leonard Cohen, The Doors, Tracy Chapman, The Scorpions, Dylan, Lennon ou McCartney (avec ou sans les Beatles), ou de voix d'or comme Sarah Brightman, Ana Torroja, ou Teresa Salgueiro. Puis, parfois, je me promènerai sans but précis entre Piazzolla et Lluis Llach, de Mayte Martin à Gigliolla Cinquetti ou Paolo Conte, de Chavella Vargas à Souad Massi en passant par Gabriel Yacoub. Parce que la musique n’a aucune frontière. La musique ne connait que des sensibilités. Des sonorités. Des larmes ou des sourires. Je vous déposerai ici l'une ou l'autre de mes photos. Les moins ratées. Je vous laisserai un peu de poésie. Des poètes portugais. Que j'aime. Infiniment. Et puis tous les autres dont les textes me touchent. Je ne vous parlerai que des gens que j’aime. Et puis un peu de moi. Si peu. Et puis, si j'ai le temps. Seulement si j'ai le temps, je vous parlerai d'autres choses. Plus intimes.
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9 réponses à Carte blanche à… Reine

  1. Denise dit :

    Merci Armando pour la traduction de fios de seda qui a écrit un joli commentaire.

  2. Lali dit :

    Et si je n’écris pas, je suis en manque, comme l’est sûrement un toxicomane en sevrage. Et si je n’écris pas parce que je fais autre chose, vient ce moment où je dois retrouver ma plume et mes cahiers. D’ailleurs, je ne sors jamais sans avoir de quoi écrire si l’envie me prenait, si un paysage ou une odeur suscitaient en moi l’irrésistible envie de raconter.

    Et dans toutes les pièces de la maison, il y a des plumes, des crayons, des stylos de toutes les couleurs et à profusion. Je passe ma vie à en acheter. Et à les utiliser, bien entendu. Il y a tout de même deux couleurs que je préfère aux autres pour écrire, le violet et le turquoise, et je ne pourrais dire pourquoi. C’est comme ça, c’est tout. Je crois que ça fait partie des plaisirs de la vie, sans aucun doute. Comme écrire.

  3. bob august dit :

    Je t’envie ; 15 ans avec un clavier et une souris et voilà le résultat : je suis incapable de me relire si j’utilise la plume – ou le vulgaire stylo bic – et le papier. Pas fort pour un archiviste 😉

  4. Reine dit :

    Merci pour la traduction ! Et pour les commentaires !

  5. Skynet dit :

    Texte magnifique et très inspiré. Pour ma part, rien le remplace une plume ni la chaleur des couleurs poétiques des encres.
    Merci pour ce texte.
    A bientôt.

  6. isa dit :

    Mois j’aime bien le souri, mais il est vrai qu’une plume c’est magique et unique, elle a un caractère, une douceur …… et puis il y a de tout et pour tous. Des grands des petites, des grosses, des fines chaque main trouve celle qu’elle aime. Et vous avez raison quand vous dites « Et à ce titre, il fait partie de nous.”

  7. Denise dit :

    Merci Reine pour ce très joli récit sur un stylo plume qui m’enchante à chaque fois que je reçois une lettre manuscrite car je sens que la personne y a mis tout son coeur, pour nous faire cadeau de ses beaux mots…

    Amitié

  8. fios de seda dit :

    Uma caneta de tinta permanente … é um prolongamento dos nossos próprios sonhos! E quando alguns deles viram realidade, ainda que por pequeninos instantes, a vontade é mais que muita… de partilhar com ELA tudo o que nos vai na alma!

    [traduction pour Reine : Une plume … c’est le prolongement de nos propres rêves! Et quand certains on vu la réalité, même pour quelques moments, l’envie est encore plus grande … de partager avec ELLE tout ce que nous avons dans le coeur!]

  9. JC dit :

    Cette plume s’est envolée fort agréablement
    Merci Reine

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