[Photo: Armando Ribeiro]
À Bruxelles, le ciel gris de novembre commence sérieusement à taper sur le système du Portugais. Je n’y peux rien. C’est comme ça. Je ne sais pas pour ailleurs, mais à Bruxelles on dirait qu’il y a un concours pour voir combien de temps on arrive à vivre sans une pointe de ciel bleu. Et j’vous jure qu’on y arrive longtemps.
Il faut vous dire que votre serviteur est « a bout »… Comme d’habitude, d’ailleurs, à pareille époque. Tout m’embête. Les voitures (surtout le gars devant qui roule comme une patate), les commentateurs politiques, les publicités vous annonçant déjà les promotions de Noël alors qu’on n’est pas encore arrivé à la Saint-Martin. Tout m’embête. Alors il faudra que cela passe quelque part.
Depuis que la blondinette aux yeux bleus et à l’encrier rempli de textes pour ados attardés m’a menacé, en se moquant de mon apparence physique (il faut bien vomir son racisme), qu’elle allait se plaindre à un gars qui a le bras long (vachement long, avec plein d’avocats et tout), je n’arrête pas de faire pipi dans mon froc. Mais ce n’est pas encore de l’incontinence. Tout va bien pour les chauves-souris….
Du coup je me défoule sur Rod Stewart. Après tout, il vaut toujours mieux de s’en prendre à quelqu’un qui a du talent. Les médiocres n’aiment que les compliments et l’idolâtrie.
Allez, mettez vos écouteuses en action, ça va commencer…
Amy Lavere, 2006 – This World Is Not My Home
Un album magnifique d’une artiste encore un peu trop méconnue à mon goût.
Une sonorité nouvelle et fraîche comme une caresse sortie d’une boîte de douceurs qui mélange, avec un bonheur singulier, le blues, la country et le jazz.
Si vous êtes du genre à vous classer dans les rayons de ceux qui aiment la musique, je dis bien LA musique et pas toutes ces merdouilles sonores qu’on nous refile à la veille des Fêtes pour faire décor sur votre cheminée, alors vous allez faire partie de ceux qui aimeraient bien posséder l’album de la beauté américaine, née du côté de la Louisiane, avec l’écouteuse fière de le faire découvrir à votre entourage. 
Maria Bethânia, 2009 – Tua
La diva brésilienne nous revient avec Tua, un album d’inédits tellement poétique et tellement beau qu’on à du mal a croire que ça fait presque 40 ans qu’est paru son premier album.
Dans Tua, Maria Bethânia chante encore l’amour, avec cette voix si particulière qui nous invite à voyager au fil de ses mots dans un imaginaire qui appartient à chacun de nous.
On trouve des signatures prestigieuses de la musique populaire brésilienne, telles que celles de Dori Caymmi ou d’Adriana Calcanhoto qui signe la chanson qui donne le titre à l’album.
Un disque à écouter. Parce que le langage de l’amour est universel. Et Maria Bethânia le chante si bien.
{désolé mais je n’ai pas trouvé de plus récent}
Chris Smither, 2009 – Time stands still
Voilà un gars dont je ne connaissais rien et dont j’apprends le parcours dans les cafés et bars de Boston dans les années folk des sixties, alors qu’il était reconnu pour son talent dans le picking style. Misère… j’étais sidéré par mon ignorance. Et Denise qui pense que j,en connais un rayon… Faut pas qu’elle l’apprenne.
Ce quatorzième album est un pur régal, celui d’une guitare acoustique au sommet de son art. Un instrument qui devient souple et mélodieux alors qu’on se laisse prendre au piège de cette voix écorchée et chaude qui vous caresse comme une brise de fin du jour sur une plaine verdoyante de rêves.
Si le blues vous dit quelque chose, voilà un album d’un bluesman on ne peut pas plus pur et que vous allez avoir envie d’écouter souvent. Et quand je dis souvent, c’est vraiment très beaucoup. Quoi JC?… tu as murmuré quelque chose?… si, si on aurait dit que si… 
Rod Stewart, 2009 – Soulbook
Si vous êtes dans la catégorie « Rod Stewart me laisse bouche bée » comme une ado en quête d’absolu en attendant de voir un des idiots stararquisés le vendredi soir en prime time (comme ont dit à la télé puisque la langue française semble ne plus avoir de mots pour désigner les choses), alors, cet album va vous faire comme un effet d’une cure de thalasso annuel, prescrite par le Dr Rod, avec la froideur de celui qui vous annonce que vous avez les poumons en compote d’érable. Mais si Denise, ça doit exister. Renseigne-toi.
Après les reprises des The Great American Songbook sorties chaque année un peu avant les Fêtes depuis 2002, le voilà, dans un machin qu’on appelle encore des reprises, mais cette fois-ci baptisé pompeusement de Soulbook. Probablement qu’il s’est dit que ça finirait par se remarquer….
Notre ami Rod continue à fouiller dans le passé pour nous fourguer des trucs comme I’ts de same old song, un titre des Four Tops, sorti en 1965 (eh oui ça fait vachement vieux mémé) et un Never Give You Up chanté il y a une vingtaine d’années par un Rick Astley au mieux de sa forme. Le bon Rod reprend Tracks Of My Tears, une chanson que Smokey Robinson avait chantée dans les années 60 ou encore Higher And Higher, sortie en 1967 par un Jcakie Wilson que même JC a fini par oublier.
Pour embellir le tout, quelques belles plantes comme Mary J. Blige, dans You make me feel brand new, sorti en 1974 par The Stilystics ou encore Jennifer Hudson, dans Let it be me (The Everly Brothers, 1960, do you remember baby?… mais si, c’était à l’époque où le monde de la musique écoutait ce qu’on faisait en France – eh oui c’est du Gilbert Bécaud) viennent jouer les guest voices et marquetiser le produit à fond.
Il est indiscutable qu’une belle voix, voire une voix magnifique, même du rock, s’est transformée indubitablement en une sorte de pique-assiettes depuis quelques années, alors que les marchands de souvenirs semblent avoir dressé les pigeons et les pigeonnettes à plonger dès les premiers murmures sacrés de la voix du beau Rod, alors il faut les laisser faire… de toute façon ce n’est pas bien grave et puis, rien qu’entre nous, j’enrage, j’râle… mais j’adore ce vieux. C’est comme ça. 
Ciao. À la semaine prochaine. Si les Écossais ne m’ont pas assassiné entretemps…





Pas bête du tout l’idée de Dominique!
je vais de ce pas me faire une playliste spéciale Armando!
biz
Coup de coeur pour Amy Lavere et je me suis laissée bercer par la merveilleuse voix de Maria Béthânia quant à Chris Smither, c’est tout simplement magnifique, une belle harmonie avec sa voix et sa guitare!
C’est curieux, mon médecin ne m’a pas dit que j’avais « les poumons en compote d’érable »… heureusement!
Et je te dirais aussi que tu n’en connais pas un rayon mais plusieurs!
Merci Armando! Tu m’as apporté du soleil dans notre grisaille.
Bisous pour ce beau samedi musical!
En dehors du blues de la country et du jazz j’ai aussi adoré le « Green grass » d’Amy ! J’en reprendrais bien un (la)verre !
Maria Bethania et le Brésil comment veux-tu que je n’aime pas
Celui qui me surprend le plus c’est Smither Sa voix est géniale
Merci pour tout ça Armando
Quant à Stewart il se rôde encore ??? Non il rôde lol
Bon week-end à tous
Mû
Merci. Mon doigt s’améliore jour après jour, hélas… Je dis hélas parce que la doc est mignonne tout plein [lol]
Dominique
lourde responsabilité. Mais j’adore ça. Merci d’avoir compris que tout ça ce n’est que pour s’amuser un peu en partageant en toute liberté l’amour de la musique.
Je me suis inscrite comme auditrice testeuse des semaines en chansons d’Armando,
je vous explique : d’un côté l’ordi, de l’autre ma tasse de thé et hop je démarre un coup de bleu un coup d’itunes pour aller tester un peu tout ça
et j’engrange ici ou là, ma discothèque gongle gongle , aujourd’hui c’est Amy Lavere surtout dans les titres de country …j’adore
j’ai une liste de lecture baptisée » Armando du Bleu »
A propos de « bras long », comment va ton doigt ?
Sur l’atlantique aussi, le ciel est gris tu sais. Et la pluie, et le vent, et….. bref on se dirige vers l’hiver.
Je t’embrasse Armando,