Les semaines suivent et elles ne se ressemblent en rien. Sauf pour le gris du ciel de Bruxelles qui possède une palette de gris telle qu’il peut, sans effort, rendre fou de jalousie tant et tant de peintres.
Souvenez-vous, tout comme l’an passé, dans trois jours, nous voilà de nouveau en décembre… Saint-Nicolas d’abord et puis des rêves de Noël à coudre dans l’espoir de faire un joli manteau pour la nuit du 24. Moi je fouille déjà dans mes musiques de Noël en me demandant ce que je vais bien pouvoir me faire comme pot-pourri cette année. À vrai dire, j’adore les chansons de Noël et, au long des ans, je suis devenu un collectionneur. Je sais, ça vous surprend qu’un gars comme moi craque sur des machins comme Christmas through your eyes (Gloria Estefan), Underneath The Same Sky (Olivia Newton-John) ou encore Mary did you know (Kathy Mattea), mais c’est ainsi… et vous?… vous aimez entendre quoi?… juste comme ça. Entre nous…
Luz Casal, 2009 – La Pasion
Voilà un album obligatoire. J’ai bien dit obligatoire. Même pour tous ceux qui ont toujours été convaincus qu’ils n’aimaient pas les boléros. Luz Casal est cette voix qui vous ensorcelle jusqu’à ce que vous vous trouviez dans un état second, à vous donner envie d’être plongé au cœur de l’Espagne du XVIIIème siècle ou dans le Cuba de José Sanchez bien avant que les amerloches le baptisent de rumba.
Rescapée d’un cancer, Luz semble revivre une deuxième vie et dans cet album, mêle des standards comme Histoire de un amor ou encore Sombras, qui semblent renaître et prendre des ailes caressées par son grain de voix un peu fêlé détaché de toute mièvrerie
L’album se clôture avec le magnifique Como la cigarra, une chanson de Maria Elena Walsh, portée durant les années de dictature argentine comme un hymne à la résistance et à laquelle Luz Casal donne un nouvel éclat.
Moi je suis fan. Un disque indispensable. À écouter à l’infini. Parce que le bonheur n’a pas de prix… 
Jennie DeVoe, 2009 – Strange Sunshine
Je vous avoue que je me suis laissé charmer par le sourire de Jennie Devoe dont je ne connaissais rien. C’est mon côté l’inconnu me fascine et m’attire; et voilà qu’il s’agit d’une jolie découverte.
Une voix soul, rauque et expressive avec ce grain qu’on trouve rarement chez une chanteuse à la peau blanche (souvenez-vous d’une certaine Janis Joplin), qui nous entraîne tout au long des 12 titres qui racontent avec grâce des histoires de relations un peu tumultueuses et de cœurs jamais brisés, en passant par une chanson savoureusement féministe, No Damn Man, comme si elle était le témoin d’une certaine lassitude de monde.
Il ne reste que la grande surprise de cet album est la voix de Jennie, qu’on écoute avec plaisir et qui fait de cet album un plaisir chaudement recommandé. 
Anouar Brahem, 2009 – The Astounding Eyes of Rita
L’auteur du magnifique Le pas du chat noir nous revient avec son savant mélange de musique arabe, de musique de chambre et de quelques lueurs de jazz. Une musique mélodieuse à la fois douce et profonde, qu’on sent glisser dans nos sens comme un doux fil d’eau lent et ensorcelant qui nous fait rêver et frémir d’émotion.
Anouar Brahem est devenu incontournable en quelques albums où, chaque fois, l’oud épouse avec élégance quelques instruments traditionnels du nord de l’Afrique et de l’Europe.
C’est une musique tout simplement belle. Incroyablement belle et raffinée. 
Sanseverino, 2009 – Les faux talbins
Je dois vous dire que, sansevereniste convaincu, j’attendais beaucoup de ce nouvel album de Sanseverino. Je me suis même dit : « mon petit Armando, dans la morosité de la chanson française, ce gars-là va te plaire. »
Mais kynon… et puis quel besoin avais-je de me mettre à me parler à moi-même?… Ça m’apprendra… Je suis passé pour un idiot envers moi-même. Maintenant j’ose plus me regarder en face. Et de profil, quelle cata… [J’imagine déjà Denise… tiens, mais il boit? Armando, il boit?… et personne ne s’en était jamais aperçu?… Et Hespérie, qui lui répond par courriel : Mais si Denise, qu’il boit… c’est évident… je l’ai vu tout de suite…]
Toujours est-il que le dernier machin qui fait du bruit de Sanseverino ne m‘a pas convaincu du tout et qu’il il est même parvenu à couper l’enthousiasme que j’avais pour cet artiste. J’ose plus donner du Sanseverino partout où je passe.
Que vous dire d’autre? Que je vais lui donner une seconde chance, tout en restant très prudent. On va dire que j’ai rien écouté et que j’attends son prochain album. On en reparlera alors. Peut-être… On va faire comme ça? 





Oh oui, Armando! Luz Casa, Jennie DeVoe et Anouar Brahem, quelles merveilles.
Merci Armando pour cette belle semaine en musique!
Tant pis pour Sanseverino…
Mais le reste, quelle belle semaine!
Jenny : Une voix comme je les aime !
Luz Casal tu sais bien que « I am the boléro man » mdr
Quant à San Severinon nous en avons parlé et nous sommes d’accord.
Brahem je ne connais pas du tout
Je vais chercher sur le net car son titre sur son my space est indisponible apparemment
Merci en tout cas et bon week-end à toi et à tous
Amando
Je suis, depuis des années, un auditeur attentif d’Anouard Brahem. Et vous avez fort bien décrit, mieux que je ne l’aurais fait, la volupté qui se dégage de la musique de ce grand interprète du oud.
Pierre R.