[Déblogue]

Assis là sur mon banc j’ai retrouvé mon arbre
Qui qu’importe le temps reste toujours de marbre
Il sait qu’en ce moment s’est amoindrie son ombre
Mais il a l’air heureux que je n’aie pas l’air sombre
A travers les saisons je l’ai vu se changer
De beaux habits fringants aux guenilles frangées
Quelle que soit l’époque il est toujours présent
Et il protège bien mon cher copain le banc
Un passant m’a soufflé qu’il était de mon âge
Pour lui c’est assez jeune et long est son voyage
Il m’assure pourtant qu’il en a beaucoup vu
Le banc s’agite un peu de son air entendu
Craignant sa jalousie je m’occupe de lui
Allez savoir pourquoi son dossier en reluit
Et nous nous racontons nos dernières histoires
Rien de bien important rien de rédhibitoire
Un gamin à côté joue tout seul à Légo
Profites-en petit tu grandiras trop tôt
A cet âge charmant tout propre est ton amour
Quand tu veux partager tu le fais sans détour
L’arbre tout à coup m’envoie une volée
De feuilles fatiguées mais c’est bien calculé
Il se fait tard déjà je salue tout mon monde
Le lac en fait autant en agitant son onde
Je remercie aussi le septuagénaire
De qui l’ombre toujours m’a été salutaire
Car il m’a évité tout ce qui porte ombrage
Ce doit être cela l’expérience de l’âge
[Photo: Armando Ribeiro]

ce doit être cela l’expérience de l’âge … 😉
Un beau texte JC, si joliment accompagné du banc d’Armando !
C’est toujours un grand plaisir que de retrouver tes mots en lumière par ici …
Bises à vous deux !
Merci Lali
Ah l’expérience de l’âge, c’est ton talent de poète JC et celui de photographe d’Armando dans un même billet…
Merci mesdames
JC je retiens cela :
« Mais il a l’air heureux que je n’aie pas l’air sombre »
Car moi aussi, j’aime lorsque vous n’avez pas « l’air » d’être sombre…
Bise
Bientôt ton arbre se garnira de jeunes feuilles, signe de printemps. Ton banc, le lac et des enfants seront encore là… c’est un éternel et beau recommencement avec d’autres couleurs
Merci Armando et JC!
Bisous à vous deux.
Un arbre et un banc, un lac, un enfant, c’est quand même mieux que rien à soixante-dix ans pour apprécier le présent que nous offre le temps.
Poème et photo même délectable poésie, merci Armando et JC!