
Malheureusement il m’est impossible de vous parler de tout ce que j’écoute chaque mois. D’ailleurs, si tel était le cas, le bleu serait un blog de musique. Et je ne suis pas assez bon là-dedans pour ne vous parler que de musique. C’est drôle. Chaque fois que je me demande en quoi je suis spécialisé, j’ai du mal à me répondre. Je pense que je ne suis spécialisé en rien. Mais je m’entraîne.
La bonne chose est que, si on veut rester honnête, on ne peut pas dire que je suis un bon à rien. Ni mauvais partout. Médiocre je veux bien. Mais ne le dites pas trop haut. Allez, assez tergiversé et en avant la musique…

Lisa Ono, 2010 – Asia
Magnifique voyage au monde de la douceur musicale auquel Lisa nous a déjà habitués.
Née à São Paulo, d’origine japonaise, Lisa Ono s’est installée avec ses parents au Japon lorsqu’elle avait douze ans. Depuis l’âge de quinze ans, elle ne cesse de populariser, dans une des six langues qu’elle parle couramment, avec un talent respecté et reconnu, la musique de son pays natal au Japon.
Asia est un véritable bijou. Sa voix douce et limpide semble s’envoler avec la douceur de la libellule et nous transporte, une fois de plus, dans son jardin secret aux couleurs de la sereine et parfumée bossa nova. Dix chansons qui sont des véritables bonheurs pour les auditives.
Si vous n’avez pas encore fait connaissance avec Lisa, ne tardez pas trop. Offrez de la douceur au temps qui passe.

Chely Wright, 2011 – Lifted Off The Ground
Vous connaissez déjà mon goût pour les voix féminines en tout genre. Celle de Cheryl, qui traine avec merveille ses vocalises dans le monde de la musique country ne pouvait alors que me plaire. Et cela même si certains mercenaires qui gagnent leur vie en causant de musique ne se sont pas montrés très chaleureux à l’égard de cet album. Tant pis pur eux.
Si, comme moi, vous aimez Rosanne Cash (la fille de qui vous savez) ou encore Mary Chapin Carpenter (la fille de qui vous ne savez pas et moi non plus) vous ne pourrez qu’aimer la voix suave et intense de Cheryl Wright qui vous balance au milieu de l’album un mélancolique Like me à vous faire frissonner les sens.
Un album qui, j’en suis certain, placera définitivement Cheryl, si besoin était, dans la catégorie des auteurs-composteurs de talent et inspirés. La belle voix vient en prime.
Si vous êtes du genre à ne pas aimer la musique country, allez acheter cet album. On parlera après.

Karen Souza, 2011 – Karen Souza Essentials
Après avoir laissé trainer sa voix dans des albums de musique velours, dite chill out (ce qui veut dire détendre, relaxer, etc.) et autres lascivités auditives, pendant des années, voilà que Karen Souza qu’on dit spécialisée dans la bossa nova nous offre un premier album qu’une certaine presse dite connaisseuse ne cesse de publiciser les mérites.
Pour tout vous dire, il s’agit d’une concentration de chansons qu’elle a déjà interprétées dans les albums couleur velours que j’ai cités plus haut. On trouve à la sauce jazzy, des titres comme Do you really want to hurt me de Boy George, déjà paru dans Jazz & 80’s, Creep, de Radiohead, qui faisait déjà partie de Jazz & 90’s, puis encore Every breath you take de Sting, qu’on trouve aussi déjà ailleurs dans un machin quelconque du même acabit. Lassant et parfois d’un goût incertain.
Même si ceux qui savent des choses de la musique lui concèdent un talent sans frontières et bien que je lise un peu partout que la belle fait salle comble à chacune de ses apparitions, je n’arrive pas à accrocher complètement à ce premier album qui n’apporte rien de nouveau et même, que je trouve même assez ennuyant.
Et tant pis si la belle est vraiment belle… mes écouteuses me jurent qu’elles ne s’intéressent qu’à la musique. Tu les crois, JC ?

Isabelle Boulay, 2011 – Les grands espaces
On a beau reconnaitre un vieil air québécois chanté autrefois par Willie Lamothe, Jolie Louise de Daniel Lanois, To Know Him Is To Love Him des Teddy Bears maintes fois repris, notamment par The Beatles et une certaine Amy Winehouse, ou encore Summer wine repris en duo avec Benjamin Biolay, on tombe quelquefois dans le piège de sa voix, même si l’ensemble de cet album ne m’a pas emballé. Il m’est même arrivé de m’ennuyer. Un peu, beaucoup… et cela dès la fin de la chanson d’ouverture, signé Mario Leblanc, Fin octobre, début novembre, que j’ai déjà écoutée, avec bonheur, plusieurs fois.
Et même si mes auditives ont fait preuve d’indulgence pour certains titres, elles ont été nettement moins réceptives à l’écoute de Souffrir par toi n’est pas souffrir, de Juju, Voyager léger de l’hyper talentueux Hubert Mounier, Où va la chance de l’incontournable Françoise Hardy et At Last d’Etta James, dont cette nouvelle version n’a pas l’allure magnifique de l’originale pas plus que celle de sa compatriote Ima, en ouverture de l’album Smile.
Mais tout cela n’est que mon avis. D’autres, dont la critique est le métier, vous diront toute autre chose. À la fin, je me suis laissé dire que l’homme en rouge aura avoir fort à faire afin de remplir les godasses un peu partout avec cet album qui compte pas moins de dix reprises et cinq originaux (si j’ai bien compté), dont le super ennuyeux Amour aime aussi nous voir tomber signé J.L. Murat (qui d’autre?), mais qui s’offre la participation de la divine Dolly Parton, dans True blue, un album qui plaira à ceux qui aiment ce genre bien entendu. J’ai lu certains spécialistes qui disent que Biolay a encore fait du bon boulot. S’ils le disent…

Aurélie Cabrel, 2011 – Oserais-je?
Je vous avoue qu’à la première écoute je n’ai pas été plus emballé que cela. Puis, je me suis dis qu’il n’était pas exclu que mon subonscient joue des tours à mon écouteuse et que l’image de Francis soit plus présente que la voix d’Aurélie.
Du coup, j’ai gommé toute image télévisée et j’ai fait abstraction des clichés humains, qui nous font croire que s’ils n’étaient pas les fils de… ils n’auraient pas enregistré d’album, alors que nous avons maintes exemples du contraire. Il nous suffit d’ailleurs de penser à M ou encore à un certain manouche sans guitare, pour nous rendre compte de l’imbécilité de nos pensés.
Et me voilà reparti sans penser à rien d’autre qu’au plaisir que la musique pourrait me donner. Certes je n’ai pas été ébloui par sa voix qui fera sans doute encore des progrès au fur et à mesure qu’elle gagnera en assurance, mais je n’ai rien trouvé qui me ferait crier au scandale.
Cela ne m’étonnerait guère que de ce premier album qui parle d’amour et de solitude on finisse par entendre un peu partout J’ai cherché ou encore Âme sœur, reprises par les radios et ses premiers fans.
Et puis, bon vent. Il fallait oser, Aurélie.

Enzo Enzo, 2011 – Chanson d’une maman pour culottes courtes
Une fois encore Enzo Enzo rime avec talent.
Cette fois elle prend de vieux airs classiques de la chanson française maintes et maintes fois chantés auxquels elle donne une nouvelle fraicheur douce et entrainante, pour le plus grand bonheur de tous et particulièrement des plus petits à qui, parait-il, l’album s’adresse et à qui, j’en suis certain, il ne manquera pas de séduire.
Pour ma part, j’ai adoré cet album qui voyage à travers la chanson française, des années 30 aux années 60, et nous offre des mélodies superbes comme Salade de fruits (Bourvil) en passant par Clopin-Clopant (Henri Salvador) ou J’ai deux amours (Joséphine Baker), et qui ouvre sur un bonheur nommé C’est pour mon papa (Georges Milton) que je ne connaissais pas du tout et dont je me suis régalé.
C’est ce que j’appelle de la bonne chanson, qui révise quelques belles mélodies. À offrir aux écouteuses de tous les âges. Et puis comme la Saint-Nicolas arrive, faites-vous plaisir. Moi j’ai adoré.
Et je vous souhaite que du bon et du meilleur. On se voit dans un mois?… Promis je respecterai l’esprit de Noël…
C’est avec grand plaisir que j’ai écouté Lisa Ono et je la découvre.
Elle a une voix merveilleuse.
Merci Armando pour toutes ces recherches.
Bisous 😉
Encore du bon boulot l’ami (J’ai pas dit boulay hein ?)
Et puis qui pourrait croire que tu ne fais que t’intéresser à la musique et uniquement à la musique ? Non mais !
Merci et bonne journée ainsi qu’aux lecteurs amis