Carte blanche à… Reine

logo_carte_blanche.jpg

line_mottled1.jpg

reine-iteneraires.jpg

La géographie est le plus beau des romans avec ses personnages, ses héros pourfendeurs de glaces ses catastrophes sans retour et ses dénouements inachevés.

Ses cartes nous invitent comme des premières de couvertures à feuilleter mers et montagnes, fleuves et déserts. Et qui n’a pas rêvé devant ces couleurs et ces formes familières des grands atlas, qui se détachent sur un bleu en camaïeu ?

L’Europe, mosaïque à la fois sauvage et subtile au siècle dernier, s’étale maintenant jusqu’au bout de la carte comme si elle voulait encore aller plus loin pour conquérir le mur ou le bureau sur lesquels elle se pose. Histoire en perpétuel mouvement la géographie devient notre histoire

Lire une carte est d’abord un itinéraire vers soi-même. Je voudrais que Michel Strogoff continue sa route dans les monts de Poutorana ou la plaine de la Kolyma, l’Islande comme un volcan m’entraîne dans un Voyage au centre de la terre et plus loin vers l’orient, le Yang-Tse-Kiang dérive vers Un singe en hiver tandis que Shanghaï laisse apparaître un Clappique un peu glauque mais pittoresque.

Et je vogue de l’Afrique à la New Orleans au son d’un jazz mythique scandé par le Diseur-des-choses-très-cachées du Sénégal.

L’Amérique comme une Symphonie du Nouveau-Monde ou La ruée vers l’or est pleine de promesses… mais je laisse glisser ma pirogue vers les seringueiros ou le Machu Picchu, qui firent les heures claires de mes cours de géographie.
Lire une carte est un voyage vers soi-même qui laisse les autres sur leurs terres.

Chacun a son planisphère avec ses haltes comme autant de ports, avec ses pays aimés pour les périples de l’imaginaire,
avec ses contrées inconnues et redoutées ou ses fleuves qu’il continue de descendre ou de remonter quitte à se perdre dans son Amazonie…

Visages familiers d’une terre que je ne connaîtrai jamais complètement, mais dont j’ai pris peu à peu possession par les livres, les films, les photos, la musique… en un mot : l’art.

 

À propos de dubleudansmesnuages

Je laisserai vagabonder mon esprit nomade, sur le fil d'or de mes silences, pour vous parler des ces choses qui me maintiennent en équilibre. Je vous parlerai aussi des musiques que j'aime. Elles se promènent du Fado d'Amália, de Dulce Pontes, de Cristina Branco, de Mariza, jusqu'aux voix frissonantes de Diana Krall, de Stacey Kent, de Chiara Civello, de Karrin Allyson, de Stina Nordenstam, de Robin McKelle, de Sophie Milman, d'Emilie-Claire Barlow, et d'encore plein d'autres … Aznavour, Brel, Duteil, Art Mengo, Berliner, Cabrel, Balavoine, Julien Clerc, Fugain, Le Forestier, Goldman, Lama, Rapsat, Vassiliu, Daniel Seff, Peyrac et tous ceux que m’on fait aimer la chanson française. Je me perdrai certains soirs dans le paradis de la musique brésilienne : Eliane Elias, Astrud Gilbert, Gal Costa, Elis Regina, Bia, Bebel Gilberto, Maria Creuza, Nara Leão, Jobim, Vinicius, Buarque, Toquinho, Djavan … Il y aura des moments où je vous parlerai d'une des chansons de ceux que j'affectionne. Donovan, Leonard Cohen, The Doors, Tracy Chapman, The Scorpions, Dylan, Lennon ou McCartney (avec ou sans les Beatles), ou de voix d'or comme Sarah Brightman, Ana Torroja, ou Teresa Salgueiro. Puis, parfois, je me promènerai sans but précis entre Piazzolla et Lluis Llach, de Mayte Martin à Gigliolla Cinquetti ou Paolo Conte, de Chavella Vargas à Souad Massi en passant par Gabriel Yacoub. Parce que la musique n’a aucune frontière. La musique ne connait que des sensibilités. Des sonorités. Des larmes ou des sourires. Je vous déposerai ici l'une ou l'autre de mes photos. Les moins ratées. Je vous laisserai un peu de poésie. Des poètes portugais. Que j'aime. Infiniment. Et puis tous les autres dont les textes me touchent. Je ne vous parlerai que des gens que j’aime. Et puis un peu de moi. Si peu. Et puis, si j'ai le temps. Seulement si j'ai le temps, je vous parlerai d'autres choses. Plus intimes.
Ce contenu a été publié dans ... DANS MA TÊTE. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

8 réponses à Carte blanche à… Reine

  1. Denis dit :

    J’ai savouré chaque mot de ce texte de Reine et je partage absolument son point de vue.

  2. agnès dit :

    Rien n’est plus précieux, en exil, qu’une carte de son pays… J’ai connu un exil volontaire de 4 ans. Je crois que je n’ai jamais autant observé un atlas !
    Il me revient en mémoire un vers d’un poète belge, Jacques André Saintonge (il est à l’origine de mon besoin d’écrire) :

    Ah, je sais bien Namur
    ton endroit sur une carte
    tant de fois, du bout de l’absence,
    mon doigt s’en est allé…

    Et puis, j’hésite, trop d’années ont passé, j’ai oublié la suite !

  3. Reine dit :

    « J’ai bien aimé les liens discrets mais utiles. »
    Je ne les avais pas vus !!! Bravo, Armando ! je retiens la discrétion !

  4. Denise dit :

    Reine, c’est superbe. Mon esprit voyage…

    Merci pour cette superbe carte blanche.

  5. Reine dit :

    Je l’attends ! Histoire de rêver un peu sur l’Olympe ou le Mont Parnasse ! Les récits font toujours voyager, alors… à bientôt, j’ai déjà l’atlas en main !
    Et merci pour votre commentaire, ainsi que celui de Lali !

  6. Fernanda dit :

    Sans nul doute un billet très bien (d)écrit. J’ai bien aimé les liens discrets mais utiles.
    Merci Reine pour le partage et le rêve.

  7. marcel dit :

    Bonjour Reine

    Votre commentaire me remet agréablement en mémoire un voyage que nous avions fait, en Grèce, voici bien des années. En voiture, caravane dans le dos et l’atlas sur les genoux…
    J’avais écrit, au retour, un récit de ce voyage où l’atlas occupe la plus grande place. Peut-être l’enverrai-je un jour sur le blog d’Armando…
    Encore merci pour votre « carte blanche ».

  8. Lali dit :

    Quel magnifique voyage que cette carte blanche!
    Merci Reine pour ce merveilleux moment de rêve.

Les commentaires sont fermés.