
C’est vrai : je suis paresseux. Très. Je suis parti en vacances avec plein de projets en tête. Certains, je les avais même notés sur un bout de papier quadrillé pour ne pas les laisser échapper. Je m’étais dit que j’allais avancer un peu dans mon blog. Que j’allais écrire plein de trucs sympa. Avoir trois ou quatre mercredis d’avance. Que j’allais être comme la fourmi et faire plein de provisions pour l’hiver. Et puis. Rien. Du tout. Que dalle de que dalle.
Je me suis assis pour regarder les vagues se lover à longueur de journée et je me suis laissé prendre au piège. Comme un con. J’ai plongé dans la dépendance de PLP. Promenade, Lecture, Paresse. Comme un accro. Comme un souffreteux.
Bien évidemment que j’ai pris la peine de me soigner. Heureusement. À quelques coups de musique. Matin, midi (avant la sieste) et soir.
Et alors que tout semblait se stabiliser et que le farniente commençait à ne plus me donner le vertige, voilà que je sens la rentrée.
Mais, c’est quoi ce bruit?… Le moteur de l’avion?… Je vous avais dit. La rentrée. Punaise. Pardi. Espèce de glace vanille au goût de purée de haricots rouges. Dites-moi, est-ce qu’il pleut à Bruxelles?… Oh, zut, nom d’une pipe new-yorkaise… Je le savais. Je le savais…

Carmen Souza, 2010 – Protegid
Carmen Souza est une jeune chanteuse d’origine capverdienne, née au pays du fado, mais une citoyenne du monde à en juger par ce travail, enregistré aux États-Unis, au Canada, en France et bien évidemment au Portugal. On y retrouve des noms prestigieux comme le pianiste cubain Omar Sosa, le guitariste britannique Derek Johnson, l’Argentin Sebastian Sheriff aux percussions, ou encore Marc Berthoumieux qui a travaillé avec des pointures comme Dee Dee Bridgewater et Didier Lockwood, ou le Palestinien Adel Salameh, spécialiste du oud.
L’album réunit ainsi un parfum de musique ethnique aux nostalgies du Cap-Vert avec des touches afro-latines et de jazz qui ne sont pas pour déplaire à l’écouteuse la plus gourmande.
Une intéressante reprise de Sodade de l’inépuisable Cesária Evora, que vient d’annoncer la fin de sa carrière, et une reprise de Song for my father, un classique du jazz de Horace Silver (que la jeune artiste n’arrive pas à faire oublier) viennent embellir cet album qui se chante en créole. Mais oui, ma petite mémé…. Il faudra vous y faire. Il n’y a pas que l’anglais dans la vie.

Ryan Bingham, 2010 – Junky Star
Faut que j’avoue que le gaillard m’avait habitué à mieux. C’est pour cette raison que j’avais fait les frais d’un nettoyage en profondeur de mes écouteuses en me disant que les décibels de la voix rocailleuse de Ryan pourraient m’éblouir plus que jamais. Bah non!… Cela reste de l’excellente musique, de magnifiques ballades country qui méritent sans doute cinq étoiles sur je ne sais pas combien, mais après Dead Horses et Mescalito, je me disais que…
Je suis un peu trop gourmand sans doute puisque Junky Star contient tout de même de magnifiques chansons comme The Poet en ouverture d’album, puis la chanson qui donne son titre à l’album, Junky Star, Direction of the Wind, parmi quelques autres de bonne facture.
Cela reste un album à écouter pour la découverte, puis à réécouter pour le plaisir. Uniquement.

Court Yard Hounds, 2010 – Court Yard Hounds
Que les inconditionnel des trois nanas qui forment le savoureux trio Dixie Chicks se rassurent, le groupe n’est pas parti en vrille, au bout de tant et tant de succès. Selon les ragots de la presse, auxquels je ne donne aucun crédit, Natalie Maines, une des plus belles voix du monde (oui, rien que cela) aurait prétendu qu’elle avait besoin de temps pour un nouveau projet musical. C’est alors que les sœurs Emilie et Martie se sont lancées dans Court Yard Hounds, pour notre plus grand bonheur. Enfin, je parle pour moi.
L’album est magnifique et plus je l’écoute plus j’aime ces deux magnifiques voix embellies par un choix musical sans failles et des textes bien achevés.
Et du coup me voilà partagé sans savoir ce que je préfère : le retour des trois beautés des Dixie Chicks ou juste un prochain Court Yard Hounds. Ah les filles!… elles ont cet étrange pouvoir de vous faire vaciller le cœur à un point que vous ne savez plus ou vous êtes, ni ce que vous voulez… Demandez à JC si vous ne me croyez pas.

Lori McKenna, 2011 – Lorraine
Je ne sais pas ce qui me prend de vous gâter de la sorte aujourd’hui, mais je ne résiste à la tentation de vous conseiller ce magnifique hommage d’une chanteuse somptueuse à sa maman. En effet, cet album est un hommage de Lori McKenna à sa maman qui est décédée lorsqu’elle n’avait que sept ans.
Même si vous avez un cœur aussi froid qu’un glacier polaire, vous ne pourrez pas ne pas « tomber en amour » avec cet album qui est, à mon humble avis, un des meilleurs que j’ai entendus cet année. Je me fous des opinions peu flatteuses de tous ces savants qui parlent, dans des revues au papier froid et rempli de promotions en tout genre, de la musique que vous devez écouter et qui montre cet opus du doigt.
L’album est personnel. La voix est superbe. La musique est entrainante. Et puis quelquefois le frisson, comme un ange qui passe entre les gouttes de nos silences.
Moi, j’ai adoré. Et je l’écoute. Encore et encore. Et je ne m’en lasse pas. Du tout.

Buddy Guy, 2010 – Living Proof
Ne cherchons pas midi à midi dix (je me fous que le proverbe dise autre chose, c’est mon blog, je dis ce que je veux), si vous êtes un fan de blues, du vrai, alors prenez vos jambes à votre cou (si vous n’êtes pas du genre souple, ne l’essayez surtout pas) et précipitez-vous chez le premier disquaire que vous trouverez ouvert et d’un air décidé regardez le bonhomme dans le blanc des yeux et dites-lui d’une voix ferme à la Clyde Barrow : le nouveau Buddy Guy ou la vie…
Je ne sais pas si on peut dire que Buddy Guy est au sommet de son art d’autant plus que je n’ai pas de références. Mais je suis persuadé que le père de Jésus lui-même est un zeste jaloux de ne pas arriver à jouer du blues comme ça.
Alors mes amis, puisque Dieu et sa colonie d’anges n’arrivent pas à nous émerveiller, laissons-nous entrainer par la magie d’une légende vivante. Ah, si vous ne trouvez pas le disque, faites-moi signe (le bon signe. je veux dire). Je connais un gars qui est très copain avec un individu qui connait quelqu’un qui a un ami qui lui-même connait un mec qui est ami d’un borgne qui sait où on peut trouver cet album.
Non, ne me remerciez pas. Je suis comme ça. Puis c’est mon jour de gentillesse… Ce n’est pas par hasard qu’on m’appelait jadis le cœur d’or. Et quand on connait la cote de l’or en ce moment, il y en a qui vont s’en vouloir d’avoir changé d’avis!…
Buddy Guy, Ryan Bingham, de la peinture, de la poésie. C’est pas mal du tout ici. Je reviendrai.
En bon amateur de Blues, ma préférence va à Buddy Guy dont je possède quelques morceaux d’anthologie.
Oh! Armando… J’ai le coeur qui flanche pour Buddy Guy. Du blues comme cela, j’en redemande! Magnifique. J’ai écouté les yeux fermés!
Lori est une merveille et Carmen Souza, un bijou tout comme les deux soeurs
Merci Armando pour ce magnifique samedi en musique.
Bisous enchantés 😉
Armando, découvrir ton moi oups pardon ton mois en chanson est un régal ! si , si … autant pour tes mots débordants d’humour, que pour les artistes !
Je suis sous le charme , notamment de Buddy , de Lori et de Court Yard … Merci !
Bisous qui vacillent 😉
Bon retour en musique, Armando.
Merci à toi pour ces choix judicieux
Signé le borgne dont le coeur a vacillé mdr