[tableau: Yves Tanguy]
Jamais je n’ai cherché la gloire
Ni voulu dans la mémoire des hommes
Laisser mes chansons
Mais j’aime les mondes subtils
Aériens et délicats
Comme des bulles de savon.
J’aime les voir s’envoler,
Se colorer de soleil et de pourpre,
Voler sous le ciel bleu, subitement trembler,
Puis éclater.
À demander ce que tu sais
Tu ne dois pas perdre ton temps
Et à des questions sans réponse
Qui donc pourrait te répondre?
Chantez en choeur avec moi :
Savoir? Nous ne savons rien
Venus d’une mer de mystère
Vers une mer inconnue nous allons
Et entre les deux mystères
Règne la grave énigme
Une clef inconnue ferme les trois coffres
Le savant n’enseigne rien, la lumière n’éclaire pas
Que disent les mots?
Et que dit l’eau du rocher?
Voyageur, le chemin
Ce sont les traces de tes pas
C’est tout ; voyageur,
Il n’y a pas de chemin,
Le chemin se fait en marchant
Le chemin se fait en marchant
Et quand tu regardes en arrière
Vois le sentier que jamais
Tu ne dois à nouveau fouler
Voyageur! Il n’y a pas de chemin
Rien que des sillages sur la mer.
Tout passe et tout demeure
Mais notre affaire est de passer
De passer en traçant
Des chemins
Des chemins sur la mer
Né à Séville en 1875, il compte parmi les plus grands poètes espagnols et apparaît aussi comme une figure républicaine majeure dressée contre le franquisme. Après la mort de son ami Garcia Lorca, il décide de gagner la France où il meurt le 22 février 1939.

« Le chemin se fait en marchant », une bien jolie façon de dire qu’on ne sait rien de demain, qu’on le saura en le vivant…
Cette superbe toile et le très beau poème font corps. C’est splendide.
Je pense que je vais faire comme Flairjoy, je vais chercher des poèmes d’Antonio Machado !
Vraiment très beau !
Magnifique peinture et majestueux poème! Tout dans cet instant me plaît. Voilà un belle recherche à faire sur mon chemin c’est-à-dire trouver plus de poèmes d’Antonio Machado !