Me revoilà, après une semaine d’infidélité, pour cause de Casa Pia. Je ne vous demande même pas de me pardonner puisque maintenant que c’est fait, c’est fait, pas la peine de revenir sur le passé. Nous allons devoir vivre avec ce poids sur la conscience. Moi avec le poids de mon infidélité et vous avec le poids de votre pardon généreux et compréhensif.
Mai, ouvrez-moi vos bras chaleureux, je suis bien là et de retour, et montrez-moi combien j’ai pu vous manquer avec ma rubrique des «disquailles» que je descends chaque semaine, avec moins de talent que Saab, mais avec tellement plus d’acharnement.
Faut dire que je ne suis pas resté bêtement les mains dans mes poches, à regarder passer les oiseaux. J’en ai profité pour aller me procurer les fameux sésames pour Miss Melua. On sera de la fête… avec le Fruit Vert, le Repris de Justesse et Mimi (Bôbô) pour les intimes. Non, franchement, ils ne sont pas beaux?… Jalouuuuuksx?… Ola-la-la les méchants…
Passons donc aux choses sérieuses…
Arno, 2008 – Cocktail Covers
Je dois avouer qu’il n’est pas fréquent que je regarde le nouveau disque de quelqu’un et je murmure : Lui aussi?… Surtout s’il s’agit du surprenant Belge Arno.
Faut dire que le gars s’est offert un cocktail de reprises pour ses 20 ans de carrière. Il y a du Stephan Eicher, du Gainsbourg avec Birkin, du Nino, du Reggiani, du Dutronc avec la magnifique Beverly Jo Scott, de l’ Annegarn, du Nougaro et du Brel, et tout cela mélangé à du Nina Simone, aux Stones, à du Bowie, du Muddy Waters, aux Beatles, à Queen et où on trouve un très étonnant «Knowing me, Knowing You», qu’il caresse tendrement de sa voix rocailleuse jusqu’à nous faire oublier qu’il s’agit d’un titre original d’Abba.
Et vous, ça va? Pas la tête qui tourne avec tout ça?…
C’est vrai que, vivant en Belgique, je ne peux pas vous dire que c’est un album de reprises génial. C’est vrai qu’aimant Arno, je suis douteux si je vous dis que je suis enchanté par cet album qui démontre de la part de cet artiste un esprit de liberté et d’ouverture rares.
Puis-je vous dire au moins que c’est le genre de cocktail qu’on peu boire sans soif. Juste pour le plaisir ? Allez par là prendre un coup.
Barekaned Ladies, 2008 – Snack Time
Voilà une découverte délicieuse. Ce groupe canadien qui nous vient de Toronto et leur disque pour enfants sont un bonheur. Un vrai.
Qu’il s’agisse de chanter les Ninjas ou l’Alphabet Song (Crazy abc’s), ce groupe ne manquera pas d’habiller vos lèvres charnues d’un sourire heureux, tellement les mélodies sont juteuses et les paroles intelligentes, gourmandes et accrocheuses, comme la blonde de Roger Rabbit dans une rêve d’été au bord de la plage.
Un ensemble de 24 chansons contre la mauvaise humeur, pleines d’air frais. Alors vous qui râlez tout le temps contre la pollution, vous attendez quoi?… C’est par ici.
Barry Adamson, 2008 – Back to the cat
Surtout ne pensez pas que c’est mon jour de gentillesse, mais l’album Back to the Cat est d’une somptueuse richesse musicale, étalé sur dix titres. Le huitième album de Monsieur Barry Adamson vous emmènera par la main dans une aventure sonore épique de toute beauté, où se mélangent des ballades ensoleillées, du blues légèrement subversif, du funk urbain savoureusement hargneux, dans une musicalité de jazz bien noire (ici). Comme le café, sans une goutte de lait.
Si les voyages au monde de l’inconnu et des frissons sonores ne vous font pas peur, plongez sans crainte dans cet album qui vous amènera dans des lieux que vous n’avez jamais imaginés…
Raul Paz, 2005 – Revolution
Je vous avoue que le récent Festival Couleur Café m’a donné une envie de replonger dans la musique de ce Cubain à la tête d’ange innocent, qui sait donner, d’une manière magistrale, un goût actuel à la salsa sans que l’on s’en aperçoive.
Aussi frigides que vous pensez l’être face à ce genre de musique, vous ne resterez pas de marbre longtemps quand les premières notes musicales prendront d’assaut vos aspirateurs sonores et votre pied commencera à vouloir faire le malin en marquant le tempo.
Je vous imagine déjà regarder autour de vous avec un air faussement gêné.
Et si par hasard, vous arrivez à rester de marbre avec Révolution – après tout il y a des pathologies graves -, je sais que Soledade vous tombera dessus comme une orage au clair de lune et que vous allez sentir bouillir vos vingt ans dans vos veines…
C’est moi qui vous le dis… Cet album est remarquable. pour ceux qui souhaitent découvrir Raul (la).
Beatriz Luengo, 2008 – Carrousel
La voilà de retour la «bomba» Luengo. Comédienne et chanteuse, ou l’inverse. On s’en fout.
Quelques rythmes hérités du flamenco enregistrés à New York m’ont énormément laissé sur ma faim. Même si on essaie de me convaincre que les meilleurs musiciens newyorkais ont participé à cet album. Je me dis que quand je n’accroche pas, je n’accroche pas. C’est du déjà vu, du trop attendu.
Je garde la reprise de Couleur café. Parce que je suis un collectionneur de reprises. Pour le reste. Mon Dieu. C’est du «caca». Rythmé, mais «caca» quand même. On le sent de loin.
Buika, 2008 – Niña de Fuego
Voilà un magnifique album à découvrir, surtout si vous n’aimez pas le flamenco ni les «coplas». On dit un peu partout au sud de l’Espagne que Concha Buika chante magnifiquement les «coplas». Rien n’est plus faux. Elle ne les chante pas, elle plonge dans cette musique, mange les émotions et boit les mots et puis les murmure, comme un vent gitan qui souffle sur les chansons d’amour et de désamour.
Concha Buika transforme son vécu personnel raconté et composé par elle-même et par l’écriture de Javier Limón dans des musiques, remplies de nuits d’insomnie et de nostalgie, dans une véritable magie musicale.
L’album s’achève doucement avec une voix, la sienne, et les doigts de Javier Limón qui caressent le piano. Le thème «Hay y en la luz»… est de toute beauté. Dès sa dernière note, on n’a qu’une obsession. Qu’il recommence. (ici) on l’écoute.
Eliane Elias, 2008 – Bossa nova stories
Si vous avez le battant qui s’emballe trop vite, alors faites très attention. Dès les premières notes de musique vous verrez que Mme Eliane n’a aucune pitié pour vos yeux de loup de Tex Avery et vous amènera dans un monde musical frémissant où vous vous sentirez languir comme un cactus au soleil en plein mois d’août en Algarve.
Un conseil : bouchez-vous les oreilles quand elle vous murmurera The more I see, ça risque de vos donner des vertiges, et quelques fièvres. Donc, restez relax, un peu indifférent à la chose, dites-vous bien que ce n’est qu’un cd qui tourne et rien d’autre.
Un deuxième conseil, soyez galant, profitez du fait que la belle Eliane vous offre un moment de douceur et dès les premières notes sucrées de I’m not alone (who loves you) prenez votre dame par la main et offrez-lui ces tendres pas de danse qu’elle vous demande depuis longtemps. Profitez de la tendresse quand elle passe. Vous pouvez encore vous rattraper avec Day by day. (ici)
[Mesdames, si vous vous apercevez que le gars ne ‘décolle pas’, faites-lui le coup de Sally (Quand Harry rencontre Sally pour ceux qui ont vu le film) lors de votre prochaine sortie au restaurant. La vengeance est un plat qui se mange froid.]
Voilà… À la semaine prochaine.
Comment encore, encore, encore… C’est quoi ça, mon Denis?… T’es pas au festival de jazz, mon grand. Ici il n’y a pas de rappel. Si tu en veux plus, faut venir la semaine prochaine.








Quelle semaine encore une fois! Et toujours cette façon bien à toi de raconter dont nous nous régalons.
Au fait, ça t’arrive de dormir?
J’ai vraiment tout aimé. Des voix et des musiques splendides.
Merci Armando et amitié.
Je comprends que tu soit plus acharné que moi : Beatriz Luengo… c’est trop facile 😉 euh que dire ? Tu vas voir Katie Melua, tu ne le regrettera pas, crois-moi c’était génial la première fois et je suis sure que cela sera de même cette fois-ci.
Ahhh Eliane Elias (j’adore son timbre de voix très sensuel) et Barry Adamson, que de talent, que de talent monsieur !
Il est terminé le festival de jazz à Montréal. Snif !