Ma semaine en chansons, 21 juin 2008

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Pascale Picard, 2008 – Me myself and us

Je vous préviens les amis, parlez à Marcel, à JC ou à qui vous voulez et commandez-leur quelques adjectifs qui vont manquer à votre collection. Vous allez en avoir drôlement besoin quand la voix de Pascale prendra d’assaut vos écouteuses. Je suis certain que vous allez vous rendre compte de son talent, mais je vous parle de l’ampleur de celui-ci.

La fille qui chantait certains soirs à la Ninkasi, rue St-Jean à Québec, a enregistré, avec un succès foudroyant chez nos amis québécois, Me, myself & us. L’album sortira en Europe, bientôt. Incessamment sous peu.

Un album où cette vraie chanteuse murmure de superbes ballades avec un bonheur si gourmand, si hyper efficace qu’elles s’accrocheront à votre tête jusqu’au lendemain.

Appuyée par des musiciens solides, voire éblouissants comme le guitariste Mathieu Cantin, sa voix est mise en valeur et j’espère que le succès ne l’empêchera pas de préserver une de ses plus grand qualités : la faculté d’émouvoir ceux qui l’écoutent. [ici]

PS : Une amie m’a rappellé que quand j’ai entendu Pascale Pirard la première fois, je n’ai pas aimé du tout et que j’aurais même prétendu qu’elle n’avait pas de voix…  comme quoi, je suis une vraie « girouette »… Faut pas me faire confiance.

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Kate Walsh, 2007 – Tim’s House

Cette fille qui affirme ne pas avoir allumé sa télévision depuis 2005, a enregistré son album dans une chambre d’amis à qui on doit le nom de l’album.

Elle doit son succès au bouche à oreille d’un monde qui s’appelle Internet (I-tunes) puisque soit la presse soit la radio l’avaient complètement ignorée.

Lorsque j’ai entendu le premier morceau intitulé «Your song», il m’est venu le parfum d’une voix calme, posée et sans contraintes, un peu comme Eva Cassidy.

L’entièreté de l’album ressemble à la beauté de la première chanson. Les textes sont superbes et la voix de miss Walsh vous caressera le cœur avec une telle douceur que vous allez croire que c’est pour vous seul qu’elle chante. Alors que c’est pour moi. [ici]

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Sushella Raman, 2007 – 33 1 / 3

J’avais beaucoup aimé « Music for crocodiles », sorti en 2005, qui pour moi a atteint l’excellence quand la chanteuse a exploité ses racines indiennes.

Dans cet album qui porte le même titre qu’un album de George Harrison, elle s’attaque à des réinterprétations de quelques classiques du rock, chantés à l’origine par Lou Reed, John Lennon, Bob Dylan ou encore Jimi Hendrix, avec une passion indiscutable.

Avec une émotion et une retenue nouvelles, cet album est aussi inattendu qu’intime. J’aime beaucoup la version «Voodoo Chile», un croisement entre la musique indienne teintée de jazz qui aurait sans doute fait plaisir au grand Hendrix et je vous avoue que j’aime mieux sa version de  «Like a Rolling Stone» que celle de M. Dylan.

Comment ça, je vais avoir des problèmes avec Bob?…

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Caecilie Norby, 2007 – Slow fruit

Selon les propres dires de la belle plante danoise de 43 ans, elle aime se remettre en question tout le temps.

C’est ce qu’elle prétend avoir fait avec Slow fruit, où elle dit avoir abandonné le temps d’un album sa voix aguichante et attendrissante, mûre et expressive, au bénéfice d’un lyrisme fort qu’elle appelle « sa fiction biographique ».

Pout tout vous dire, je n’ai pas compris grand-chose (j’ose même pas une « tite vanne sur les blondes » de peur de me faire massacrer par une blonde de passage), mais je vous avoue mon inculture puisque je ne connais aucun des ses précédents albums (une bonne dizaine), alors il me manque une référence pour pouvoir appuyer ses dires.

Et après l’écoute de l’excellent « Slow fruit », j’ai tort. Largement tort. Faut que je me rattrape. Et vite. Caecilie, attends-moi… J’arrive. [si vous voulez découvrir sa voix]

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Grand Corps Malade, 2008 – Enfant de la ville

On pourrait philosopher des heures sur ce sujet, mais il est indiscutable que Grand Corps Malade est devenu, grâce à ses textes et à sa voix, un des acteurs majeurs de la scène française.

Ses textes, un zeste moralistes, touchants et rythmés, sont dans la lignée de son premier album, pleins de poésie, sensibilité et humour. Sa voix profonde et mélancolique semble s’habiller de quelques fines touches de piano. [vous pouvez l’écouter ]

Il se fait que j’aime bien, même si je le trouve doucement naïf. Comme moi. Et puis, bonjour les grincheux, à qui j’offre un texte de cet album, « Je n’ai pas les mots ».

Il est de ces événements qui sortent tout le reste de nos pensées,
Certaines circonstances qui nous stoppent nette dans notre lancé,
Il est de ces réalités qu’on n’était pas près à recevoir,
Et qui rendent toute tentative de bien-être illusoire.

J’ai pas les mots pour exprimer la puissance de la douleur,
J’ai lu au fond de tes yeux ce que signifiait le mot malheur,
C’est un souvenir glacial, comme ce soir de décembre,
Où tes espoirs brulant ont laissé place à des cendres.

J’ai pas trouvé les mots pour expliquer l’inexplicable,
J’ai pas trouvé les mots pour consoler l’inconsolable,
Je n’ai trouvé que ma main pour poser sur ton épaule,
Attendant que les lendemains se dépêchent de jouer leur rôle.

J’ai pas les phrases miracles qui pourraient soulager ta peine,
Aucune formule magique parmi ces mots qui saignent,
Je n’ai trouvé que ma présence pour t’aider à souffrir,
Et constater dans ce silence que ta tristesse m’a fait grandir.

J’ai pas trouvé le remède pour réparer un cœur brisé,
Il faudra tellement de temps avant qu’il puisse cicatriser,
Avoir vécu avec elle et apprendre à survivre sans,
Elle avait écrit quelque part que tu verserais des larmes de sang.

Tu as su rester debout et je t’admire de ton courage,
Tu avances la tête haute et tu traverses cet orage,
A coté de ton épreuve, tout me semble dérisoire,
Tous comme ces mots qui pleuvent que j’écris sans espoir.

Pourtant les saisons s’enchaineront saluant ta patience,
En ta force et ton envie, j’ai une totale confiance,
Tu ne seras plus jamais le même mais dans le ciel dès demain,
Son étoile t’éclairera pour te montrer le chemin.

 

À propos de dubleudansmesnuages

Je laisserai vagabonder mon esprit nomade, sur le fil d'or de mes silences, pour vous parler des ces choses qui me maintiennent en équilibre. Je vous parlerai aussi des musiques que j'aime. Elles se promènent du Fado d'Amália, de Dulce Pontes, de Cristina Branco, de Mariza, jusqu'aux voix frissonantes de Diana Krall, de Stacey Kent, de Chiara Civello, de Karrin Allyson, de Stina Nordenstam, de Robin McKelle, de Sophie Milman, d'Emilie-Claire Barlow, et d'encore plein d'autres … Aznavour, Brel, Duteil, Art Mengo, Berliner, Cabrel, Balavoine, Julien Clerc, Fugain, Le Forestier, Goldman, Lama, Rapsat, Vassiliu, Daniel Seff, Peyrac et tous ceux que m’on fait aimer la chanson française. Je me perdrai certains soirs dans le paradis de la musique brésilienne : Eliane Elias, Astrud Gilbert, Gal Costa, Elis Regina, Bia, Bebel Gilberto, Maria Creuza, Nara Leão, Jobim, Vinicius, Buarque, Toquinho, Djavan … Il y aura des moments où je vous parlerai d'une des chansons de ceux que j'affectionne. Donovan, Leonard Cohen, The Doors, Tracy Chapman, The Scorpions, Dylan, Lennon ou McCartney (avec ou sans les Beatles), ou de voix d'or comme Sarah Brightman, Ana Torroja, ou Teresa Salgueiro. Puis, parfois, je me promènerai sans but précis entre Piazzolla et Lluis Llach, de Mayte Martin à Gigliolla Cinquetti ou Paolo Conte, de Chavella Vargas à Souad Massi en passant par Gabriel Yacoub. Parce que la musique n’a aucune frontière. La musique ne connait que des sensibilités. Des sonorités. Des larmes ou des sourires. Je vous déposerai ici l'une ou l'autre de mes photos. Les moins ratées. Je vous laisserai un peu de poésie. Des poètes portugais. Que j'aime. Infiniment. Et puis tous les autres dont les textes me touchent. Je ne vous parlerai que des gens que j’aime. Et puis un peu de moi. Si peu. Et puis, si j'ai le temps. Seulement si j'ai le temps, je vous parlerai d'autres choses. Plus intimes.
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3 réponses à Ma semaine en chansons, 21 juin 2008

  1. saab dit :

    Une belle découverte cette Kate Walsh, tout le monde en parlait et moi j’ai failli passer à côté, cela aurait été dommage, merci Armando !

  2. Denise dit :

    Tss…tss…tsss ! Armando, tu te trompes, Kate Walsh m’a glissé dans l’oreille qu’elle avait chanté pour moi…J’ai beau aimé cette douceur dans la voix. Très beau.

    Pour Pascale Picard, je dirais tout simplement « sublime ».

    J’ai apprécié Caecilie Norby mais je vais réécouter.

    Et j’aime bien la voix de Grand Corps Malade.

    Un grand merci Armando pour tous ces choix que tu nous fais découvrire.

  3. agnès dit :

    J’aime beaucoup grand corps malade, sa poésie à l’état brut, son idéalisme… Les voyages en train, le blues de l’instituteur, pères et mères… etc… et surtout toucher l’instant sont de vrais bonheurs !

    GCM a une très voix, un regard ouvert et… et il ressemble à mon fils, aussi garnd, quasi aussi maigre :-)

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