Journée mondiale de la journée de merde

Il faut absolument que je vous avoue que je déteste la pagaille. Cette pagaille sournoise et bien malsaine qui est entrée dans les mœurs depuis des décennies et qui semble ne plus déranger les communs des mortels que nous sommes. Quand je dis « nous »,  il est évident que je m’adresse à vous qui lisez ces lignes et à moi qui trace ces mots. Les autres, vous l’avez compris, ne sont pas visés par cet humble billet. D’ailleurs, depuis longtemps que je ne perds pas mon temps avec eux.

Or, je vous devine vous demander : Mais qu’est-ce qui dérange encore notre petit fou de blogueur?.  Et, croyez-le ou non, puisque je vous aime bien et uniquement pour cette raison là, j’ai décidé de ne pas vous laisser dans l’ignorance.

Il m’arrive, lorsque je demande des nouvelles à mes contemporains et que je leur offre une oreille chaleureuse et accueillante, d’être agressé par un laconique : « Oh, ne me parle pas!… » aussitôt suivi du complément lancinant « … quelle journée de merde!… « . Et cela les amis, à propos de tout et de rien.

Une panne de voiture; après un de ces multiples repas de famille endimanchés; une journée de grève dans les transportes publics; un entretien d’évaluation dans le boulot; une rupture amoureuse; Lors des vacances passées je ne sais où, je ne sais quand, à je ne sais pas quel prix, etc., etc., etc. Les exemples les plus divers et les plus inventifs ne manqueraient pas.

Forcé encore de constater que cette « journée de merde! » n’a pas le même sens pour tous. Pire, si on se penche un peu, on constate que, en plus, ladite journée n’est pas le même jour pour tout le monde. Comme si chacun, par temps de crise, pouvait encore se permettre d’avoir sa « journée de merde » personnalisée sur mesure. Franchement. On croit rêver.

Toujours est-il que ce fait provoque une perturbante pagaille dans un esprit aussi propre, rangé, méthodique et éclairé que le mien. Et je suis certain que des gens tels que vous, qui ont l’intelligence suffisamment éveillé (je tiens pour preuve que vous lisez ces lignes) et de bonne foi, trouveront aussi que cela n’est pas admissible. Ou mieux, n’est plus admissible.

Est-ce que, et regardez-moi dans les yeux, quand je vous écris, il nous viendrait à l’esprit d’avoir le jour de l’An quand chacun de nous en aurait envie?… Avec tous les dangers que cela comporte. Pour l’axe de la rotation de la terre, le magnétisme, la couche d’ozone, sans parler dans la pagaille (ont y revient) dans les aéroports les jours de grand départ en vacances, puisque les avions ne sauraient plus à quel saint horaire se vouer.

Bien évidement que non. Et renon. Et rerenon!!!!…. Et je vous entends, les amis, devant votre écran, libérer, sans contraintes ce cri de détresse que vous retenez depuis toujours.. Et cela vous soulage.

Alors, sans vouloir être sarkozien, je prends mon courage dans l’encrier où je plonge la pointe de ma plume et, à l’instar de la journée mondiale de ceci et de la journée mondiale de cela, je déclare que le premier vendredi du mois de juin sera désormais la Journée mondiale de la journée de merde.

Osons les amis ce petit pas de géant au nom des générations futures. Faisons ainsi que tous, pauvres ou riches, où qu’ils se trouvent, puissent profiter de sa petite journée de merde en ayant le sentiment que ce n’est plus le privilège de quelques-uns.

Puis, franchement, convenez qu’avoir sa Journée mondiale de la journée de merde le premier vendredi de juin ce n’est pas si mal que cela. Si j’avais voulu être vache avec vous, je vous aurais foutu ça en plein mois de novembre. Et par temps gris et pluvieux. Ne me dites surtout pas merci.

À propos de dubleudansmesnuages

Je laisserai vagabonder mon esprit nomade, sur le fil d'or de mes silences, pour vous parler des ces choses qui me maintiennent en équilibre. Je vous parlerai aussi des musiques que j'aime. Elles se promènent du Fado d'Amália, de Dulce Pontes, de Cristina Branco, de Mariza, jusqu'aux voix frissonantes de Diana Krall, de Stacey Kent, de Chiara Civello, de Karrin Allyson, de Stina Nordenstam, de Robin McKelle, de Sophie Milman, d'Emilie-Claire Barlow, et d'encore plein d'autres … Aznavour, Brel, Duteil, Art Mengo, Berliner, Cabrel, Balavoine, Julien Clerc, Fugain, Le Forestier, Goldman, Lama, Rapsat, Vassiliu, Daniel Seff, Peyrac et tous ceux que m’on fait aimer la chanson française. Je me perdrai certains soirs dans le paradis de la musique brésilienne : Eliane Elias, Astrud Gilbert, Gal Costa, Elis Regina, Bia, Bebel Gilberto, Maria Creuza, Nara Leão, Jobim, Vinicius, Buarque, Toquinho, Djavan … Il y aura des moments où je vous parlerai d'une des chansons de ceux que j'affectionne. Donovan, Leonard Cohen, The Doors, Tracy Chapman, The Scorpions, Dylan, Lennon ou McCartney (avec ou sans les Beatles), ou de voix d'or comme Sarah Brightman, Ana Torroja, ou Teresa Salgueiro. Puis, parfois, je me promènerai sans but précis entre Piazzolla et Lluis Llach, de Mayte Martin à Gigliolla Cinquetti ou Paolo Conte, de Chavella Vargas à Souad Massi en passant par Gabriel Yacoub. Parce que la musique n’a aucune frontière. La musique ne connait que des sensibilités. Des sonorités. Des larmes ou des sourires. Je vous déposerai ici l'une ou l'autre de mes photos. Les moins ratées. Je vous laisserai un peu de poésie. Des poètes portugais. Que j'aime. Infiniment. Et puis tous les autres dont les textes me touchent. Je ne vous parlerai que des gens que j’aime. Et puis un peu de moi. Si peu. Et puis, si j'ai le temps. Seulement si j'ai le temps, je vous parlerai d'autres choses. Plus intimes.
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5 réponses à Journée mondiale de la journée de merde

  1. Mathilde dit :

    En voilà une idée qu’ elle est bonne…!
    Il en faut un peu pour apprécier le bonheur..:-))

  2. LH dit :

    Bon je ne participe pas a celle là par contre je serai là pour les 364 journees du bonheur…

  3. Dominique dit :

    Ah Ah partie en week end quatre jours je viens de toucher du doigt le concept « journée de merde »
    certes il fait beau mais ….une grand coup de couteau dans un doigt qui traine et c’est parti pour 4 heures aux urgences, un pouce gros comme une tomate, un pansement qui empêche de conduire …………..hi hi ce n’était pas mon doigt mais c’était mon week end alors …………..

  4. JC dit :

    Journée mondiale de la journée de la merde en pleine épidémie ?
    Bien vu !
    Alors que la bactérie s’appelle EscheriCHIA- coli
    (Je suppose que le nom complet demande « que » à la fin mais bon je ne suis pas sûr !)
    Encore heureux que tu ne sois pas vache avec nous !
    ça va les vacances ?

  5. Lautreje dit :

    Cher Armando, je trouve cette idée géniale !!
    Mais une question : est-ce qu’une selle journée suffira pour rassembler toutes ces phrases entendues, tous ces emmerdes vécus ? je crains les débordements !!

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