

Ah, si vous saviez… Encore pas plus tard que la dernière fois que je lui ai parlé, j’ai, avec cette patience qui étonne même mon poisson rouge, expliqué à Ana l’importance du 9 mai dans la petite vie insouciante des gens de sa génération et de celle de tous les Européens. C’est-à-dire tous les Européens. Pas uniquement les fonctionnaires qui s’offrent, ce jour-là, un jour de farniente réglementaire, puisque il s’agit d’un jour férié pour les Institutions communautaires de Bruxelles et ailleurs. Eh oui, ma brave dame.
C’est le 9 mai 1950 qu’un certain Robert Schuman, alors ministre des Affaires étrangères de la France, a fait sa fameuse déclaration qui est devenue le texte fondateur du rêve européen et l’espoir d’une vie meilleure.
Les objectifs d’alors étaient la paix (après trois guerres meurtrières en moins d’un siècle) et la prospérité pour tous les Européens. Depuis lors, on célèbre chaque année, le 9 mai, qu’il pleuve, qu’il neige ou qu’il fasse un soleil printanier, la fête de l’Europe…
J’ai mis tant de conviction dans mon baratin que je vous jure avoir eu l’impression qu’au moment où Ana m’a regardé avec un regard reconnaissant et vitrifié par l’émotion, il s’en est fallu de très peu pour qu’une larme ne vienne embellir ses joues. Pour tout vous dire, ça a été un grand moment de partage entre deux générations. La mienne et celle d’Ana qui se moque éperdument de ce que je vous raconte. Enfin, pas tout à fait, puisque cette année, je sens son regard malicieux et insolent me dévisager puisque, à ma grande surprise, la Fête de l’Europe n’est pas le lundi 9 mai mais le samedi 7 mai. Alors que les fonctionnaires eux s’offrent quand même le fameux jour de farniente officiel le lundi 9. On ne rigole pas avec ces principes-là.
Sachant combien il est difficile de convaincre la jeunesse de l’importance des symboles forts, comme la constitution européenne, je suis bien décidé d’expliquer à Ana que s’il est vrai que Schuman a fait sa déclaration le 9 mai, il n’est pas moins vrai qu’il l’a écrite le 7 et qu’il y a sans doute apporté quelques corrections le 8. Donc, la fourchette reste large… Et puis, après tout, pourquoi on ne fêterait pas l’écrit de temps à autre au détriment de la parole?… Faut savoir innover.

Je relève tout de même au passage que la ville de Bruxelles où siègent la plupart des institutions européennes et autres agences, offices, représentations, missions et j’en passe, organise ce jour-là — le 7 mai — la Journée Propreté dont le slogan est Tous à nos trottoirs. Quand je pense que cela fait des années que les bonnes consciences se disent choquées par les filles qui font le trottoir… Est-ce le fait que l’on ouvre des institutions normalement très closes qui leur fait perdre la tête?
Je vous jure que des fois si j’étais le genre de gars à avoir un esprit suspicieux et malsain je penserais qu’ils se moquent de moi. Autant qu’ils sont. Pas vous?…
Alors, tous à nos plumeaux
et merci pour ton billet. J’apprécie beaucoup le passage où tu parles d’Ana 😉
Robert Schuman serait-il moins célèbre qu’Héraclès? Combien de jeunes Héraclès erreront dans les rues de Bruxelles, tous à leurs trottoirs?
le mot magique pour l’europe « tout est permis » rien n’est impossible ……
Avec les portes ouvertes il risque d’y avoir de la poussière…
😉
Moi itou…
Et surtout ne pas oublier les coins ! Et pourquoi ils n’appellent pas cela : le nettoyage de printemps, ou le ménage de printemps, ce serait plus élégant non ?! allez courage la journée n’a que 24 heures, et déjà le quart est passé… 😉 😉